Pylôneur, un métier sous haute tension

    jeudi 27 août 2015

    La Société de transport d’énergie électrique en Polynésie (TEP) procède actuellement à sa troisième campagne de rajeunissement
    de ses pylônes haute tension. Trente ans après leur installation, le temps et la météo commençaient à user ces structures métalliques.  Pour appliquer une peinture spéciale, il a fallu faire appel à des travailleurs spécialisés pour ce type de travaux : des pylôneurs.

    En levant les yeux vers le ciel, vous avez peut-être remarqué hier matin et en milieu d’après midi, un hélicoptère faire le va-et-vient entre l’aéroport et les vallées de l’île, notamment celle de la Punaruu. L’engin est chargé d’amener Rafi et son équipe sur les pylônes haute tension qui forment la ligne aérienne 90 000 volts qui transporte l’énergie produite par les centrales hydroélectriques vers les zones habitées.
    Rafi n’a pas un travail comme les autres. “Le métier n’a pas vraiment de nom, alors nous nous appelons les pylôneurs.” Ils ne seraient ainsi que 200 en France à pouvoir réaliser ce type de travaux. “Il n’y a pas de formation spéciale, c’est sur le terrain que cela s’apprend”, explique Rafi qui a débuté “par hasard” dans ce métier “physique”, où il faut toujours se déplacer avec un pot de peinture de 20 kilos du matin au soir.
    “C’est de l’acrobatie, nous n’avons pas des postures naturelles lorsque nous peignons. Tu te déplaces sur des barres qui sont très fines.” Et les frayeurs sont courantes. “Avec la peinture, ça glisse.” Être pylôneur, c’est aussi être appelé à faire beaucoup de déplacements. Juste avant d’opérer dans la Punaru’u, Rafi et son équipe travaillaient dans les montagnes corses. Il est désormais rodé au métier, sa peur s’est désormais dissipée : “Le plus dur au début, c’est cette appréhension de la chute qui est naturelle. À force, cela disparaît, je suis aussi à l’aise sur le pylône qu’au sol.”
    Partenaire indissociable de ce métier, la météo. “Ici, c’est beaucoup plus difficile qu’en métropole, le climat change vite, en un quart d’heure, on passe d’une saison à une autre. Quand il pleut, on ne peut pas travailler. Je regarde tout le temps les nuages et le sens du vent. Mais, il y a des jours, nous n’y allons pas, parce que même si l’on peut être déposé, quelques heures plus tard, l’hélicoptère ne pourra pas venir nous chercher et je ne veux pas dormir sur le pylône.” Le pilote d’hélicoptère est donc un allié essentiel, qui assume aussi une part de risques dans des conditions difficiles où il faut éviter les obstacles et notamment “les câbles parce qu’on ne les voit pas toujours très bien, même quand le temps est au beau fixe”, explique Laurent Coron, le pilote de Tahiti Helicopters, également vigilant sur les conditions météo particulières de la montagne. “On peut avoir du vent et des courants d’air qui peuvent arriver de là où on ne pouvait pas s’y attendre. Ce n’est pas un vol classique de passagers.”
    Malgré ces difficultés, il ne faut qu’une journée pour appliquer trois couches, tout en ayant le temps d’apprécier le paysage : “C’est un plaisir pour les yeux”, reconnaît Rafi.
    Au total, 75 millions auront été investis sur les trois campagnes de rénovation menées par la TEP, soit un coût moyen de 1,5 million de francs par pylône.

    F.C.

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