Quelles solutions pour sauver la Protection sociale : l’équation (quasi) impossible

jeudi 7 mai 2015

La centrale syndicale A Tia i mua, présidée par Heifara Parker, a tenu hier une conférence de presse dans ses locaux de Papeete rue Clappier, concernant la PSG 2 (Protection sociale généralisée), censée sauver de la faillite le système de protection sociale.
Pour A tia i mua, il est indispensable que l’ensemble des syndicats participent aux réunions de discussions, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui : « A Tia i mua et Otahi sont les seuls syndicats qui participent régulièrement aux discussions de travail concernant la réforme de la PSG alors que nous devons faire face à un sauvetage qui concerne tous les salariés mais aussi l’ensemble de la population avec le RST. Les pistes de travail concernant la maladie ont été abordées et des solutions seront proposées. Prochainement nous allons discuter de la retraite, et il faut que tout le monde s’assoie autour de la table. Le cahier des charges du gouvernement prévoit la fin des travaux préparatoires à la fin du premier semestre avant les arbitrages politiques en juillet. Certains syndicats avancent le fait que la dette nucléaire doit être remboursée par l’État, mais de quels chiffres parle-t-on ? 37 milliards Fcfp il y a deux ans, 50 milliards Fcfp aujourd’hui et même 90 milliards Fcfp selon l’assemblée. Si l’on veut fédérer l’ensemble des syndicats sur cette dette, qu’on nous donne les vrais chiffres et qu’on en discute tous ensemble ».
 
Le signal d’alarme tiré par A Tia i mua depuis 10 ans
 
Pour Heifara Parker, la situation aujourd’hui de quasi faillite du système aurait pu être évitée si l’ensemble des syndicats patronaux et de salariés avait écouté les avertissements de A Tia i mua en 2004 : « Nous avions annoncé il y a dix ans que nous allions dans le mur si nous ne prenions pas des décisions pour sauver les régimes de protection sociale. Personne ne nous a écouté et aujourd’hui on voit bien que nous sommes dans une situation critique. Les gouvernements successifs ont également une grande part de responsabilité dans cette situation, aucun n’a eu le courage de prendre les décisions qu’il fallait. Si nous avions réagi avant, en lissant les effets des réformes sur le temps nous ne serions pas obligés aujourd’hui de prendre les décisions douloureuses annoncées par le président Fritch ». Pour Heifara Parker « l’enjeu n’est rien moins que la solidarité collective des Polynésiens fondatrice de leur vie en commun aujourd’hui et demain », et de demander l’application de certains principes : « A Tia i mua demande que les pensions de retraite du minimum vieillesse soient inférieures à celles des anciens salariés qui ont cotisés, que la réaffectation des produits de la CST soit fait à la CPS pour la transparence du financement de la solidarité, et que la réaffectation du 1% du logement soit fait au profit de la CPS, que son application soit faite au 1er franc du salaire au profit d’un nouvel opérateur du logement social, géré par les partenaires sociaux et à destination des salariés ».
En ce qui concerne la retraite, A Tia i mua préconise d’étudier la faisabilité de fondre la tranche B et de réformer la tranche A dans l’extension de la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO au 1er franc en Polynésie. Selon la centrale syndicale, « cela permettrait de compenser la perte de la tranche B, de réduire et stabiliser les charges de la tranche A des nouveaux retraités, et ouvrirait des droits à retraite sur la totalité du salaire perçu ». Si rien n’est fait pour sauver le régime de retraite, le syndicat précise que les réserves disponibles seront épuisées en 2016 avec les conséquences inévitables que cela pourrait avoir sur le paiement des retraites en cours et celles à venir.
Pour l’assurance maladie, A Tia i mua préconise une réforme en cinq points dont l’adoption en urgence des lois de Pays exonérant de cotisations à la CPS les avantages de retraite, mutuelles santé et prévoyance, ainsi que les prestations offertes aux salariés par les comité d’entreprises ayant fait l’objet d’un accord collectif ».
 
Pascal Martin

Lire l’intégralité de l’article dans La Dépêche de Tahiti du 7 mars ou au feuilletage numérique.

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