Quelles pistes pour sauver les retraites ?

    jeudi 30 juillet 2015

    “On est au pied du mur. On a même le nez sur le mur…” C’est en ces termes qu’Olivier Kressmann, le président du Medef polynésien, décrit aujourd’hui le système des retraites, dont les caisses devraient manquer de liquidités à partir de mars 2016.
    Depuis plusieurs mois, des représentants du gouvernement et de la Caisse de prévoyance sociale (CPS) se réunissent, une fois par semaine, pour tenter de sauver la protection sociale généralisée (PSG) du fenua. 
    Ces travaux, qui arriveront à terme le 6 août, devraient déboucher sur une réforme votée avant la fin de l’année. Mais pour l’heure, Tea Frogier, la ministre du Travail et des Solidarités, “pense qu’il est encore prématuré de s’exprimer” sur le sujet. Le problème n’est pas simple, en effet. 
    Il y a d’abord l’abyssal déficit de l’assurance-maladie, estimé à plus de 15 milliards de francs. Ensuite, par corrélation, la question du maintien des capacités de financement de l’assurance-vieillesse, dont les caisses ont été mises à contribution pour renflouer la branche maladie de la CPS. Et enfin, la nécessaire pérennisation du système des retraites, puisque les projections 2030 font état d’1,1 cotisant par retraité, contre 5,6 en 1995. “Ce ratio met en évidence le fait que le système actuel des retraites ne peut perdurer”, souligne Olivier Kressmann.

    “Les choix vont être difficiles”

    “Depuis une dizaine d’années, on sait que l’évolution des paramètres démographiques (vieillissement de la population), économiques (baisse de l’emploi en période de crise) et techniques (augmentation des prestations maladie et vieillesse) forme un ensemble qui ne tient pas la route, abonde Armelle Merceron, représentante de l’assemblée de la Polynésie à la CPS et ancienne ministre de la Santé et de la Solidarité. Mais malheureusement, on n’a pas réussi à faire une réforme globale et structurelle à temps. Il n’y a eu que de petits ajustements.” 
    Tous les partenaires se félicitent donc que le gouvernement actuel et la CPS aient “pris le taureau par les cornes”, selon l’expression d’Armelle Merceron. “Mais on sait que les choix vont être difficiles”, ajoute-t-elle. Une chose est sûre, ils ne pourront pas satisfaire tout le monde. 
    “On va demander aux retraités de faire des efforts, les salariés devront, eux aussi, en faire pour toucher leurs pensions de retraite le moment venu”, prévient déjà Émile Vernier, du Syndicat pour la défense des retraites (Sdiraf). 
    Du côté des salariés, les syndicats se font porter pâles depuis le début de la concertation, mis à part A tia i mua. Une situation que regrettent les autres acteurs du dossier. “Il faut arriver petit à petit à un consensus sur le meilleur équilibre dans l’évolution des paramètres, souligne Armelle Merceron. Sinon, il sera du ressort du gouvernement de faire des propositions à l’assemblée.”  
    Par “paramètres”, entendez les leviers traditionnels dont dispose un gouvernement pour réformer les retraites : la durée de cotisation (qui est encore de 35 ans en Polynésie, contre 43 ans pour les métropolitains nés à partir de 1973), les taux de cotisation salariale et patronale, le mon-tant des prestations vieillesse, ainsi que l’âge de départ à la retraite. 
    D’autres solutions sont également mises en avant par les organisations salariales et patronales, comme une taxe sociale qui reposerait sur les consommateurs, un régime unique à la CPS ou la généralisation des retraites complémentaires privées. 
    Plus largement, la question de l’emploi est, elle aussi, posée. “Tout le monde aimerait que les choses soient facilitées par une reprise de l’emploi et de la croissance, qui allégerait les ajustements à faire, rappelle Armelle Merceron. Mais c’est une inconnue. L’emploi, ça ne se décrète pas.” 
    Une piste résiderait dans la révision du Code du travail, qualifié de “code des années du CEP” par Émile Vernier. “C’est-à-dire des années pendant lesquelles l’argent coulait à flot, ajoute-t-il. Ces temps sont révolus, désormais. Il faut revoir ce code pour favoriser l’emploi privé.”
    Repose donc sur les épaules de la ministre Tea Frogier, qui porte la double casquette du Travail et des Solidarités, la lourde responsabilité de mettre en place une politique cohérente et équitable entre salariés et retraités. 

    Marie Guitton

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    Carceles 2015-07-31 04:41:00
    Je touche ma retraite depuis fin 2005 et je n'ai eu aucune augmentation de ma pension depuis cette date. J'ai fait assez d'effort comme tous les retraités, ce n'est pas à nous de faire un effort aujourd'hui
    MOOREA56 2015-07-30 18:49:00
    Depuis de nombreuses années les politiques savent que le système ne pourra perdurer dans le temps ( système par répartition des retraites, etc....) mais afin d'assurer leur propre confort rémunérateur aucune décision n'a été prise afin de sécuriser notre système social. Maintenant il va falloir jouer les "pompiers" car il y a le feu dans la maison sociale . Vous avez été élus pour ne prendre que des bonnes décisions, n'ayant pas pris ces bonnes décisions vous vous devez de démissionner , allez du courage , grâce à ce que vous n'avez pas pu mettre en place vous serez récompensés comme nous tous.
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