Raiatea – Une minute de silence pour rester libre de s’exprimer

vendredi 16 janvier 2015

La minute de silence en hommage aux victimes des attentats de Paris, demandée par la ministre de l’Éducation, Nicole Sanquer, a été respectée dans les établissements scolaires de Raiatea.  Dans leurs classes respectives, et selon les consignes de leur direction, les 1 000 élèves du lycée de Uturoa se sont recueillis un instant. Les élèves des classes de terminales L et ES, ont été sensibilisés à la question de la liberté d’expression par leurs professeurs de philosophie et d’économie, en marge de leur enseignement civique juridique et social.
Comme dans tous les établissements scolaires de Polynésie française, à la demande de Nicole Sanquer, ministre de l’Éducation du Pays, le respect d’une minute de silence à la mémoire des dessinateurs de Charlie Hebdo a été largement suivi. Tous les élèves de l’établissement (environ 1 000) ont rendu cet hommage, principalement dans le cadre des cours d’instruction civique qui sont dispensés aux élèves de la 6e à la terminale. De la 6e à la 3e, ce sont des professeurs d’histoire et géographie qui le font dans le cadre de leur discipline intitulée histoire-géo-éducation civique.
Ainsi, en classe de terminale ES/L, deux professeurs, Jérôme Elina, enseignant la philosophie, et Anne Espitalier, enseignant l’économie, avaient réuni leurs élèves pour conduire ce moment particulier. Il n’y avait pas vraiment eu de préparation particulière sur le sujet qui prévalait, à part quelques échanges. Mais, hasard de l’emploi du temps, ce créneau correspondait justement à celui de l’enseignement civique juridique et social (ECJS), habituellement dispensé ce jour-là.

Sentiments différents mais beaucoup d’interrogations

Le professeur de philosophie l’a annoncé : “Le programme de l’année va notamment porter sur la liberté d’expression. La légalité est une notion importante que les élèves doivent d’abord intégrer, parce que la loi, ce n’est pas quelque chose qui est en dehors de la vie des individus et qui impose des décisions qui ne les concernent pas vraiment. La parole fait partie de cette loi et lorsque l’on se demande si une parole est une injure, il faut pouvoir trancher. C’est là que le principe de décision, qui est la loi, va fixer les limites juridiques, en déterminant ce qui est de l’ordre de l’outrage et celui de l’idée. Dans le cas présent, il faut également clarifier le contenu de l’islamisme, de la religion musulmane, et de ce que peuvent en faire des illuminés.”
Les événements qui se sont déroulés à Paris, ont été ressentis un peu différemment depuis la Polynésie française et encore un peu plus de Raiatea, ou personne n’avait vraiment entendu parler de Charlie Hebdo. Cela soulève aujourd’hui beaucoup d’interrogations et de sentiments qui ne sont pas forcément ceux dans lesquels les élèves baignent, mais pour lesquels ils devraient pouvoir être informés, afin de construire leur propre réflexion sur la liberté d’expression.K

De notre correspondant Jean Claude Bocher

 

      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete