RAIATEA – Cinquième soirée de chants et danses au Heiva de Tumaraa

    mardi 28 juillet 2015

    Malgré l’absence d’une partie de ses fidèles, retenus pour l’inauguration de l’École pastorale de l’Église protestante maohi, à Taha’a, la cinquième soirée de concours du Heiva n’a pas manqué d’attirer de nombreuses personnes. Ce dernier rendez-vous d’un long programme de festivités était attendu avec anxiété. Il n’est jamais facile de danser seul sur du sable face au public. Quant aux musiciens des orchestres, ils ont trois minutes pour exprimer leurs recherches musicales. Les jeunes des cinq groupes, Tehurui, Orama Ora, Tevaitoa nui, Fetuna et Vaiaau nui, ne se sont pas dérobés aux concours des meilleures danseuses, danseurs et couples, qui font appel aux moins timides d’entre eux. La moyenne d’âge tourne autour de 16, 17 ans, le plus “vieux” affiche ses 23 ans sans complexe. “Danser devant des amis est une chose, mais se produire face à des centaines d’inconnus est beaucoup plus difficile”, explique un danseur qui avoue être extrêmement stressé avant sa prestation. “On n’a jamais participé à ce genre de concours. Ce n’est pas comme à Tahiti, nous ne sommes pas des professionnels à Tumaraa. On donne tout ce qu’on a dans la tête et dans les jambes, le jury fera son choix, on acceptera les places, premier ou dernier, c’est pareil, on a dansé pour se faire plaisir.”

    Ils tapent sur des bambous

    Au titre des meilleurs, on retiendra les prestations solos d’un aito, Ariipaea, 19 ans, représentant les tamarii Fetuna, de la belle Mahana, 16 ans, pour les tamarii Tevaitoa nui. Les chorégraphies des couples sont magnifiques, le jury aura bien du mal à départager les concurrents, qui ont offert le meilleur d’eux-mêmes. Tous les participants ont reçu de vibrants applaudissements pour leur courage et leurs sourires. Le meilleur de la soirée a permis d’apprécier le talent des compositeurs locaux, avec le concours des orchestres. Ils se sont exprimés selon les critères de la tradition. Ils l’ont tous rappelé avant d’exécuter leurs compositions avec les instruments connus et d’autres bien moins courants : pierres plates, cailloux de rivière, xylophone de bambou, et flûte de Pan. Le strict respect des consignes a ouvert la voie à la recherche musicale et l’on a eu la surprise de découvrir des sons rarement entendus dans un orchestre. “Le plus important c’est la musique” a commenté le chef de l’orchestre des tamarii Orama Ora, qui a avoué le manque de diversité d’instruments. “C’est la première fois que nous participons à ce concours, nous nous sommes préparés avec ce que l’on connaît.” Le public a soutenu de la voix et du geste les deux plus jeunes musiciens de la soirée, Mainui, 10 ans batteur, et Moearii, 13 ans, au pahu, des tamarii Vaiaau nui qui représentent avec talent une nouvelle génération de percussionnistes.
    La sixième soirée de chants et danses, le 29 juillet, donnera la voix au jury, qui attribuera des places et des prix sur ce qu’il a vu et entendu durant les trois semaines de fête traditionnelle.

    De notre correspondant Jean-Pierre Besse

     

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