Procès en appel pour harcèlement moral de la part de Maeva Salmon – Relaxe demandée par l’avocat général

    jeudi 26 mai 2016

    Le 18 décembre 2014, le tribunal de grande instance de Paris avait condamné Maeva Salmon, ancienne déléguée de la Polynésie française à Paris, pour harcèlement moral à l’encontre de trois plaignants (sur cinq initialement). Mardi, en appel, l’affaire a pris, semble-t-il, une tout autre tournure avec la contre-offensive des avocats de la défense et même de l’avocat général.
    Une plainte avait été déposée en 2011 par cinq employés de la délégation de Paris – Caroline Tang, le responsable de la communication, Marc Hélias, deux femmes de ménage et un chauffeur.

    Lors de l’audience, hier, Marc Hélias a confirmé à la barre que durant les deux premières années d’exercice de Maeva Salmon, les rapports de travail étaient excellents, mais que, suite aux rapports Bolliet et de la chambre territoriale des comptes, l’ambiance avait changé avec, en 2011, la restructuration annoncée.

    Lorsque Caroline Tang est appelée à s’expliquer, la présidente lâche : “C’est Flosse qui coache votre carrière !”, puis mentionne les allégations de Maeva Salmon selon lesquelles l’ancienne attachée parlementaire du sénateur n’avait pas le niveau requis pour le poste (alors disparu) qu’elle désirait réintégrer. Placée sous les ordres de l’adjoint administratif, Caroline Tang a souffert de cette “dégradation”. En première instance, le tribunal n’a pas retenu le harcèlement.

    À l’heure des plaidoiries, Me Clémence Cottineau, pour les parties civiles, rappelle vigoureusement que les médecins du travail avaient attiré l’attention de Maeva Salmon sur le climat délétère qu’elle entretenait. “Madame Salmon était dure et avait vraiment une volonté de nuire !” a-t-elle lancé.

    Pour sa part, l’avocat général, Denys Millet, trouve que “l’affaire est à géométrie variable”. “L’analyse du tribunal me paraît un peu forte : il n’y a pas d’intention de nuire. C’est une affaire d’exercice du pouvoir de direction”, estime-t-il. Lorsqu’il évoque le dossier Hélias, il penche plutôt pour une version conflit, tout en reconnaissant que la rétention d’information à son égard est du harcèlement.

    De même, il doute du harcèlement à l’égard de Caroline Tang. À la surprise des parties civiles, il demande la relaxe de Maeva Salmon.
    Venue avec deux avocats, Maeva Salmon entendait bien échapper aux conséquences lourdes du premier jugement. Le premier avocat, Me François Jacquot, met l’affaire sur un plan politique et mentionne la spécificité bien polynésienne de copinage et de relations familiales. Il étrille également Marc Hélias qui, selon lui, n’a pas la capacité d’être délégué adjoint, puisque communicant et non pas administratif.

    Son confrère n’est guère plus tendre avec Caroline Tang. Me Arif, invoque à nouveau le caractère politique de l’affaire et indique que l’actuelle déléguée est d’une famille influente en Polynésie (filleule d’Édouard Fritch) et qu’elle a été imposée à la délégation en quittant le Sénat.
    Au final, la qualification de harcèlement moral conférée à l’affaire est rejetée en bloc par la défense, confortée en parallèle par l’avocat général qui a mis en doute ce harcèlement invoqué par certaines parties civiles.
    La décision sera rendue le 6 septembre.

    De notre correspondant à Paris, Philippe Binet

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