Punaauia – La commune veut réhabiliter sa décharge communale

    samedi 30 janvier 2016

    Mercredi, Lydie Laplane-Cheung Piou, du bureau d’études Pae Tai Pae Uta, présentait les résultats des investigations de terrain menées dans le cadre de la réhabilitation de la décharge communale. La commune souhaite réhabiliter sa décharge et la reconvertir en plateforme de compostage. Les résultats d’analyses ont permis d’affirmer que si l’impact était moindre, la mairie devra installer des puits de dégazage et remodeler son site pour être aux normes.

    Une nouvelle étape a été franchie dans la réhabilitation de la décharge communale de Punaauia, située dans la vallée de la Punaruu. Mercredi, Lydie Laplane-Cheung Piou, chargée de mission au bureau d’études Pae Tai Pae Uta, présentait à l’équipe municipale les résultats des investigations de terrain, menées l’année dernière, pour déterminer le niveau de pollution du site, évaluer les risques potentiels et apporter des solutions de réhabilitation concrètes.
    “La commune de Punaauia souhaite être exemplaire. Lorsque l’on voit qu’il y a des dépotoirs sauvages qui se font un peu partout dans la commune, on ne peut pas aller taper sur les doigts des gens alors que notre propre décharge n’est pas aux normes. Nous avons arrêté d’y enfouir des déchets ménagers depuis longtemps et nous l’exploitons actuellement pour y collecter et brûler nos déchets végétaux, ce qui représente une pollution moindre. Mais nous souhaitons aller plus loin en réhabilitant notre décharge, avec comme projet de la reconvertir en plateforme de compostage”, explique Heinui Tepahauaitaipari, du service développement durable de la commune.
    Exploiter une décharge qui n’est pas réglementaire est interdit par la loi. Aujourd’hui, le Pays, au travers de la direction de l’environnement (Diren), peut porter plainte contre les exploitants de décharges non réglementaires et demander des préjudices pour non-réhabilitation de celles-ci pouvant aller de plusieurs millions à plusieurs milliards de francs, selon l’impact de la pollution. Certains dossiers sont d’ailleurs à l’heure actuelle devant les tribunaux en attente de jugement.
    Si la décharge de Punaauia n’est pas aux normes, elle est loin d’être la seule dans ce cas-là, mais “elle est dans une démarche vertueuse”, comme l’a mentionné l’un des représentants de la Diren présent à la réunion. En effet, si elle compte stopper toute activité sur le site d’ici la fin de l’année, elle mène, de sa propre initiative, toutes les études nécessaires à la réhabilitation de sa décharge.

    Puits de dégazage

    Aujourd’hui, les résultats d’analyses ont permis d’affirmer que si les sols étaient bel et bien pollués, il n’y avait “pas d’impact sur les sédiments, ni même sur les eaux superficielles et les eaux souterraines”.
    Les risques se situent essentiellement au niveau des gaz qui émanent du sol, mais cela relève d’un processus naturel, puisque tout déchet, lorsqu’il se dégrade, produit des gaz. “Ces gaz ne peuvent pas être laissés comme ça sous terre, car ils peuvent provoquer des incendies, ou bien exploser, selon leur nature. Il faut laisser ces gaz s’évacuer, d’où l’obligation de mettre en place des puits de dégazage”, a expliqué Lydie Laplane-Cheung Piou. La commune devra également compacter les déchets sur site et remodeler celui-ci pour stopper tout risque d’instabilité du terrain.
    “On va rentrer dans la phase concrète de réhabilitation du site, s’est réjoui la mairie. Jusqu’à maintenant, on était dans des études d’analyse du site, et maintenant, on va pouvoir passer à la phase travaux.” Travaux qui devraient coûter la bagatelle de 70 millions de francs. La mairie indique qu’elle va se lancer dès à présent dans la recherche de cofinancements pour pouvoir mener à bien la réhabilitation du site.

    É.P.

    Reconversion en plateforme de compostage

    “La volonté du maire, c’est d’y installer (au niveau de la décharge communale, NDLR) une unité de compostage pour pouvoir distribuer du compost à tous ses administrés”, a déclaré une élue présente lors de la réunion de mercredi.
    Le bureau d’étude a mentionné qu’il n’y avait aucune contre-indication, quant à la mise en place d’un tel projet, moyennant tout de même des études géo-techniques supplémentaires avant sa mise en œuvre, pour s’assurer de la stabilité du terrain.
    Des réserves ont cependant été émises quant à la superficie plate du terrain qui s’élève à seulement 6 000 m2. Cette superficie semble actuellement un peu petite pour ce type de reconversion, notamment lorsque l’on sait que la commune collecte plus de 20 000 m3 de déchets verts par an et qu’il faut au minimum neuf mois pour qu’une plateforme de compostage soit opérationnelle. Un élu a soulevé le projet d’y faire une petite exploitation forestière pour fournir du bois aux artisans de la commune.

    Historique

    Le terrain de la décharge communale de Punaauia, situé au fond de la vallée de la Punaruu, a été acquis par la commune en 1987.
    En 1988, elle commence à exploiter le site en y enfouissant les ordures ménagères de ses administrés. Cela durera jusqu’en 2000, date d’ouverture du premier centre d’enfouissement technique (CET) à Tahiti. Les ordures ménagères y sont transférées. Quant au site de la décharge, il est exploité pour collecter et brûler les déchets végétaux de la commune.
    En 2012, la commune entreprend des travaux de sécurisation du site, pour éviter les apports sauvages faits par la population, qui viennent perturber le fonctionnement normal du site. La même année, la commune lance une étude d’optimisation de son service de collecte des déchets et rédige son “livre blanc”, pour la valorisation et la préservation de la vallée de la Punaruu. Elle aboutit à la conclusion qu’il faut arrêter le dépotoir dans son exploitation actuelle.
    En 2013, elle lance alors une étude pour la réhabilitation du dépotoir et la reconversion du site en plateforme de compostage. Cette étude est stoppée en 2014, car elle nécessite des investigations approfondies dont le coût s’élève à 8 millions de francs. La commune part alors à la recherche d’un cofinancement qu’elle obtient du Fonds intercommunal de péréquation (FIP), ce qui lui permet de relancer son étude en 2015.

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