Le programme BEST 2.0 cherche des projets pour la sauvegarde de la nature

    jeudi 16 février 2017

    Best biodiversité

    Près d’une cinquantaine d’associations et d’organismes liés à la protection de l’environnement étaient présentes à l’appel à projet de Best. (© Christophe Cozette)

     

    C’est près d’une cinquantaine d’associations et d’organismes liés à l’environnement qui ont fait le déplacement, hier matin, à l’ancienne présidence, pour l’appel à projets Best 2.0, une initiative de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

    “Aujourd’hui, nous sommes là pour annoncer l’appel à projet de cette année, le dernier du cycle Best 2.0, qui allait de 100 à 400 000 euros (de 12 à 46 millions de francs)” a expliqué à La Dépêche de Tahiti, Jean Kape, coordinateur de la zone Pacifique oriental du projet Best.

    Les associations intéressées sont invitées à déposer une note de concept avant le 14 avril, avec l’appui de Best. Ensuite, c’est un comité d’experts qui sollicitera ces dernières afin de déposer un dossier complet avant le 21 juillet.

    Selon Jean Kape, “l’association Manu, par exemple, est aguerrie à ce type de subventions, mais pour ceux qui se lancent, c’est un exercice difficile. C’est pour cela que nous les aidons avec des ateliers et des formations pour que leurs dossiers aient des chances d’aboutir”. Ensuite, il peut y avoir des difficultés à gérer cette manne financière. “À quoi va servir cet argent ? salaires, voyages, matériels ? Il y a une foule de détails et c’est pour cela qu’il faut suivre à la lettre le format Best.”

    Les sommes allouées sont vérifiées. Si les justificatifs ne sont pas fournis, Best se réserve le droit d’arrêter les financements. “L’avance sur projet est de l’ordre de 50 % du financement total soit une année d’avance”, a expliqué Thomas Ghestemme, de l’association Manu.

    “Pour des financements européens, le dossier est très lourd. Il faut de solides connaissances de rédaction. Ce sont des gens d’Europe, qui ont créé les questions. C’est une quinzaine de pages et beaucoup de papiers à fournir. S’il y a des associations locales qui souhaitent porter des projets, on est derrière, on les aide, en se faisant rétribuer notre participation, on doit survivre, nous sommes une association. On l’a fait à Rimatara, à Niau, aux Gambier, à Ua Huka où cela a été refusé mais on représente cette année le projet. Plus il y a de porteurs de projets, plus on améliorera la biodiversité en Polynésie”, a confié ce passionné des oiseaux.

    “Et c’est capital pour notre avenir, pour notre santé”, a conclu Jean Kape.

    Malgré la lourdeur du dossier, la Polynésie française a vu quatre projets être retenus en 2015, financés à hauteur de 400 000 euros et, six sur 11 projets de 2016 à 100 000 euros. “C’est beau, non”, s’est félicité Jean Kape.

     

     

    Christophe Cozette

     

    Thomas Ghestemme, association Manu : “En 2015, nous avons été financés pour 46,5 millions de francs”

    Avez-vous bénéficié de fonds européens en 2015 via Best ?

    Nous avons eu les premiers fonds européens en 2011, pour deux ans. En 2015, nous avons été financés pour un montant de 390 000 euros (46,5 millions de francs) pour 28 mois, pour la sauvegarde des monarques les plus menacés d’extinction en Polynésie. Jean Kape était à l’association, il a dû en sortir pour éviter tous conflits d’intérêt. Malheureusement, on a perdu un de nos meilleurs éléments, mais il aide pour le bien de la Polynésie au sens plus large.

     

    Qu’avez-vous fait de ces financements ?

    Il y a aussi du cofinancement local. À la fin, ça a abouti à un gros projet. Il y a deux sites (Tahiti et Fatu Hiva) avec deux salariés sur chaque île, il y a des biologistes qui font, on va dire, des mi-temps (sur le sujet) et tout le matériel lié, comme des pièges.

    Autour du monarque de Tahiti, il y a des Australiens qui souhaitent travailler bénévolement pour le monarque et ils travaillent sur de l’épandage d’insecticides par drone pour des fourmis là-bas. On leur paye leur voyage et avec une société locale de drone qui va être formée, on va traiter une falaise totalement inaccessible, où les fourmis de feu sont arrivées dans une des vallées du monarque de Tahiti.

    Si on laisse faire les fourmis, c’est la moitié de la population qui est menacée et tout le travail de dix-sept années partirait en fumée à cause de la petite fourmi de feu.

     

    Ce financement a-t-il un effet bénéfique sur la sauvegarde de ces monarques ?

    La saison de reproduction du monarque de Tahiti cette année est la meilleure que l’on n’ait jamais eue. Nous sommes en moyenne à 12 petits chaque année, nous sommes déjà à 15 et on vise 17-18. La courbe d’évolution augmente tout doucement, on espère passer les 60 dès 2017 et à la fin du projet, 70. Mais on ne peut pas faire des actions si coûteuses pendant 50 ans, alors on va essayer d’installer les plus jeunes dans des îles où ses prédateurs sont absents.

     

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