Quand Facebook sert à se faire justice illégalement

    jeudi 18 juin 2015

    Facebook peut s’avérer utile et parfois plus efficace, ou du moins plus rapide que la justice. En février, une jeune femme avait lancé un appel sur le réseau social après s’être fait dérober son véhicule. La plaque d’immatriculation et le descriptif du véhicule avaient été largement partagés. Moins de 24 heures plus tard, après avoir vu cet avis de recherche sur Internet, un couple avait repéré l’auto volée et l’avait suivie avant de confier les informations sur son lieu d’arrivée à la gendarmerie. Un exemple de la solidarité et de la puissance du réseau social, notamment à Tahiti où il est très utilisé.
    Des atouts qui poussent un certain nombre d’utilisateurs de Facebook à vouloir se faire justice eux-mêmes, mais souvent de manière illégale. Régulièrement fleurissent sur la toile les portraits de personnes décrites comme des voleurs. Croyant bien faire, les internautes se pressent à partager ces publications pour colporter une information utile à tous. Une utilisation du radio cocotier moderne qui peut s’avérer risquée, comme souvent lorsque l’on veut remplacer le métier de la justice.

    Sans avoir connaissance des personnes et de la réalité des faits qui leur sont reprochés sur la toile, le partager publiquement s’apparente à de la diffamation. Et cela peut parfois servir des intérêts peu avouables. Un conflit de voisinage, une rupture sentimentale difficile et il suffit de publier une photo de son voisin ou de son ex-conjoint en le traitant de voleur pour ternir injustement une réputation. Des faits répréhensibles par la justice, la vraie cette fois, avec des amendes pouvant aller de 1,4 à 7,1 millions de francs.
    En revanche, et même si cela ne facilitera pas la réinsertion de la dite personne, la diffamation n’est pas retenue si vous publiez la photo d’une personne en la décrivant comme un voleur si, effectivement, elle a déjà été condamnée pour ces faits-là. Avant de publier, il vous faudra donc vous assurer du casier judiciaire de la personne que vous souhaitez afficher sur les réseaux sociaux.
    Même si l’expression est libre, elle a tout de même ses limites, et tout n’est pas publiable sur Facebook et autres réseaux sociaux. L’an dernier, un homme a porté plainte pour atteinte à l’intimité de la vie privée. Son ex-femme avait publié des détails sur leur vie de couple. Un délit qui peut aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 5,3 millions d’amende.
    Enfin, l’incitation à la haine raciale est elle aussi punie lorsqu’elle est partagée publiquement. L’an dernier, alors que l’arrivée d’un imam enflammait les réseaux sociaux, une enquête avait été ouverte pour des propos tenus sur le réseau social. Les commentateurs s’étaient avérés vivre en métropole où l’enquête avait finalement été transmise.

    F.C.

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