Quotas, répartition : le gouvernement place son curseur sur les questions de migration

lundi 18 mai 2015

Non aux quotas, oui à une « répartition solidaire »: le gouvernement a voulu clarifier ce week-end où il fixe le curseur en réponse aux propositions de la Commission européenne sur le thème politiquement sensible de l’immigration.
« Je suis contre l’instauration de quotas de migrants », a déclaré samedi Manuel Valls lors d’une visite à la frontière franco-italienne.
Le Premier ministre s’exprimait après la présentation par Bruxelles d’un plan prévoyant d’imposer une distribution équitable des réfugiés et, en cas de crise, un transfert des demandeurs d’asile entre les États de l’Union européenne.
« Sur 28 pays de l’Union européenne, cinq seulement accueillent 75% des demandeurs d’asile », a abondé lundi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, plaidant pour un « mécanisme de répartition solidaire de ce qui relève du statut de demandeurs d’asile » tenant compte « des efforts déjà faits » par les pays « en matière d’accueil ».
Mais « on joue sur les mots », déplore Jean-Pierre Alaux du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti).
La Commission prévoit d’une part « la mise en place provisoire d’un mécanisme de répartition des personnes ayant besoin d’une protection internationale, selon une clé de distribution » (c’est-à-dire la relocalisation) et d’autre part « un programme de réinstallation au niveau de l’UE offrant 20 000 places dans l’ensemble des États membres sur la base de critères de répartition ».
Pour M. Alaux, le problème n’est pas tant la « réinstallation » de 20 000 réfugiés que la révision, à terme, du « règlement de Dublin », prévoyant une prise en charge des demandeurs d’asile dans le pays où ils arrivent. « Et cela, assure-t-il, le gouvernement n’en veut pas », alors qu’il s’apprête à présenter un texte sur le droit des étrangers à l’été.
Car la proposition de Bruxelles fait des vagues dans l’opposition. Le président de l’UMP Nicolas Sarkozy a réclamé un « Schengen 2 », tandis que la dirigeante du Front national Marine Le Pen accusait MM. Valls et Sarkozy d’être « soumis à la politique d’immigration massive » de l’UE.
Une crispation qui ne coïncide pas forcément avec l’opinion publique puisque, selon un sondage, 62% des Français sont favorables à l’instauration de quotas pour les demandeurs d’asile.

AFP

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