Raiatea : Moana Otomimi, pêcheur professionnel de père en fils

    dimanche 24 mai 2015

    La mer est le vivier quotidien des insulaires, et il faut souhaiter qu’elle le demeure encore pour de nombreuses générations, car pour beaucoup de chefs de famille elle est aussi source de revenus.
    Malheureusement, ce vivier marin est de plus en plus menacé par la pollution humaine mais aussi par la surpêche, entretenue par des pays à la démographie galopante. Mais à ce jour, pas d’inquiétude au fenua, les pêcheurs des Raromatai arrivent encore à faire vivre leurs familles.
    Marié à Tetuanui, qui lui a donné deux beaux enfants : Rainui 9 ans et Ramanui 3 mois, Moana Otomimi est fils de pêcheur, et ce legs filial intégré dès le plus jeune âge s’est, au fil des années, transformé en passion puis en véritable métier. Un métier qui lui permet de vivre décemment, mais qui l’oblige à sortir en mer tous les jours, et affronter une météo parfois capricieuse, avec Fatu i’a (littéralement : Propriétaire des poissons) son poti marara (canot rapide pour la pêche à l’exocet). Un bateau adapté à une navigation dans le clapot court et qui, s’il a perdu sa faculté de pêcher les poissons volants, se trouve parfaitement adapté à la chasse aux mahi mahi (dorade coryphène). Des poissons agiles dont le poids peut aller jusqu’à 20 kg, et mesurer jusqu’à 2 mètres pour 40 kg.

    Ce poisson très rapide, peut atteindre des vitesses dépassant les 50 nœuds. Une rapidité de progression qui a nécessité une adaptation des embarcations qui les prennent en chasse, et notamment un palonnier permettant de virer pratiquement à 90°. Mais si Moana en a fait une spécialité, il ne néglige pas non plus les thons et les haura qui s’accrochent à ses leurres, notamment les jours de concours de l’association Toa Huri Nihi, où il est inscrit. Les jackpots confortables qu’il est possible de récupérer lors de ces compétitions, attirent de nombreux participants, amateurs et professionnels, et lorsqu’un pêcheur a la chance d’en décrocher un, c’est comme un peu de beurre en plus dans le ma’a.
    Lorsque la saison des concours est passée, le quotidien reprend le dessus et c’est Tetuanui, qui en plus d’élever les enfants, assure la commercialisation. Elle a ses clients, particuliers, hôtels, ou encore sur le côté de la route. Sa maman fait partie du staff des concours de Toa Huri Nihi, et c’est un peu toute la famille qui est concernée par les produits de Moana et du moana (le grand bleu).

    De notre correspondant Jean Claude Bocher

     

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