Punaauia a mis à jour son plan communal de sauvegarde

    vendredi 9 octobre 2015

     Depuis l’annonce de Météo France concernant les risques cycloniques, la municipalité de Punaauia a commencé à mettre à jour son plan communal de sauvegarde (PCS) et à commencer à mener plusieurs actions au sein de la commune.  Quatre zones d’habitation précaire sont concernées par les évacuations, en cas de cyclone, le reste étant une question de responsabilité individuelle. Le 20 octobre, la commune participera au grand exercice cyclonique du haut-commissariat.

    “On a pas attendu que ça passe dans les journaux. Dès que météo France a commencé à parler de risques cycloniques, on s’est mis au travail”, se félicite Annelyse Vii, responsable du plan communal de sauvegarde (PCS).
    Diverses mesures préventives ont ainsi été mises en place : inventaire du matériel d’intervention, vérification des portatifs de télécommunication, mise à jour de l’annuaire du personnel, des secours, de la police et des services techniques et contact des entreprises privées pour connaître les moyens qu’ils sont prêts à mettre à disposition…
    Parmi les premières actions mises en place : le recensement par les services de police, des servitudes ayant des réseaux d’évacuation bouchés, afin d’éviter tout risque d’inondation des propriétés et de dégradations des servitudes.
    “Pendant leur tournée, la police a également sensibilisé les administrés à ne pas jeter leurs déchets dans le caniveau. En effet, si on est confronté à des phénomènes de fortes pluies, ça va se retourner contre eux”, explique Annelyse Vii.

    Sécurisation de la RT1

    Les pompiers ont également vérifié la RT1 pour évaluer les arbres proches de la route qui pourraient éventuellement poser problème en cas de chute. N’ayant pas de service d’élagage la commune a fait parvenir un courrier au ministère de l’Équipement en lui demandant “de procéder, au plus tôt, à l’élagage des arbres qui sont sous l’emprise de la voirie territoriale”. Pour le moment, aucune réponse du ministère n’a encore été donnée.
    Pour les arbres situés dans des propriétés privées, la brigade mobile a fait parvenir un courrier du maire pour demander aux propriétaires de faire le nécessaire. Dans les quartiers, il est de la responsabilité de chacun de mettre la main à la pâte. Le curage et nettoyage des rivières, “c’est du ressort du Pays”, se décharge Annelyse Vii.
    La mairie s’appuie sur les référents de quartier et les associations pour faire passer les informations à la population et sensibiliser les gens aux attitudes à adopter en cas de cyclone.
    Elle a également mis à disposition dans tous les lieux publics (magasins, pharmacie, stations service, snacks…) des flyers édités par l’État et Météo France, rappelant les mesures de sécurité à prendre en cas d’alerte cyclonique.
    Très prochainement, des affiches d’information seront exposées dans plusieurs zones stratégiques de la commune pour sensibiliser la population. “Les pompiers se rendront dans les garderies et les foyers d’hébergement des personnes âgées pour distribuer les flyers. Ils seront également chargés de contacter les directeurs d’établissements scolaires et les garderies pour voir, s’ils le souhaitent, que l’on passe faire un rappel des mesures de sécurité”, précise Annelyse Vii.
    Le 20 octobre, la commune de Punaauia participera au grand exercice cyclonique du haut-commissariat, afin de vérifier si son dispositif de sauvegarde tient la route.
    E.P.

    Évacuations : quatre quartiers concernés

    Quatre quartiers sont directement concernés par les évacuations “Ces zones sont des bidonvilles. […] Les personnes habitent dans des cabanons, qui ne résisteront pas à des vents de 120 km et elles n’ont pas les moyens de consolider leur habitation”, explique Annelyse Vii.
    Il s’agit du village des pêcheurs, situé à Outumaoro, à l’emplacement de l’ancien fare rima’i et de ses alentours ; du quartier Manotahi ; de certaines habitations de Punavai plaine et des habitations du fond de la Punaruu. “La dernière fois, quand il y a eu des grosses pluies, ils étaient restés bloqués au fond de la vallée pendant trois jours”, raconte Annelyse Vii.
    La police a commencé un travail de recensement de ces familles, mais plusieurs d’entre elles cependant ont fait savoir qu’elles refusaient d’être évacuées, en cas de cyclone.
    Pour le moment, la mairie n’a prévu d’ouvrir que deux centres d’hébergement pour accueillir la population : Le complexe sportif de Outumaoro et celui de Taapuna, pouvant accueillir à eux deux jusqu’à 800 personnes. Chaque centre sera encadré par une équipe de 12 personnes, constituée d’élus, de bénévoles et de secouristes.
    Les personnes habitants les quartiers à évacuer (cités plus haut), seront récupérées par les moyens de transports communaux et emmenées à l’un des deux centres d’hébergement.
    “Les autres personnes de la commune qui souhaitent être évacuées doivent se signaler à la mairie, au 40.54.38.60, explique Annelyse Vii. Ce n’est pas comme pour un tsunami. Pour un tsunami, on passe le long du littoral et on fait évacuer tout le monde. Lors de cyclone, ce sont les personnes qui évaluent si leur maison résiste aux vents.”
    Certaines communautés religieuses, comme les mormons, se sont rapprochées de la mairie pour connaître les mesures de sécurité prises par celle-ci et seraient prêtes à ouvrir leur paroisse.

    Comment évaluer les risques ?

    “Tout le monde est concerné par le risque cyclonique. Ça peut aller de la petite cabane à la grande villa. Que l’on soit sur le littoral, en vallée ou en montagne, tout le monde est concerné par le cyclone”, dit-on à la mairie. Face aux dangers de la houle et des inondations, comment évaluer les risques et comment savoir s’il est préférable d’évacuer son habitation ? À cette question, la mairie reste évasive. “Le plus grand danger du cyclone, c’est le vent. On ne peut pas prévoir s’il y aura des grosses pluies diluviennes. C’est à chacun de voir. On a des années de vécu et les personnes savent à quels risques elles sont exposées. Après, c’est une question de responsabilité individuelle. S’il pleut beaucoup, il faut faire attention, car on peut avoir à faire à des éboulements. Le conseil qu’on peut donner aux habitations individuelles, lorsque les personnes vivent à flan de montagne, […], c’est de tendre de grande bâche sur leur terrain, comme ça, s’il pleut, l’eau va ruisseler sur la bâche et ne va pas s’infiltrer dans le sol. Ça éviterait ainsi de fragiliser le sol. Ceux qui habitent près des rivières doivent faire attention aux crues et aux inondations.”

    – à la Marina Taina : la police devrait rencontrer le gérant, pour faire passer le mot d’ordre auprès des usagers : “renforcer les amarres”. Le port à sec serait, selon la mairie, “spécifiquement étudié pour pouvoir supporter des vents forts, ça ne devrait pas bouger”. Les personnes vivant sur leur bateau devront, en cas de cyclone, se rapprocher de la mairie pour être évacuées au complexe sportif de Outumaoro.
    – à la Punaruu : selon la mairie, la zone industrielle ne représente pas de danger particulier. Aucune mesure particulière n’est envisagée en cas de cyclone. “Ils ont tous des plans de sécurité interne. Des exercices sont effectués régulièrement au sein de chaque structure.”

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