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Quatre femmes sont victimes d’un acte de violence chaque jour

lundi 22 janvier 2018

La violence faite aux femmes est une des principales préoccupations du président de la République, Emmanuel Macron.

Suite au rapport du Conseil économique, social et environnemental (Cese) de l’an dernier sur la violence faite aux femmes dans les territoires d’outre-mer, il apparaît que celles-ci sont beaucoup plus nombreuses à en être victimes que dans l’Hexagone.

En Polynésie française, les chiffres révèlent que quatre femmes sont victimes d’un acte de violence chaque jour, soit près de 1 500 femmes chaque année. Et encore, ces chiffres ne concernent que les cas connus dans le cadre de plaintes. La plupart de ces actes de violence se déroulent au sein même de la famille.

C’est dans ce contexte que la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a souhaité visiter le foyer  Pu o te hau de Pirae qui accueille des femmes battues.

Elles sont aujourd’hui 16 femmes à vivre au foyer Pu o te Hau, accompagnées de 21 enfants dont deux bébés nés le mois dernier.

Lorsque nous avons construit ce foyer en 1989, c’était dans l’optique d’accueillir une vingtaine de personnes. Aujourd’hui, le chiffre a doublé et nous sommes obligés de refuser du monde, régulièrement”, a expliqué Chantal Galenon, présidente du conseil des femmes au foyer d’accueil Pu o te hau.

Un projet d’extension est dans les tiroirs permettant de doubler les effectifs d’accueil et d’avoir un espace pour des formations intergénérationnelles. Il a été présenté à la ministre des Outre-mer dans l’espoir que l’État puisse y apporter une aide financière.

La ministre a également pris le temps de s’entretenir à huis clos avec chaque femme du foyer pour comprendre leur histoire.

La difficulté à laquelle on est confronté ici, comme dans la plupart des territoires ultramarins, c’est qu’on est en milieu insulaire et qu’il est difficile de mettre en place des mesures d’éloignement. De ce fait, la victime est toujours trop proche de celui qui l’agresse. La pression populaire est parfois plus forte qu’en métropole”, a observé la ministre, suite aux échanges avec les femmes.

“Pas une fatalité”

01 EP Galenon Girardin

Le projet d’extension du foyer Pu o te hau a été présenté à la ministre des Outre-mer
par Chantal Galenon. (© Photo : Élénore Pelletier)

Annick Girardin s’est ensuite rendue à la mairie de Pirae pour rencontrer l’ensemble des associations de lutte contre les violences faites aux femmes. Un temps de parole a été donné à chacune d’elles pour un bilan de leurs activités et connaître leurs doléances. Toutes dénoncent un manque de moyens face au nombre grandissant de victimes.

À cette occasion, Édouard Fritch a annoncé que la direction des affaires sociales allait devenir la direction des solidarités et de la femme, avec la création d’un département nouveau dédié à la prévention de la maltraitance. Il a demandé la mise en place par l’État d’un service d’investigation et d’orientation éducative et la création d’un dispositif de prise en charge global (médical, psychologique, juridique et social) des victimes de violences.

Le procureur de la République, invité à cette rencontre, a rappelé  que “les violences faites aux femmes et les violences intrafamiliales ne constituent pas une tradition polynésienne et ne sont pas une fatalité”. 

Élénore Pelletier

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