Ce qu’il faut retenir de la première rencontre entre Macron et Poutine

    mardi 30 mai 2017

    poutine macron

    Vladimir Poutine et Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse clôturant un déjeuner de travail, à Versailles. (© AFP)

    Les sujets de discussions n’ont pas manqué. Pour leur première rencontre, les deux hommes ont respecté un protocole soigné sans pour autant respecter le formalisme d’une visite d’État.

    Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ont ainsi déjeuné hier au restaurant étoilé du Grand Trianon, à Versailles, en marge d’une exposition consacrée au Tsar réformateur, Pierre le Grand. Un prétexte historique célébrant les 300 ans de relation franco-russe, pour une rencontre à haut risque diplomatique.

    Au menu, les conflits ukrainien et syrien, un compte rendu des sommets de l’Otan et du G7 comme les droits des homosexuels en Tchétchénie.
    La Syrie. Lors d’une conférence de presse donnée dans la galerie des batailles du château de Versailles les deux chefs d’État ont martelé leur volonté de travailler de concert notamment contre “la peste du XXIe siècle” qu’est le terrorisme.

    Saluant le “dialogue entre la France et la Russie qui n’a jamais cessé”, qui s’inscrit selon Emmanuel Macron dans “une histoire qui nous dépasse”, le président de la République est revenu sur son souhait “d’organiser une transition démocratique en préservant l’État syrien.”

    L’occasion de rappeler “une ligne rouge très claire de [son] côté : l’utilisation d’arme chimique. Toute utilisation fera l’objet de représailles et d’une riposte immédiate de la part des Français”, a-t-il tonné. En réponse, Vladimir Poutine, a redit sa volonté de “dépasser les points de frictions”, tout en rappelant la position Russe : “nous considérons que nous ne pouvons pas lutter contre le terrorisme en faisant tomber l’État.”

    L’Ukraine. Quant au cas ukrainien, les deux chefs d’État se sont prononcés pour une “désescalade”, en réunissant une nouvelle réunion sur le format “Normandie”, réunissant l’Ukraine, la Russie, l’Allemagne et la France. Dans ce cadre, le chef de l’État français a plaidé pour qu’un “bilan complet de ces éléments puisse être partagé» et «en particulier” que “nous puissions avoir accès à un rapport détaillé de l’OSCE qui s’assure d’éléments structurants et importants dans la région.”

    Les droits de l’Homme. Sur les actes homophobes commis en Tchétchénie, Emmanuel Macron a rappelé : “l’importance de sujets qui touchent nos valeurs et nos opinions publiques, le respect de toutes les minorités et de toutes les sensibilités”, soulignant “le cas des LGBT en Tchétchénie comme de certaines ONG”.

    “Je serai pour ma part vigilant sur ces points qui correspondent à nos valeurs, a-t-il appuyé. Le président Poutine m’a indiqué avoir pris plusieurs initiatives sur le sujet des personnes LGBT en Tchétchénie avec des mesures visant à faire la vérité complète sur les activités des autorités locales et régler les sujets les plus sensibles.” Les deux chefs d’État ont également acté la création d’un “forum Franco-Russe de la société civile”, permettant à “notre communauté de recherche, d’enseignement et notre jeunesse” d’échanger et de travailler d’avantage ensemble.

    Le dialogue franco-russe. Malgré les suspicions d’immixtion russe durant l’élection présidentielle française, Emmanuel Macron a voulu prendre le contre-pied de son prédécesseur en réinstaurant un “dialogue exigeant” avec son homologue. Une volonté qui ne l’a pas empêché de mettre directement en cause deux médias officiels russes durant sa campagne : “Russia Today et Sputnik ont été des organes d’influence et de propagande”, a-t-il souligné. Vladimir Poutine a quant à lui lancé un appel pour la fin des sanctions économiques contre son pays.

    “Vous avez demandé comment les sanctions contre la Russie pourront aider à régler la crise dans l’est de l’Ukraine ? Et voilà la réponse: aucunement ! Luttez pour la suppression de toutes les restrictions dans l’économie mondiale”, a lancé le président Poutine.

    Suite à leurs désaccords, François Hollande avait refusé la venue du président Russe à Paris pour l’inauguration de la cathédrale orthodoxe de la Sainte Trinité au quai Branly. Cet affront appartenant au passé, Vladimir Poutine s’est affiché comme prêt à travailler avec un quatrième président Français.

     

    AFP

     

     

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