Pueu – Les photos souvenir du district s’exposent jusqu’au 24 juillet

jeudi 16 juillet 2015

Cette année, à l’initiative de Talma Urima, présidente de l’association Te Putea, une multitude d’activités et d’animations sont organisées tout au long du mois de juillet au centre artisanal Ti’a Rauti, situé en face de la mairie de Pueu. 
Dans le cadre de ce Farereira’a local, une exposition d’anciennes photographies a été inaugurée mardi, à l’occasion de la fête nationale, propice à un rassemblement populaire. “Il y a des gens qui étaient en pleurs”, confie Talma Urima au lendemain de l’ouverture de cette exposition inédite dont l’objectif est de rendre hommage aux anciens, piliers du district. 
“C’est un devoir de mémoire qui est important pour nous”, ajoute-t-elle. “Les gens ont été très gentils, ils ont bien voulu nous prêter leurs photos. Il a fallu les prévenir bien avant pour l’organisation et la préparation de l’exposition. D’autres personnes doivent encore venir pour exposer les leurs.”
Grâce à ce travail de collecte jamais inégalé à l’échelle de Pueu, plusieurs dizaines de clichés ont été rassemblées sur de grands panneaux afin d’offrir aux visiteurs un voyage dans le temps riche en émotions. “Il y a au moins trois générations de Heiva qui sont réunies ici”, précise l’organisatrice, qui connaît l’histoire de chacune de ces images, comme autant d’instants de vie, non pas figés, mais bel et bien immortalisés.

“Le bébé sur la photo, c’est moi”

À chaque photo, son anecdote : amusante, quand on se rend compte que le premier magasin de Pueu affichait sur son enseigne “macasin”, sans manquer d’être surprenante, lorsqu’on apprend que le bébé de la photo voisine n’est autre que l’actuel propriétaire. 
“Le bébé sur la photo, c’est moi”, explique d’un air espiègle et jovial Henri Leou On, qui a hérité de l’épicerie familiale, située à deux pas de là, il y a 35 ans déjà. “Depuis 60 ans, c’est resté un magasin simple et local”, précise le gérant, qui continue de servir lui-même ses clients. 
L’ancien bâtiment, devant la façade duquel avait été prise la photo de famille, a été rénové en 1989. L’enseigne a conservé son nom d’origine, bien que la maladresse orthographique ait depuis été rectifiée. Les marches, ainsi que l’encadrement de la porte et des fenêtres, n’ont pas bougé. Les années passant, une grille de protection a pris place dans le décor “parce que les gens venaient frapper la nuit à la porte pour une simple boîte d’allumettes”, raconte Henri Leou On, qui réside aujourd’hui encore à l’arrière de sa boutique. 
Et lorsqu’on lui demande s’il peut compter sur ses enfants pour prendre la relève, sa réponse est empreinte d’incertitude et d’honnêteté. “Je ne sais pas. C’est un travail très dur qui demande beaucoup de temps. J’y consacre toutes mes journées et toute ma vie”, admet Henri Leou On, sans oublier de mentionner l’essor des grandes surfaces, peu favorable au maintien des petits commerces. 
Derrière chaque photo se cache ainsi une histoire témoignant de l’évolution du district de Pueu : il suffit de prendre le temps de la découvrir.  

A.-C.B.

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