Quand l’incivisme perdure au Mont Aorai

    mercredi 26 août 2015

    La campagne de nettoyage des refuges de l’Aorai, le week-end dernier, par un groupe de volontaires a mis en exergue un problème qui dure depuis longtemps. Les guides de randonnée en ont ras-le-bol de mener des touristes dans des lieux où s’amoncellent des déchets. Le ministère du Tourisme espère obtenir assez de budget à la prochaine commission pour mener des actions de réhabilitation des lieux et de sensibilisation de la population.

    “C’est une honte pour notre pays !”, lance Angelina Bordas, la présidente du syndicat des guides de randonnée. “Quand on monte à l’Aorai avec nos touristes, ils disent : ‘Mais qu’est-ce que c’est sale ! C’est un dépotoir ici !’ C’est vraiment une honte pour nous !” Ce qui met la guide de randonnée professionnelle en rage, ce sont les déchets que des personnes laissent derrière elles après avoir arpenté le mont Aorai. Une problématique mise en exergue le week-end dernier, avec l’action de nettoyage entreprise par les rando-nettoyeurs, qui ont descendu 50 kg de déchets du Fare Ata, le deuxième refuge de l’Aorai (lire ci-dessous). “ Depuis l’année dernière, ce groupe de rando-nettoyeurs s’est constitué parce qu’ils ont vu ces dégâts-là, mais nous, les guides, ça fait des années qu’on constate ça, poursuit Angelina. On a écrit des courriers, on en a parlé dans les médias, mais on ne nous écoute pas. Donc on nettoie nous-même. Ça fait des années que je nettoie régulièrement l’Aorai pour que mes clients ne voient pas ça. Parfois, si on y va pour la journée, je les laisse au point de vue, je file voir l’état des refuges, et je fais un brin de ménage avant de les y amener. Si on y passe la nuit, je monte avant eux pour nettoyer. Mais personnellement, j’évite de monter à l’Aorai pendant les vacances scolaires, parce que je sais ce que ça donne.”

    Les jeunes montrés du doigt

    Si ces actes d’incivisme sont malheureusement courants tout au long de l’année, il semblerait qu’une recrudescence ait lieu en période de vacances scolaires, surtout aux mois de juillet-août. La présidente du syndicat des guides de randonnée est ferme :  “Ce ne sont pas les randonneurs qui polluent, parce qu’un vrai randonneur ramène toujours ses déchets”. “Ce sont des vacanciers. Souvent, on rencontre des étudiants qui partent en groupe de 20 à 25 personnes. Ils montent là-haut pour faire la fête et passer la nuit avec les amis, les copains, les copines. Alors ces vacanciers, ils sont bien gentils, ils mettent leurs déchets dans des sacs poubelle. Mais après… ils les laissent sur place ! Il faut qu’ils comprennent que les éboueurs ne montent pas là-haut !”
    Cette problématique ne concerne pas uniquement le mont Aorai, mais tous les sites de randonnée “classiques” ouverts au public. “On rencontre le même problème à la Fautaua, confie Angelina. Quand on monte à la Fachoda pendant les vacances, il y a tous les enfants des quartiers sociaux qui montent là-haut et quand on arrive, on voit des bouteilles partout, c’est très sale ! Mon vœu est qu’on nous écoute, qu’on fasse quelque chose pour résoudre le problème.”
    Ce problème d’incivisme, mais aussi de dégradation des infrastructures existantes, a été entendu par le ministère du Tourisme, qui souhaite y remédier. “Nous avons plusieurs projets qui entrent dans le cadre de notre politique sectorielle, explique Maryline Dal Farra, conseillère technique. On envisage des infrastructures pour sécuriser les chemins de randonnées, revoir la signalétique, et travailler à une campagne de sensibilisation au respect de l’environnement parce que mettre en place une brigade de ramassage des déchets n’est pas la solution. Il faut que chacun prenne conscience de son rôle en tant que citoyen. Nous envisageons de réunir la direction de l’environnement, les guides et aussi l’éducation autour d’une table pour trouver ensemble la solution. Donc, il y a un dialogue et un système de gouvernance à mettre en place. Mais on doit d’abord travailler sur le nerf de la guerre, parce qu’on ne veut pas lancer des propositions pour finalement ne pas pouvoir le faire, faute de budget.” Ce budget sera débattu à la prochaine commission budgétaire de l’assemblée de la Polynésie française, en décembre.
    Vaiana Hargous

    Les rando-nettoyeurs descendent 50 kg de déchets

    Une vingtaine de personnes a entrepris samedi dernier l’ascension du mont Aorai afin de procéder au nettoyage du fare Ata, le deuxième refuge du sentier, qui culmine à 1 800 mètres d’altitude. “Nous avons formé deux groupes, raconte le rando-nettoyeur Stéphane Lebon. Le premier est rentré dans la journée et a descendu avec lui environ 30 kg de saletés. Notre groupe a dormi au fare Ata et nous avons profité de nettoyer à fond ce refuge. On est redescendu dimanche après-midi avec 20 kg de déchets. Et on a trouvé de tout, couteaux, fourchettes, assiettes, bonbonne de gaz, réchaud, boîtes de conserve, bouteilles, sac-poubelle, papier toilette, serviettes, draps… Tout ça a été redescendu. On a évité de laisser ce qui peut attirer les rats. D’ailleurs, pour la soirée, on a traité autour du fare, on a coupé les branches autour, tout ce qui peut faire des nids de rats.”
    Cette campagne de nettoyage est la deuxième qu’effectuent les rando-nettoyeurs. Une aventure verte qui a commencé l’année dernière, “Quand on s’est aperçu du manque de civisme des gens qui montent là-haut”, poursuit Stéphane. “On a décidé d’ouvrir un groupe Facebook, Rando-nettoyeur, pour dénoncer tout ça. La première année, on a nettoyé les deux refuges et on avait descendu 70 à 80 kilos de saletés. Et cette année, on a refait l’opération suite aux photos qu’un randonneur a postées sur notre groupe il y a deux semaines.”

    TALMANT PATRICE 2015-08-27 08:23:00
    Des gros "Crados" qui ne respectent pas la nature et son environnement ! Ce sont aussi les mêmes "gugusses" qui laissent leurs merdes (canettes et barquettes) sur les plages du Fénua ! C'est encore la collectivité qui trinque pour ses CRAPAUDS ! Un GRANDS MERCI à ses bénévoles qui ont tout nettoyés ! chapeau à vous tous ! Ce n'est quand même pas difficiles de ramener dans son sac à dos ses déchets envelopper dans un sac plastique ! Il faut que la mairie de Piraé ou la ville de Papeete réinstaure un point de "contrôle" !!! comme dans les années 80 ou le R.I.M.A.P assurait se service ....mais aussi pour déclencher les secours en cas de "pépin physique" il ne faut pas l'oublier ! Responsabilisons les gens mais aussi nos élus ! Donc comptabiliser tous ceux qui grimpent vers le sommet en tenant à jour un registre ou chaque randonneurs écrit ses coordonnées complètes et N° de véhicules ! Voilà une proposition qui tiens "la route" !....................
    TiTEUF 2015-08-27 07:45:00
    Hé Lebororo, visiblement tu fais parti de ceux qui laissent leurs m... en haut en attendant qu'il y ait des bennes, c'est ça? L'hélico tu le paies de ta poche? ou tu veux que ce soient les rando-nettoyeurs peut-être!!!
    lebororo 2015-08-26 21:57:00
    Les hélicoptères existent aussi...
    je donne mon idée en plus.
    MOOREA56 2015-08-26 19:34:00
    LEBORORO , je te suggère à la place d'aller faire le ramassage des oranges de ramener les bennes avec les couvercles afin que rien ne se renverse dans la descente. Si tu arrives le premier tu auras le droit de remonter les bennes.
    Zorro 2015-08-26 14:50:00
    Lebororo : et tu les montes comment ? et tu les vides comment tes grosses bennes avec couvercle quand elles sont pleines ? Réfléchis un minimum quand tu écris.....

    Le plus simple reste que les "randonneurs" redescendent la merde qu'ils ont montes!
    lebororo 2015-08-26 13:56:00
    Faut mettre des grosses bennes avec couvercle.
    tari 2015-08-26 13:22:00
    Il faut empêcher les jeunes de monter...ils dégradent les lieux
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