Le RAA continue de sévir, la direction de la santé mobilisée

    vendredi 19 mai 2017

    laurence bonnac theron

    Selon Laurence Bonnac-Théron, directrice de la santé, le dépistage du rhumatisme articulaire aigu a permis de montrer que la maladie est toujours présente au fenua. (© Jennifer Rofès)

    Le rhumatisme articulaire aigu (RAA) est une maladie grave, toujours très présente en Polynésie. L’année dernière, deux médecins de la direction de la santé avaient procédé à un dépistage de la maladie en milieu scolaire. Ils s’étaient rendus dans des écoles de Moorea puis de Tahiti, munis d’un échographe portable, un appareil qui permet d’observer le cœur des enfants. Car cette maladie peut engendrer des atteintes cardiaques. Dû à un streptocoque du groupe A, le RAA se déclare très souvent quelques jours après une banale angine ou rhinopharyngite.

    Selon Laurence Bonnac-Théron, directrice de la santé, ce dépistage a permis de montrer que le RAA était toujours très présent sur le territoire et qu’il fallait absolument informer la population sur cette maladie.

    “Le RAA touche les enfants et les jeunes adultes, jusqu’à 25 ans. Un enfant qui se plaint de ses articulations, qui a une petite fièvre en association avec une infection de la sphère ORL, en particulier de la gorge, il faut se méfier et aller consulter un médecin car cela peut être un
    RAA.”

    Pour l’heure, la direction de la santé a décidé de réaliser une enquête épidémiologique qui se fait par échantillonnage. Dans le même temps, il est question de reprendre la formation de certains des professionnels de santé publique qui vont devoir étudier la faisabilité d’un dépistage de masse.

     

    Des campagnes de communication

     

    “Le dépistage a permis de montrer que l’utilisation de l’électrocardiographe portable était une solution, mais il nécessite quinze jours de formation des professionnels et une utilisation intensive pour son bon maniement. Ce sont des appareils fragiles qui coûtent 1,2 million de francs. Aujourd’hui, nous en possédons deux, ce qui n’est pas suffisant. C’est pour cela que nous devons réaliser une étude de faisabilité car il nous faut savoir combien cela coûterait, comment nous l’intégrerions… Il faut aussi que nous déterminions si cela a un réel intérêt pour le patient, à savoir si ce dépistage de masse serait plus efficace que la mise en place de formations régulières pour les professionnels”, explique la directrice de la santé.

    Par ailleurs, l’enquête épidémiologique devrait permettre à la direction de la santé de déterminer pourquoi certaines formes sévères du RAA se sont déclarées, ces deux dernières années.

    “Cela nous permettra de prendre des mesures, comme mettre en place un suivi accru des malades si nous constatons que toutes les formes graves et dramatiques du RAA viennent de rechutes de patients qui auraient arrêté leur traitement. Ou si ces formes graves viennent du fait que la population a un peu oublié ce diagnostic et cette maladie et qu’elle ne vient plus consulter, ou si la maladie a changé de forme. Il faut chercher ce qui peut nous rendre plus efficace, avec les mêmes moyens.”

    La direction de la santé compte également relancer des campagnes de communication sur le sujet auprès de la population. 

    Jen.R.

     

    laurence theron

     

     

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