Raiatea – L’étrange destinée des Caddie

    lundi 26 décembre 2016

    Uturoa caddie

    Un supermarché vient de mettre en service une trentaine de Caddie. Ils serviront pour l’ensemble des achats dans les trois commerces de détail de Uturoa. Après ils seront abandonnés au hasard des places de parking. (© Jean-Pierre Besse)

    Le phénomène est entré dans les mœurs, avec la période des achats de fin d’année la grande migration des Caddie de Uturoa a repris sans que rien ne vienne la freiner.
    Les gérants des trois supermarchés du centre-ville déplorent une fois de plus une situation qu’ils ne maîtrisent pas. Ils tirent le signal d’alarme, mais à quoi bon, voilà plus de dix ans que les Caddie mis en dépôt sur la voie publique disparaissent et qu’ils en commandent pour assurer le service à la clientèle.

    “C’est une véritable perte et nous ne pouvons rien faire”, souligne l’un d’eux. “Nous déplorons la disparition de plus de 100 Caddie par an. Je viens d’en recevoir 60, la facture s’élève 1 200 000 F, mais je n’en mets en service que la moitié, pour combien de temps, c’est là le grand problème. Il faut faire le tour des parkings de la ville tous les soirs pour les récupérer, et il en manque toujours un ou deux.”
    Une partie du mystère de la disparition des chariots a été levée, il y a quelques années quand le premier nettoyage de la marina de Uturoa en a sorti plus d’une vingtaine du fond, totalement irrécupérables.
    On en sort toujours, moins certes, à chaque plongée de nettoyage annuel inscrit sur le calendrier des manifestations de la Tahiti Pearl Regatta.

    Le Caddie à Uturoa ne finit heureusement pas toujours son existence au fond du lagon. Il se recycle comme porte-poubelle, container de détritus de jardin, berceau pour les nouveau-nés, chariot privé pour l’usage familial et barbecue.
    Cette fin d’année, il semble faire partie des cadeaux de Noël. “Les clients ne s’embarrassent pas de considération”, déclare un autre commerçant qui est devenu spectateur du phénomène et ne désire pas, pour le moment, remplacer ses chariots disparus.
    “On charge le Caddie plein de marchandises directement dans la benne du 4×4 et l’on part avec, direction le district. Pour la clientèle de Taha’a, c’est autre chose, on embarque tout à bord des navettes. C’est le bilan que j’ai fait après plusieurs semaines d’observations et de recherches.”

    Un Caddie made in China coûte 20 000 F et la consigne de 100 F n’est plus le frein à l’emprunt.
    “C’est tout simplement du vol”, relèvent les commerçants désabusés.
    Ils font appel au civisme de la clientèle et soulignent qu’aux États-Unis, il n’y a pas de consigne sur les chariots qui sont retournés à leurs coins de dépôt après usage.
    “Mais là-bas, c’est une autre mentalité et la police réprimande sévèrement ceux qui les emportent”, poursuivent-ils.
    Alors ils lancent tous ce message : “Servez-vous des Caddie pour faire vos achats, mais remettez-les là où vous les avez pris. Merci.”

     

    De notre correspondant
    Jean-Pierre Besse

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