Procès Honotua – L’entreprise voulait “éduquer” l’OPT au câble

    jeudi 4 février 2016

    Pour la troisième journée de procès de l’affaire du câble Honotua, qui s’est déroulée hier au palais de justice de Papeete, l’ancien directeur géneral (DG) de la société Alcatel Submarine Network (ASN) s’est expliqué devant le tribunal correctionnel. Jean Godeluck a déclaré à la barre avoir “consacré 34 ans de ma vie dans le sous-marin” et a indiqué que la société Alcatel avait commencé à étudier le marché polynésien dès 2002, en lançant une étude semblable à celle d’Axiom sur l’accessibilité de la 3G à la Polynésie française. Par ailleurs, il a déclaré qu’Oscar Temaru avait rencontré en 2004 les hauts dirigeants d’Alcatel-Lucent, “le but était de voir comment Alcatel pouvait introduire la 3G en Polynésie française”. Selon l’ancien directeur général de la SAS ASN, c’est à ce moment-là que l’idée des câbles sous-marins a été évoquée.
    L’idée était “d’éduquer” l’OPT aux câbles sous-marins, l’objet était d’apprendre aux gens de l’OPT les règles du sous-marin. En 2005, lorsqu’Oscar Temaru reprend le pouvoir, le projet est relancé. De nouveaux pourparlers entre les deux parties se font et Alcatel conseille et forme l’OPT sur le dossier.
    “J’étais occupé sur d’autres dossiers à l’époque, celui-ci était plus traité par Georges Krebs, mais je validais les grandes décisions”, a poursuivi Jean Godeluck. “J’ai donné mon accord pour les noms des consultants que nous avons proposés à l’OPT”, a-t-il confirmé à la barre. Il justifie ces propositions par le fait qu’à l’époque, aucun appel d’offres n’était lancé et Alcatel ne faisait que conseiller. Il ajoutera par ailleurs être “venu en Polynésie française que le jour de la signature du contrat”.
    Jean Godeluck a indiqué ne pas connaître M. Savary, mais bien connaître M. Billy qui avait longtemps travaillé au sein de son équipe. Il a ajouté à la barre : “Le monde du sous-marin est un microcosme, tout le monde se connaît et tout le monde a travaillé pour tout le monde.” L’ancien DG admet que des informations ont été échangées en amont, mais avant que le cahier des charges ne soit rédigé et seulement “pour servir le client”. Il a ajouté que “l’échange d’informations est habituel. Si ça avait été une société autre que la nôtre et qu’elle était compétente, cela ne nous aurait pas dérangés outre mesure”, a affirmé le prévenu.  
    Alcatel s’est positionné sur l’appel d’offres après. Le prévenu a à nouveau indiqué que “cela arrive fréquemment que des consultants au début d’un projet finissent par se positionner sur un appel d’offres par la suite. Le client nous utilise comme un système d’apprentissage puis, à un moment, il considère avoir acquis suffisamment de maturité pour lancer un appel d’offres. C’est ce qu’il s’est passé.”

    M.-C.C.

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