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Rapport de la CTC – La politique du renouvelable se fossilise

mardi 17 octobre 2017

barrage papenoo

“La collectivité de la Polynésie française n’est pas parvenue à définir une stratégie alternative à la pause sur l’hydroélectricité décrétée dix ans plus tôt dans le cadre d’une première charte de l’énergie”, estime la chambre territoriale des comptes. (© archives LDT)


La chambre territoriale des comptes s’est arrêtée sur la politique du Pays en matière énergétique depuis 2007. Loin des beaux discours et des annonces de baisse de tarifs, c’est surtout la question de la transition énergétique qui transpire dans le rapport. À trois ans de la fin d’un programme qui devait doter le Pays de 50 % d’énergies renouvelables, le compte n’y est pas.

La chambre territoriale des comptes (CTC) s’apprête à dévoiler un rapport qu’elle a rendu, il y a moins d’une semaine. Ce dernier s’arrête sur la politique énergétique de la Polynésie française depuis 2007.

Un rapport riche en enseignements, notamment alors que le Pays clame depuis près de trois ans maintenant s’atteler à la baisse du coût de la vie en jouant essentiellement sur les leviers énergétiques (électricité, énergies fossiles, etc.)

Des promesses qui peinent à se retrouver dans le quotidien des Polynésiens, sauf à considérer la légère baisse du coût du kW/h ou le maintien du prix des hydrocarbures.

Malgré ces déclarations d’intentions, le rapport de la chambre territoriale des comptes, dès la première ligne de sa synthèse, est sans appel : “De 2007 à décembre 2013, la collectivité de la Polynésie française n’est pas parvenue à définir une stratégie alternative à la pause sur l’hydroélectricité décrétée dix ans plus tôt dans le cadre d’une première charte de l’énergie”.

Les grands chantiers lancés par la suite par Nuihau Laurey quand il était ministre n’ont toujours pas trouvé d’écho.

“Faute de pilotage efficace et d’organisation performante, la politique énergétique a été traduite dans le cadre d’action imprécis et dépourvu de principes directeurs ; celle-ci, au mépris des exigences du service public, a notamment continué à admettre une péréquation discriminant les usagers des exploitations non desservis par EDT-Engie.”

 

La transition énergétique à deux vitesses

 

Le constat est sans appel, malgré de nombreux appels à la presse sur les prochains travaux sur les tarifs et la péréquation dans les îles et dans d’autres structures qui ne seraient pas gérées par Engie, les travaux n’ont jamais vraiment décollé.

Les prix ont baissé certes, mais, toujours selon la CTC, “sans que des progrès décisifs soient pour autant enregistrés en matière de contrôle comptable de la délégation”. “L’asymétrie d’information entre le délégataire et le délégant n’a donc pas sensiblement régressé, ce qui a eu pour effet d’aigrir exagérément les relations de la collectivité avec le concessionnaire historique et de creuser les malentendus.”

Comme dans l’Hexagone, la Polynésie française est prise entre deux lames. La première, celle du quotidien, veut que le Pays subventionne à outrance de nombreux secteurs d’activités sur les prix des hydrocarbures pour que ces derniers n’augmentent pas leurs tarifs. La seconde, celle du développement durable, veut que le Pays aide à la transition énergétique pour justement se détacher du tout fossile.

En bref, le gouvernement en est réduit à subventionner une énergie fossile alors que, dans le même temps, il tente de mobiliser autour des énergies renouvelables.

Or, la CTC pointe “l’insuffisante cohérence générale des politiques publiques de la collectivité”. “Le subventionnement du prix des hydrocarbures et le soutien discontinu au photovoltaïque (PV) ont, par exemple, mal servi l’objectif général de réduction de la dépendance énergétique”, poursuit la CTC qui note cependant que le plan de transition énergétique de 2015 devrait concourir à résorber la situation.

Petit point de satisfaction au milieu du rapport, le projet de la Vaiiha, qui “ne progresse que très lentement”.

L’objectif est de parvenir a minima à 50% d’énergie renouvelable dans le mix énergétique en 2020. Mais à trois ans du terme, “l’objectif est loin d’être atteint”, poursuit la CTC.

“Le chemin à parcourir est encore long”, conclut-elle, “la part de la consommation d’énergie dans le PIB reste proportionnellement élevée, au double de la France hexagonale, alors que le territoire de la Polynésie française est dépourvu de tout secteur industriel important”.

 

Bertrand Prévost

 

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