Quatre humoristes pour le prix d’un

    mardi 31 mai 2016

    Ils s’appellent Mickaël Montadir, Kallagan, Mohamed Nouar et Charly Nyobe et ont pour point commun de vivre du rire. Ces quatre humoristes, qui ont tous officié à un moment ou à un autre sur la scène du Jamel Comedy Club, débarquent avec leurs spectacles respectifs pour un plateau qui promet au pire d’être drôle, au mieux d’être hilarant. Ils seront jeudi à Raiatea, vendredi à la Casa Mahina et samedi à Moorea. Interview.

    Est-ce que chacun peut se présenter ?

    Mohamed Nouar : “Oui, bien sûr… Mohamed Nouar, 27 ans, comédien, humoriste. Je fais du théâtre depuis 15-20 ans, le one-man-show, ça fait 10 ans. J’ai joué un peu partout, j’ai fait le Comedy Club, j’ai fait Point virgule, Apollo, j’ai été chroniqueur sur France Inter (Charly Nyobe fait signe qu’il a la grosse tête, NDLR), j’ai eu des plans galère aussi. (rires) Je vais jouer au Palais des glaces à Paris et je suis en tournée un peu partout. J’ai un spectacle qui s’appelle Le Dernier Gentleman où j’explique comment devenir gentleman et je vais jouer un extrait cette semaine.”
    Charly Nyobe : “Salut, Charly Nyobe, humoriste franco-camerounais, célibataire…”
    Mickaël Montadir : “Franco non, juste Camerounais. Tu as un visa pour être ici…”
    Charly Nyobe : “C’est vrai, mais ne le dit pas trop fort.” (rires)
    Michaël Montadir : “En fait, après avoir quitté Magic System, il a voulu se lancer dans l’humour.” (Rires)
    Charly Nyobe : “Ah ça, ça vous fait rire, l’humour raciste comme ça ! (…) Bon, en fait, j’ai commencé par les sports de combat ; ma première scène, ça a été le ring.”
    Mohamed Nouar : “18 combats, 18 défaites !” (rires)
    Charly Nyobe : “Si tu savais le nombre de KO ! Enfin, voilà, j’ai commencé par les sports de combat, j’ai fait de la boxe thai, de la lutte libre, après j’ai fait un mix, ce qu’on appelle aujourd’hui du free fight, le MMA, donc j’ai fait des compétitions, j’ai été champion de France de boxe thai et MMA.”

    Et comment tu en es arrivé à la scène ?
    Charly Nyobe : “Un jour, j’avais un combat, je ne sais pas ce qui s’est passé. J’ai fait une vanne à un mec, il était au sol et ça l’a fait rire. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça, mais après, je me suis dit pourquoi pas.”
    Mickaël Montadir : “C’est vrai ça ?”
    Charly Nyobe : “Oui ! À la base, pendant le combat, tu voyais sur le mec qu’il avait envie de me tuer, j’ai fait une vanne et, au lieu de me taper, il a rigolé ! Et là, j’ai gagné le combat.”
    Kallagan : “C’était Mike Tyson.” (rires)
    Mohamed Nouar : “Oui, vas-y, il faut exagérer la légende.” (rires)
    Charly Nyobe : “En fait, ce qui m’a vraiment motivé à monter sur scène, c’est que je souffrais d’un handicap à l’époque. Il y a un petit reste encore, parce que je bégayais avant, mais de ouf. Je bégayais, mais c’était du jamais vu. Du coup, je montais sur un ring et je m’exprimais avec les coups, parce que j’avais du mal à m’exprimer. Après, j’ai commencé l’humour en 2010 et, au bout de deux ans, j’ai rencontré Kallagan, qui m’avait aidé un petit peu.”
    Kallagan : “Parce qu’au départ il frappait les gens, le public, et je lui ai dit, mais on ne peut pas faire ça !” (rires)
    Charly Nyobe : “Il m’a donné des conseils, j’ai fait une scène, et c’était la première fois où j’arrivais à faire rire les gens de A à Z. Trois semaines après, j’ai été sélectionné pour faire le Jamel Comedy Club et, grâce à ce monsieur qui paraît un peu bizarre (Kallagan, NDLR), j’ai arrêté de bégayer, de frapper les gens et j’ai commencé à faire des sketches drôles. J’ai gagné le Montreux Contest, qui m’a donné accès au Montreux Festival et, aujourd’hui, je fais des vidéos sur Internet, que je vais reprendre d’ailleurs sur scène ici. J’ai aussi un spectacle qui s’appelle La Bêtise humaine, mais je pense que je vais changer de titre.”
    Mohamed Nouar : “Ouai, ça va être “Je vais vous niquer vos mères” !” (rires)
    Charly Nyobe : “Je vais changer le titre, mais en tout cas, c’est un spectacle d’une heure que j’ai joué à Paris, il n’y a pas longtemps, au théâtre de Dix Heures.”
    Mickaël Montadir : “Dans tous les KFC de France aussi !” (rires)
    Au suivant…
    Mickaël Montadir : “Je vais essayer de faire plus court. Mickaël Montadir, célibataire également. (…) J’ai fait aussi des sports de combat, je suis ceinture noire de Mikado, c’est déjà pas mal… Après… c’était quoi la question ? C’est le parcours, c’est ça ?” (rires)
    Mohamed Nouar : “Haha ! c’est la vanne Men in Black, tu oublies tout après !”
    Kallagan : “Le truc, c’est qu’il s’est mis tout seul dedans, tu as donné le Mikado pour te faire battre ! (rires) Laisse, je vais le faire. Alors, Mickaël Montadir, c’est un jeune homme qui a grandi près de Toulouse, c’est un enfant du terroir du Sud-Ouest qui est parti faire des études à Montpellier. Il a étudié la compta. À Montpellier, il rencontre Mohamed, ils restent ensemble deux ans je crois. Ils se sont séparés quand Mohamed est monté à Paris pour tenter sa chance.
    Bref, Mickaël monte à Paris après une expérience magnifique de télé sur TF1, dans l’émission Il n’y a que la vérité qui compte et cette histoire a changé sa vie et celle de beaucoup d’autres. Et pour découvrir pourquoi, il faudra venir voir le spectacle puisque c’est exactement le sujet que traitera Monsieur Montadir.”
    Mickaël Montadir : “Je ne savais pas que tu connaissais aussi bien ma vie… c’est exactement ça.”
    Kallagan : “Je travaille au Mossad, on te suit.”

    Et comment s’appelle le spectacle ?

    Mickaël Montadir : “Serial confesseur.”
    Kallagan : “En deux mots ‘con fesseur’.” (rires)
    Mickaël Montadir : “C’est pas vrai, mais c’est très drôle.”

    Du coup, après vos études de compta, vous avez été comptable ?

    Mickaël Montadir : “Non, je n’ai pas du tout été comptable. J’ai fait des stages par contre et, quand je me suis rendu compte de ce qui m’attendait, ça ne m’a pas du tout emballé. Du coup, j’ai réfléchi à ce qui pourrait me plaire et faire rire les gens, c’est cool. Il n’y a rien de plus valorisant, c’est un peu mon point G à moi.” (rires)
    Kallagan : “Si vous voulez que Mickaël prenne son pied, rigolez dès qu’il parle, ça suffit. Pas besoin de coucher avec.”
    Ensuite…
    Kallagan : “Moi, c’est Kallagan, ce n’est pas mon vrai prénom.
    C’est un pseudo qui m’avait été donné au Club Med, puisqu’avant j’étais GO. J’étais responsable d’animation de 18 à 20 ans, et c’est là que j’ai découvert la scène. Je suis monté à Paris il y a 10 ans et c’est allé super vite. Au départ, quand j’ai choisi de faire ce métier, je voulais être connu, je voulais être une méga-vedette. Mais l’envers du décor, la télé, tout ça, m’a fait flipper tout de suite, du coup, j’ai préféré prendre un chemin beaucoup plus calme mais beaucoup plus long, pour fidéliser les gens sans la télé, sans les réseaux sociaux. Mon dernier spectacle, Virtuose, parle beaucoup de ma paternité. (…) L’avant, l’envie d’avoir un enfant, vivre la grossesse en tant que mec, l’accouchement, le baby blues de la maman, la séparation, le divorce. (…) Voilà, je mets tout sans filtre, mais ce n’est jamais vulgaire.”
    Mohamed Nouar : “Oh, le mytho ! Toutes les trois secondes il y a un BIP.”

    Vous allez présenter uniquement vos spectacles individuels ou vous avez prévu des choses en commun aussi ?

    Mohamed Nouar : “Non, c’est une individualité qui forme un collectif.” (rires)
    Kallagan : “Comment, c’est pas crédible !”
    Mohamed Nouar : “Ha ! Je veux être président. P…, avec la phrase que j’ai sortie ! Je suis bon ! Non, mais bien sûr, on joue chacun une partie différente, c’est pour montrer nos univers.”
    Kallagan : “Après, à un moment donné, on sera tous ensemble, mais vu qu’il n’y a qu’un seul micro, ça va être la bagarre.”
    Mohamed Nouar : “Ce n’est pas une pièce de théâtre où tout le monde va être ensemble. C’est un spectacle commun, ce qu’on appelle un grand plateau, chacun a un sketch différent, un style différent, on est complémentaires.
    Le but, c’est que les gens rigolent, prennent du plaisir. Il y a des personnes qui ne vont peut-être pas apprécier mon travail, mais celui de Kallagan.
    On sait qu’on ne peut pas faire l’unanimité avec le rire. Chacun a ses préférences : l’humour noir, l’humour un peu trash ou l’humour du quotidien.”

    Il y a des sujets qui vous inspirent plus que d’autres ?

    Kallagan : “Oh ben, moi, c’est la chatte !” (rires)
    Mohamed Nouar : “Oh, mais on peut pas faire un article avec un mec comme ça !”
    Mickaël Montadir : “Mais lui, pour le coup, c’est pas une vanne.”
    Mohamed Nouar : “Il écrit ses sketches avec un vagin !” (rires)
    Mickaël Montadir : “Après le rappeur Doc Gynéco, l’humoriste !”

    Vous venez avec des spectacles déjà bien ficelés ou vous laissez un peu de place à l’improvisation ?

    En chœur : “Il y a toujours de l’improvisation !”
    Mickaël Montadir : “On essaie un peu de se familiariser avec la culture locale pour qu’ils se reconnaissent, et qu’on voit un petit peu la différence entre notre
    culture et la vôtre. Il y a toujours un décalage qui est sympa,
    un clin d’œil. Même quand on joue en province, on se moque toujours un petit peu de la ville dans laquelle on va pour qu’ils se sentent concernés dès le départ.”

    Votre pire souvenir sur scène ?

    Mickaël Montadir : “Charly en a beaucoup.”
    Charly Nyobe : “Haha ! J’en ai, mais j’ai vu aussi Mickaël souffrir. (rires) Mais oui, le moment le plus douloureux pour un artiste, c’est de se prendre un bide, un silence, ça, c’est très dur pour nous. C’est ce qu’on redoute le plus.” K

    Propos recueillis par V.H.

     

    Pratique

    – À Raiatea, jeudi 2 juin au Raiatea Lodge Hotel à partir de 18 h 30.
    Billets en prévente uniquement auprès de Violetta au 87.29.21 70.
    Tarifs : 3 000 F adultes ; 2 000 F enfants de 12 à 18ans. Plus d’infos sur FB Raromatai Event.
    – À Tahiti, vendredi 3 juin à La Casa Mahina à partir de 20 h 30.
    Billets en prévente à la Casa Mahina, tous les jours de 11h-14h / 17h30-22h ou le soir même à partir de 18h30.
    Tarifs : 3 000 F avec un verre de punch. Possibilité de se restaurer sur place, sur réservation au 40.43.08.00. Plus d’infos sur FB Casa Mahina Thomas Arnaud ou au 87.75.98.68.
    – À Moorea, samedi 4 juin à La Plantation à partir de 20 heures.
    Billets en prévente auprès de Nathalie au 87.74.79.43.
    Tarif : 3 000 F.

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