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La protection de l’emploi local, une “portée psychologique”

mercredi 10 juillet 2019

“Nous voulons faire revenir nos enfants”, ont clamé le président Édouard Fritch et la ministre Nicole Bouteau. Photo : Christophe Cozette

“Nous voulons faire revenir nos enfants”, ont clamé le président Édouard Fritch et la ministre Nicole Bouteau. (Photo : Christophe Cozette)


La ministre du Travail et le président du Pays, ont expliqué hier la loi pour la protection de l’emploi local, votée lundi à l’assemblée. L’ensemble du dispositif devrait être opérationnel d’ici six mois. Dans la rue, les citoyens sont globalement pour.

Elle est adoptée. Désormais, il faut que la population en comprenne bien la philosophie. C’est en tout cas le souhait du président Édouard Fritch et de sa ministre du Travail, Nicole Bouteau. Tous deux hier ont présenté aux médias, à la présidence, le texte adopté la veille à l’assemblée (lire notre édition d’hier) de la loi du Pays relative à la promotion et à la protection de l’emploi. “Une volonté politique et populaire”, comme cela a été dit lundi à Tarahoi.

Une loi du Pays “psychologique”, a ajouté Édouard Fritch, hier (lire encadré). L’une et l’autre ont répondu à toutes les questions, après avoir à nouveau expliqué la longue genèse de ce texte, après plusieurs tentatives infructueuses des gouvernements précédents.

Il s’agit en effet d’une volonté partagée par l’ensemble des groupes politiques représentés à l’assemblée de la Polynésie. En effet, le Tahoeraa Huiraatira est à l’origine de la demande d’intégration dans la révision constitutionnelle de 2003 du principe de discrimination positive, tout comme pour la réforme statutaire de 2004 qui a introduit dans son article 18 la possibilité de prendre des mesures favorisant l’accès aux emplois salariés du secteur privé au bénéfice des personnes justifiant d’une durée suffisante de résidence.

Le Tavini Huiraatira a quant à lui été porteur de trois textes, en 2006, en 2009 et en 2016. Le premier groupe, orange, a voté favorablement pour cette nouvelle mouture. Le deuxième, bleu, s’est abstenu. Nicole Bouteau s’est dite “réjouie” de la forte majorité autour de ce texte même si cela n’est pas “une victoire personnelle” pour elle (lire réaction).

 

Trois paliers pour plus d’efficacité

 

Cette loi relative à la promotion et à la protection de l’emploi, ne s’applique qu’au secteur privé et que sur les contrats en CDI et CDD. Elle ne concerne que les résidents français. Les étrangers, européens compris, continueront à demander un permis de travail. En ce qui concerne la fonction publique, “pas besoin de loi, le statut de la fonction publique suffit”, ont assuré le président et la ministre.

La mouture de 2009 avait été retoquée par le Conseil d’État car elle n’avait qu’un palier de durée de résidence au fenua. Cette mouture en possède trois (lire encadré). Mais pour que la loi soit applicable, le Pays devra également mettre en place toute une série de mesures et la rendre efficace. Cela passe par la création d’un observatoire du travail, au sein du Sefi, le renforcement de la lutte contre le travail illégal, le croisement de diverses statistiques issues du Sefi, de l’ISPF, de la CPS afin “d’avoir une connaissance fine du marché de l’emploi” mais aussi pour savoir quelles études les jeunes effectuent hors du territoire.

Si aucun recours devant le Conseil d’État n’est déposé, l’ensemble du dispositif devrait être opérationnel d’ici six mois et pourrait concerner près de 7 000 offres d’emploi par an (dont 60 % issus du Sefi), dans dix secteurs d’activités différents.

Enfin, les droits des résidents amenés à s’absenter de Polynésie française sont préservés, quel que soit le temps d’absence (études, mutations, militaires, etc.). Et cette loi n’est pas rétroactive. “Nous voulons faire revenir nos enfants”, ont clamé, presque en choeur, Édouard Fritch et Nicole Bouteau.

La mise en place de la Gepec (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences), déjà appliquée pour l’économie bleue, devrait permettre de mieux connaître les filières porteuses d’avenir et le gouvernement n’exclut pas d’inciter financièrement les Polynésiens expatriés à revenir, comme cela est déjà fait pour les dentistes.

 

Christophe Cozette

 

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