Le prochain recensement aura lieu en août et septembre

    jeudi 2 février 2017

    recensement démographie

    (© Marie Guitton)

    Combien y a-t-il de jeunes à Hao, de mamies à Nuku Hiva et de personnes sans emploi à Tahiti ? Qui a quitté les Gambier pour rejoindre les Australes ces cinq dernières années ? Et quel est le niveau de confort moyen des logements à Fare, sur l’île de Huahine ? Au fenua, le prochain recensement de la population aura lieu du 17 août au 13 septembre.

    Sur les 800 personnes mobilisées localement, 700 agents recenseurs seront dispatchés sur le terrain pour toquer à la porte de tous les foyers, éparpillés aux quatre coins des cinq archipels. Munis d’un tee-shirt, d’une casquette et d’un badge avec photo, estampillés “ISPF” (Institut de la statistique de Polynésie française), ils relèveront la date de naissance, la nationalité, le statut conjugal, la situation professionnelle et le niveau de confort de leurs sujets d’enquête : vous.
    Pas de panique : ces données ne seront exploitées qu’à des fins statistiques et ne pourront donc pas être utilisées pour des contrôles fiscaux ou sociaux par exemple. En cas d’absence, les agents repasseront plusieurs fois, questionneront vos voisins ou, à défaut, référenceront l’habitation sans ses habitants, avant d’appliquer une méthode statistique de redressement permettant de limiter, au final, la marge d’erreur à 1 %.

    “Le recensement est un très bon outil, exhaustif, réalisé tous les cinq ans en Polynésie. C’est très important pour dénombrer les populations officielles des communes, qui seront publiées par décret avant la fin de l’année 2017, et qui sont prises en compte par plein de textes réglementaires, en particulier ceux qui définissent les dotations de l’État aux communes”, explique Caroline Escapa, la chef du département démographie de l’Institut national de la statistique (Insee).
    En mission auprès de l’institut polynésien cette semaine, elle a participé, hier, à Papeete, à une réunion avec notamment des représentants de l’État, responsables des différentes subdivisions administratives.

    Le recensement 2017, véritable “travail de fourmi”, est en cours de préparation depuis déjà un an, pour une facture finale évaluée à près de 3 millions d’euros (358 millions de francs), payée par l’État.
    “Ça sert aussi à avoir une foultitude de renseignements très précis sur la population et le logement, pour définir les besoins en équipements par exemple. C’est intéressant de savoir si vous avez une population plutôt vieille ou jeune, de savoir où les gens vont travailler ou étudier pour mettre en place les infrastructures”, poursuit Caroline Escapa. “Ce sont des données de cadrage des politiques publiques très utiles.”

     

    Un indicateur de l’emploi

     

    À défaut d’enquêtes trimestrielles sur l’emploi au fenua, comme cela existe en métropole, le recensement est aussi la source qui permet de prendre la température de la situation professionnelle des Polynésiens. “Enfin !”, diront les patrons et les politiques, qui naviguent à vue depuis le dernier recensement de 2012.

    Celui de 2017, “déclaratif” et donc “approximatif”, ne leur donnera toutefois, une fois encore, qu’un aperçu général. Les données qui en sont issues ne permettent pas, par exemple, de mesurer le chômage au sens du Bureau international du travail qui permettrait de comparer le niveau local à celui de la métropole. Les acteurs privés et publics du fenua sont donc nombreux à avoir réclamé, ces derniers mois, des enquêtes plus fréquentes et détaillées pour mesurer l’efficacité et adapter en conséquence les dispositifs de lutte contre le chômage, comme les controversés contrats aidés.

    “La problématique est à l’étude, avec le gouvernement qui financerait cette enquête”, révèle aujourd’hui Fabien Breuilh, directeur de l’ISPF. “On en parle de plus en plus et c’est en projet pour les années à venir.”
    Pour l’heure, le recensement reste donc “un outil inestimable, surtout en Polynésie”, souffle-t-il.
    Dans l’Hexagone, depuis qu’un délai décrié de neuf ans avait séparé les recensements de 1990 et 1999, l’Insee réalise des enquêtes partielles tournantes, complétées par des sondages. “C’est donc vraiment un luxe ici, parce qu’un recensement pareil n’a jamais existé en métropole”, fait remarquer Fabien Breuilh. “Et il faut en profiter tant qu’il y a les crédits.”

     

    Marie Guitton

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