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Les quatre institutions du Pays pleurent un “grand homme”

mardi 27 décembre 2016

Heremoana Maamaatuaiahutap

(© Marie Guitton)


Les quatre institutions du Pays ont adressé lundi leurs condoléances à la famille de John Taroanui Doom.

“La Polynésie perd une grande figure qui continuera de marquer les mémoires par la force de ses engagements. Homme de culture et de convictions, John Taroanui Doom a œuvré toute sa vie au service des Polynésiens, écrit le gouvernement. C’était un homme d’une profonde humanité, qui aimait le peuple polynésien, sa culture et ses langues. Il laissera à tous ceux qui l’ont côtoyé le souvenir de sa grande bonté, de son esprit vif et de sa détermination. C’est l’ensemble de la Polynésie qui pleure aujourd’hui un grand homme, un sage, un guide.”

Marcel Tuihani, au nom de l’assemblée de la Polynésie qu’il préside, salue en particulier le “fervent combattant contre le nucléaire” que fut John Doom, tandis que René Bidal, le plus haut représentant de l’État au fenua, remarque que même sur cette question, cet “homme de dialogue et de conviction a su entretenir avec ses interlocuteurs, notamment les haut-commissaires, des relations empreintes d’exigence et de respect mutuel”.
Rendant hommage aux “réelles valeurs humaines dont Monsieur John Doom, tout au long de sa vie, a su faire montre”, René Bidal rappelle aussi qu’il “a contribué à mettre la langue tahitienne à la portée des nouvelles générations en veillant à ce qu’elle évolue avec son temps, afin qu’elle reste une langue vivante”.

Ses confrères du conseil économique, social et culturel (CESC) tirent eux aussi leurs chapeaux bas à celui qu’ils appelaient “Papy Doom”, pour son implication de chaque instant : “Pendant sa mandature au CESC, il a exprimé haut et fort sa passion pour la culture et l’environnement en présentant des avis sur des projets de loi du Pays tels que le statut des artistes, la protection du patrimoine culturel, ou encore les espaces naturels et protégés”, souligne la quatrième institution du Pays, en évoquant un “homme de culture hors pair, et franc défenseur du reo ma’ohi”.

Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre de la Culture, proche de la famille Doom
“Qu’on porte tous le chapeau (aujourd’hui) pour lui rendre hommage”

“Johnny et Yann (les deux fils de John Doom, NDLR) sont des copains d’enfance. John, ma mère le connaît depuis son plus jeune âge, et il fut un long compagnon de route de mon père. Ils ont compté tous les deux parmi les premiers journalistes en langue tahitienne à l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française, NDLR), et ne se sont jamais réellement quittés. Je pense qu’ils sont déjà en train de discuter de sujets comme la langue et d’autres choses !

John Doom, c’était quelqu’un de très calme, mais avec une force qui s’impose. C’est un roc, quelqu’un qui donnait l’impression d’être indestructible. C’est un vrai metua qui s’en va.
Donc c’est une grosse perte pour la culture, pour les langues, mais aussi pour l’histoire de notre pays. Ce fut un témoin privilégié d’une époque encore peu connue faute d’informations.
Son héritage, je pense que ce sera surtout, au-delà de son combat pour les langues, ce combat pour la reconnaissance du fait nucléaire, des maladies radio-induites et de tout ce qu’il y a eu comme tractations opaques autour de la période des essais.
Je pense qu’il avait encore beaucoup à nous dire. Je lance un appel : qu’on porte tous le chapeau demain (aujourd’hui, NDLR), pour lui rendre hommage.”

 

 

Oscar Temaru

(Photo : Archives LDT)


Oscar Temaru, au nom du groupe UPLD de l’assemblée de la Polynésie
“’Ua hi’a te Väna’a Nui”

“John Taaroanui Doom, que nous surnommions tous affectueusement ‘tonton John’ citait souvent l’Ecclésiaste chapitre quatre en son verset premier : “Ua mana’o faahou ihora vau i te mau hamani inoa atoa i ravehia i raro a’e i te mahana nei ; e inaha te roimata o te feia i hamani ino-hia ! Aita râ o ratou e haamahanahana : e te mana hoi tei te paeau hamani ino ra, aita râ o ratou e haamahanahana”.
Et ce n’est pas faire offense au membre fondateur du Fare vana’a que d’utiliser ici la graphie dite de l’Église protestante. Car l’homme de lettres était aussi un homme de la Parole divine, et avant tout un humaniste ouvert et curieux de tout. C’est cette curiosité qui l’avait conduit à assister au premier tir aérien, dont la monstruosité lui est apparue aussi immédiate qu’évidente. Le combat anti-nucléaire avait trouvé en lui un guerrier pacifique mais déterminé. (…)
Tonton John, ua vaiho mai ‘oe ia mätou, ua ‘ite ra ‘oe te vai ra te u’i äpï e amo te ‘ohipa ta ‘oe i ha’amata. Ia maita’i to tere.”

 

 

Taaroanui Maraea

(© Archives LDT)


Taaroanui Maraea, président de l’Église protestante ma’ohi
“Il a beaucoup donné à la société polynésienne”

“John Doom a beaucoup apporté à l’Église protestante ma’ohi, pour laquelle il a travaillé plus de cinquante ans. Mais il a aussi et surtout beaucoup donné à la société polynésienne, c’est ce qui importe le plus pour nous.
Il a fait partie des premiers à œuvrer pour l’œcuménisme, le rassemblement des Églises dans la région Pacifique et à Tahiti, avec le pasteur Samuel Raapoto.

Il a aussi beaucoup apporté sur le plan culturel et linguistique, pas seulement en tant que membre de l’Académie tahitienne, mais déjà quand il était journaliste à l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française, NDLR). C’est l’un des premiers, avec ses collègues, à avoir essayé d’insérer dans la diffusion des journaux radiodiffusés la langue tahitienne. À cette époque-là, il fallait beaucoup de courage pour le faire.”

 

 

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