RAIATEA – Le maire fait le point sur la Communauté de communes et la prévention cyclonique

    mardi 6 octobre 2015

    Interrogée sur quelques sujets d’actualité, Sylviane Terooatea, le tavana de Uturoa s’exprime. Au sujet de la Communauté de communes mise en œuvre par les deux autres communes de l’île, elle fait part des spécificités de Uturoa dans le domaine de la gestion des déchets, mais reste à l’écoute. La saison cyclonique, qui s’annonce particulièrement risquée cette année, réclame une préparation et une information appuyée de la population.

    LDT : La Communauté de communes Hava’i prend de l’ampleur, Uturoa va-t-elle y adhérer ?
    Sylviane Terooatea : “Mutualiser les moyens, c’est toujours une initiative intéressante, mais je persiste à penser qu’il faut y transférer ce qui ne fonctionne pas bien dans les communes. Là, je parle du traitement des déchets qui représente un gros souci dans nos îles, et dans ce cadre je suis d’accord, mais pour le reste, c’est un gros problème car Uturoa ne ramasse pas le même type de déchets que les communes de Tumaraa et Taputapuatea. À l’inverse de celles-ci, qui sont plutôt rurales, nous avons un hôpital, des lycées, des bateaux de croisières… J’ai aussi plusieurs centres commerciaux, et pour ces derniers, je suis obligée d’assurer un ramassage quotidien, et pas une ou deux fois par semaine. Par ailleurs, il y a aussi des marinas et des garages qui font des vidanges et récupèrent des batteries. Autant de types de déchets différents, que la commune est obligée de stocker avant de les embarquer pour Papeete. Pour avancer dans ce projet de communauté, j’ai demandé aux deux communes que soit étudiée cette question spécifique, en l’élargissant à ces déchets particuliers. Si je décide de transférer la compétence de ces déchets à la communauté de communes, je transfère les moyens financiers, je transfère le parc à matériel, et je ne gère plus cette compétence. Alors, quid des déchets de l’hôpital ? Quid de tous les autres types particuliers de déchets à prendre en compte ? Un domaine distinctif, pour lequel j’avoue ne pas avoir de réponse pour l’instant, et tant que ces compétences ne me seront pas confirmées sur ce plan, je ne pourrais pas les transférer.”

    La Communauté de commune n’est-elle pas également un facteur de développement économique ?
    “Je reconnais que pour d’autres domaines, comme le développement économique, c’est bien, mais la Communauté de commune Hava’i a choisi de développer les produits bio car les communes qui la composent sont composées de nombreuses terres agricoles et donc, d’agriculteurs, mais moi je ne me retrouve pas dans ce secteur, car nous n’avons que des faa’apu à Uturoa. D’autre part, Tumaraa et Taputapuatea recèlent de sites historiques, comme les marae, et qui attirent de nombreux visiteurs, mais il n’existe pas de projet dans ce domaine culturel. Je suis favorable à ce transfert de compétences à la communauté et aux avantages qu’elle accorde. Il faut transférer les moyens, et l’État sera là pour nous soutenir, mais tant que je n’aurais pas de vision claire sur le traitement des déchets distinctifs je ne pourrais pas m’engager.
    Et je pose aussi la question au sujet des compétences que le Pays doit aux communes et qu’il n’a toujours pas entérinées : si l’on n’a pas reçu ce transfert, il n’est pas possible d’exercer une compétence, et là, je crois qu’il y a un vide juridique.”

    La décharge de Tepua peut-elle encore accueillir des déchets ?
    “Je vais être franche : cela fait pratiquement 20 ans que l’on accumule les déchets à cet endroit, et après en avoir repoussé les limites au maximum, il n’y a aujourd’hui plus de place. La commune s’est dotée d’un bulldozer, et cela permet de faire des couches de terre, pour stabiliser et compacter, je suis désolée de dire ça, mais c’est devenu un véritable “tiramisu”.

    Comment se passent la collecte et le traitement des déchets biologiques de l’hôpital ?
    “Le traitement des déchets de soins médicaux est d’abord une question de gestion, avant d’être une question technique, et mérite que l’on y apporte une attention sanitaire particulière. Ces déchets spécifiques sont tout d’abord conservés dans la structure hospitalière, dans un congélateur, en attendant d’être confiés à un service spécialisé. Pour cela, j’ai demandé que le gestionnaire de l’hôpital se rapproche des services mortuaires, et ce sont eux qui se chargent du transfert, après avoir informé la commune. Par ailleurs, il a été demandé que le placenta des accouchées soit conservé, afin que les mamans puissent rentrer chez elles avec le placenta de leur bébé et qu’elles puissent l’enterrer selon la tradition. Celui-ci est enterré avec une pousse qui deviendra un arbre, car cela fait partie de la culture polynésienne, en fait, c’est le pito (nombril) de leur enfant. Il y en a qui le font, d’autres non, et dans ce but j’ai fourni à l’hôpital des îles Sous-le-Vent une concession gracieuse au cimetière.”

    Y a-t-il un traitement particulier pour ce qui concerne les produits émanant des garages ?
    “Des containers tampon leur ont été fournis pour le stockage des huiles de vidange, et nous avons également des containers pour conserver ces produits au parc matériel de la commune, avant de les envoyer sur Papeete. Nous récupérons également les batteries, les piles et les canettes, et les embarquons sur les bateaux en partance pour les structures de retraitement, mais cela nous coûte cher. Il faut d’abord les emmener au quai, les charger sur les goélettes, et une fois arrivés à Motu Uta, il faut à nouveau les transporter jusque sur le site de traitement, sans oublier d’assurer le retour des “big bag”. Le tarif communal de ramassage quotidien des déchets ménagers est fixé à 12 000 Fcfp par an ; ce n’est pas cher, et pour ce prix nous assurons le ramassage mensuel des encombrants. Ils sont broyés à la décharge de Tepua. Pour les déchets verts, nous avons un broyeur mobile. Il n’y a pas encore de délibération mise en place pour le compost. Nous avons également des PAV (Points d’apport volontaires), mais nous y retrouvons malheureusement encore des choses qui ne devraient pas s’y trouver. Avec les jeunes en contrat de service civique, nous allons donc reprogrammer les campagnes de visites dans les quartiers, afin de re-sensibiliser la population.”

    Comment vous préparez-vous à l’arrivée éventuelle d’un cyclone ?
    “On nous annonce une période cyclonique assez violente et nous devons nous y préparer. Pour cela, nous avons réuni tous les services de la commune afin d’activer le Plan de sauvegarde communal (PCS). Avec la collaboration de la cellule sociale, celle d’animation, et les agents du service civique de la commune, nous allons mettre en place un programme de visites dans les quartiers à partir du lundi 5 octobre (hier, ndlr) et jusqu’au vendredi 9 octobre, pour distribuer le flyer d’information du haut-commissariat et celui de la commune. Les particuliers y trouveront les comportements à tenir en phase d’alerte cyclonique, avant, pendant et après, ainsi qu’en cas de tsunami. Dans ces configurations, nous avons répertorié 12 centres d’hébergement, et dans un premier temps nous avons rencontré les chefs d’établissements des collèges et des lycées, mais il y a d’autres centres qui ont été réservés. Dans le cadre de ces préparatifs, nous allons faire du porte-à-porte pour expliquer aux gens que nous interviendrons pour un programme d’élagage, en partenariat avec le Service de l’équipement et le Service du développement rural (SDR), et qu’ils devront prévoir des denrées alimentaires, car lorsque le cyclone sera là, ils ne devront plus bouger. En ce qui nous concerne, nous ne bougerons pas également, car je ne souhaite pas mettre en danger mes agents ; nous interviendrons après. Le chef de corps du centre de sécurité va, quant à lui, passer dans les écoles pour sensibiliser les chefs d’établissements. Nous sommes également en train de changer nos poteaux les plus anciens, et si l’alimentation électrique est coupée, nous serons malgré tout à même de continuer à fournir de l’eau car nous avons installé des groupes électrogènes à chaque station de pompage. Nous pourrons ainsi plus facilement gérer un problème à la fois.”
    “La commune va enfin débâcher son chapiteau à partir de la semaine prochaine, car trois semaines sont nécessaires à nos équipes pour tout mettre en ordre. Il n’y aura donc pas, cette année, de gradins pour le passage de la course Hawaiki Nui va’a, et j’en suis désolée.” K

    Propos recueillis par notre correspondant Jean Claude Bocher

    trebel 2015-11-15 07:19:00
    Bonjour depuis 2 jours je reçois des messages sur mon face book , de la part de Sylviane TEROOTEA , me demandant de remplir un formulaire pour pouvoir bénéficier d une aide de financement sans être rembousser , alors que j habite en france et que je ne fais partie d aucun partie politique , je suis une simple femme aux foyer, veillez vérifier le face book de cette mairesse , je pense qu il s agit d une arnaque !!!!
    Cordialement!!!
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