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Un ramassage réduit et des poubelles qui débordent dans le centre-ville

lundi 16 janvier 2017

poubelle

Dans la rue Dumont-d’Urville, qui relie la présidence au pont de l’Est, plusieurs sacs poubelles attendaient leur ramassage, hier.
Les commerçants n’auraient pas été prévenus des nouveaux jours de passage, réduits (selon plusieurs sources) à deux, contre
six auparavant. (© Marie Guitton)

 

 

Des économies, oui mais à quel prix ? Depuis le début de l’année, des commerçants s’inquiètent d’une décision prise par la mairie de Papeete : réduire la fréquence de collecte des déchets ménagers dans le centre-ville.

“Avant, ils ramassaient tous les jours, sauf le dimanche. Maintenant, la TSP (Tahitienne de secteur publique, NDLR) ne passe plus que deux fois par semaine. Imagine pour le marché, avec le poisson, et ceux qui sont comme moi dans la restauration !”

Plusieurs professionnels disent ne pas être gênés, mais vendredi dernier, jointe par téléphone, la tenancière d’un snack, dans un quartier du centre-ville — qui préfère rester anonyme —, assurait que ses bacs débordaient déjà.

“Les prochains sacs, je ne sais pas où je vais les mettre et, en plus, ça ne sent pas bon, dans un passage bien fréquenté…”, soufflait-elle, en craignant pour sa réputation et l’image de son commerce. “On va dire que c’est sale. Aujourd’hui, je suis obligée d’asperger le container de Chlorux. Ça chasse les mouches, sinon ,on est envahi.”

Désormais, d’après des employés de la mairie et de la TSP, un seul camion ferait des rotations dans le centre-ville, contre deux auparavant.

Il passerait le lundi et le jeudi dans le secteur 1-1, s’étendant du stade Bambridge au pont de l’est, en passant par les institutions, les centres commerciaux et le marché, et le mardi et le vendredi dans le secteur 1-2, allant de la mairie de Papeete à Fare Ute, et comprenant aussi les avenues prince Hinoi et Georges-Clémenceau jusqu’à Pirae.

Le nouveau planning, “imaginé par un bac+5 qui n’est jamais allé sur le terrain”, selon certains personnels un peu dépités, serait en place depuis le 2 janvier. En effet, l’année dernière, alors que les marchés la liant à la société TSP arrivaient à échéance, la ville avait relancé deux appels d’offres “pour obtenir un prix plus compétitif” en 2017 (lire La Dépêche de Tahiti du 6 avril 2016).

 

Entre 80 et 100 millions de francs économisés

 

Cette année, la fourniture des bacs à ordures aurait été confiée à un nouveau prestataire, plus concurrentiel, tandis que le nouveau contrat signé pour cinq ans avec la TSP prévoirait donc moins de rotations.

L’économie annuelle réalisée s’élèverait “entre 80 et 100 millions de francs”, selon Charles Fong Loi, adjoint au maire en charge de la propreté de la ville. “Dans ce cas-là, il va falloir réduire aussi les factures des commerçants !”, réclamait donc, vendredi dernier, la restauratrice aux prises avec les mouches. “Je paie plus de 100 000 F par an pour un petit container qui est vidé tous les jours. Si ce n’est même plus le cas…”

Selon des échos récoltés sur le terrain, un centre commercial serait, de son côté, en train de négocier l’achat de bacs supplémentaires.

Le marché de Papeete, où un responsable regrette de n’avoir “même pas été averti”, se serait donné jusqu’à au­jourd’hui pour observer les éventuelles difficultés créées par ce changement.

Et même du côté de la collecte des petites corbeilles publiques, une employée de la TSP se plaignait que, pour des raisons de rentabilité, son secteur à couvrir ait été élargi depuis le début de l’année, avec une amplitude horaire inchangée. “On est obligé de speeder.”

Une réunion doit se tenir aujourd’hui, à 14 heures, à la mairie de Papeete. “Elle va servir à voir les doléances de tout le monde, et peut-être à revoir la donne”, précise Charles Fong Loi, qui indique avoir été saisi du problème par Gilles Yau, le président de la fédération générale du commerce.

“Si la plupart des commerçants disent que deux passages ne sont pas suffisants, je dis OK. Mais des fois aussi, les gens râlent dès qu’on change un peu la donne. Et ce n’est pas avec une seule journée de ramassage en moins qu’on atteindra une économie de 80 ou 100 millions de francs.”

 

Marie Guitton

 

 

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