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Le projet de loi du Pays sur la réforme des retraites maintenu

mercredi 14 février 2018

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À la fin de la réunion avec le président du Pays, les représentants syndicaux se sont dit bien décidés à faire entendre leur mécontentement dès demain matin. (© Jennifer Rofès)

Hier matin, le président du Pays a reçu les cinq centrales syndicales à l’origine du préavis de grève générale pour leur annoncer que les discussions sur la réforme des retraites étaient terminées. Un conseil des ministres extraordinaire a adopté, hier matin, le projet de texte de loi sur la réforme des retraites. Édouard Fritch veut assumer ses responsabilités et ses engagements vis-à-vis de la population, et ce, malgré l’approche des élections territoriales.

Le président du Pays, Édouard Fritch, a reçu, hier matin, les représentants de l’intersyndicale, à l’origine du préavis de grève générale, contre le projet de réforme des retraites.

À l’issue de cette réunion, qui aura duré une heure et demie, les syndicats se sont dits mécontents.

“Nous allons fortement nous mobiliser jeudi pour protester contre ce projet de loi du Pays”, a assuré Cyril Legayic.

Mais le gouvernement n’a pas cédé, ni flanché face aux syndicats. Dès la fin de leurs échanges, le président a convoqué ses ministres pour un conseil des ministres extraordinaire, au cours duquel le projet de loi sur la réforme des retraites a été adopté. Il devrait être soumis à l’assemblée de la Polynésie française dès la fin de cette semaine.

Édouard Fritch a ensuite tenu à s’exprimer devant la presse pour expliquer son choix. “Le gouvernement a toujours été ouvert au dialogue. Mais il y a un temps où il faut assumer ses responsabilités et prendre des décisions. C’est ce que j’ai fait aujourd’hui.”

Le président a rappelé par ailleurs que, depuis son arrivée à la présidence du Pays, en septembre 2014, il avait fait de la réforme de la protection sociale généralisée une priorité.

“Depuis février 2015, nous avons eu des discussions quasi hebdomadaires avec les partenaires sociaux car il était primordial de les concerter. Cela fait donc trois ans de discussions, de construction sur la PSG. Nous avons tenu à associer les cing syndicats représentatifs et les syndicats patronaux. Nous les avons tous invités à cette construction. Le mois dernier encore, nous avons reçu les syndicats, une dernière fois, et nous avons fait évoluer le texte pour tenir compte de leurs observations. Pourtant, aujourd’hui, ils nous disent : ‘Votre texte, vous devez le retirer car ce n’est pas le bon texte. La retraite, ce n’est pas le problème. Il faut agir sur les dépenses de santé, et le reste, c’est le Pays ou l’État qui paiera’”.

Une réflexion sur laquelle le président a immédiatement rebondi en choisissant de rafraîchir la mémoire des uns et des autres.

“On vient nous dire qu’il faut que le Pays paie les 9 milliards qui ont été puisés dans la caisse de retraite pour équilibrer la branche maladie. La question que je pose aux syndicats, c’est : ‘Qui a décidé d’équilibrer la santé en puisant dans les réserves de la retraite ?’ La CPS est administrée par un conseil d’administration qui est à même de décider de l’utilisation qui peut être faite de ces deniers. Qui a alors pris cette décision ? Ce ne sont pas les gouvernements qui se sont succédé mais bien le conseil d’administration de la CPS qui a pris cette décision. Cependant, je reconnais que les autres gouvernements n’ont pas eu le courage de réformer”, a-t-il méthodiquement rappelé. 

 

 

“Je veux être celui qui aura lancé la réforme de la PSG”

 

 

La polémique s’est arrêtée sur cet état de fait. Édouard Fritch a surtout cherché à s’adresser aux salariés en leur demandant de faire preuve de raison. Car pour lui, la grève ne peut pas être une réponse à l’urgence de la situation.

“Ce n’est pas en cherchant à reculer encore les échéances que nous arriverons à sauver nos retraites. Nous avons déjà pris trop de temps pour entamer la réforme, et nous sommes au bout du bout des réserves financières. Si nous ne réformons pas, nous allons tout perdre”, a-t-il annoncé gravement, sans pour autant se ménager.

“J’ai vécu plusieurs gouvernements. J’en ai fait deux, au cours desquels on a parlé de cette réforme sans jamais rien oser faire. Ça fait dix ans aujourd’hui qu’on en parle. On a suffisamment attendu. La solidarité est une chose extraordinaire. les Polynésiens mettent la main à la poche pour aider leur prochain. Ils sont là quand il y a des catastrophes. Mais je suis convaincu que le jour où l’on ne paiera pas la retraite à quelqu’un qui a servi pendant 35 ans, qui a, pendant 35 ans, mis de l’argent de côté, que, ça sera la révolution » a-t-il expliqué.

Des sacrifices sont demandés, le président l’a également reconnu. La réforme prévoit en effet de travailler plus. Dès 2019, l’âge légal de départ à la retraite sera reporté à 61 ans et à 62 ans en 2020, contre 60 aujourd’hui.

Il faudra aussi cotiser plus longtemps : 36 ans en 2019, puis 37 ans en 2020 pour finir à 38 ans en 2021, contre 35 ans aujourd’hui.

Pour les petites retraites, le gouvernement a toutefois annoncé la création d’un fonds de compensation, de sorte que les modifications de calcul des retraites ne les pénalisent pas.

“Mon objectif n’est pas de faire mal aux petits salariés. Loin de moi de vouloir faire du mal à ces petits salariés. Nous prévoyons donc un fonds qui viendra maintenir le niveau de retraite qu’ils ont”, a-t-il tenu à clarifier.

Enfin, le gouvernement a une nouvelle fois rappelé qu’il s’était engagé auprès des Polynésiens à procéder à la réforme et qu’il avait tenu à respecter ces engagements, et ce, malgré l’approche des élections territoriales.

“L’essentiel pour nous, c’est d’enclencher la machine maintenant. Je ne veux pas attendre une fois de plus que les élections soient terminées pour prendre mes responsabilités. Je veux être celui qui aura lancé la réforme de la PSG. Toutefois, cette réforme que nous présentons aujourd’hui est progressive. On ne vote pas une loi du Pays pour les dix années à venir. Demain, les Polynésiens pourront décider de changer de gouvernement, et celui-ci pourra décider de revenir sur cette loi du Pays”, a courageusement conclu Édouard Fritch.

Jen. R.

 

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