Rapport sur les patentés – Stéphane Chin Loy répond au CESC

    samedi 23 janvier 2016

    Le président de la Chambre du commerce, de l’industrie, des services et des métiers (CCISM), Stéphane Chin Loy, a été piqué au vif par le rapport du conseil économique, social et culturel (CESC) sur le statut du patenté, présenté mercredi dernier, qui invitait la CCISM à se réorganiser pour plus d’efficacité dans la formation et l’accompagnement de l’entrepreneur individuel. Des “accusations” réitérées dans plusieurs médias, notamment sur les chaînes de télévision.
    “On a été invités quatre ou cinq fois et j’ai trouvé qu’ils n’avaient pas une vision moderne de la chambre, donc je les ai invités à nous rendre visite mais tous ne sont pas venus et peut-être quelques doutes subsistent dans leurs esprits. Je note aussi que le rapporteur vient du monde associatif, pas de celui de l’entreprise privée”, réplique le président de la CCISM. “Nous ne sommes pas simplement une chambre d’enregistrement pour la patente. Nous recevons plus de 10 000 personnes chaque année au titre de l’accompagnement. Le centre de formalités des entreprises existe depuis 1995 et nous sommes devenus le point d’entrée, le guichet unique. Nous n’avons pas attendu les préconisations du CESC pour avancer, plusieurs de leurs préconisations sont déjà faites ! J’ai d’ailleurs présenté hier (jeudi, NDLR) au président du Pays nos actions pour 2016.”
    Stéphane Chin Loy n’a pas non plus la même lecture des chiffres : “94 % des créations d’entreprise ne finissent pas en radiations ! Par rapport au “stock d’entreprises” existant, les radiations ne représentent qu’environ 10 %”, affirme-t-il.

    Du rôle des communes

    Quant aux 400 millions de francs perçus par la CCISM au titre des patentes, son président rappelle que son organisme n’en conserve qu’environ 15 %, le reste étant affecté aux communes. “D’ailleurs, les communes pourraient accompagner un peu plus les patentés, parce que là, on nous demande de tout faire.”
    Autre sujet qui fâche, la formation. Chaque année, environ 1 200 personnes suivent une formation à la CCISM. “Mais nous sommes prêts à faire plus, en collaboration avec le Pays. Nous avons aussi des formations qui mènent à des brevets professionnels, des licences, des bac+3, et nous allons faire des bac+5. Il ne s’agit pas de se substituer à l’université, l’accent sera mis sur les demandes des professionnels, en matière de gestion et de vente par exemple”, explique le président de la CCISM.
    “Le CESC trouve qu’on n’en fait pas assez sur l’apprentissage, mais nous sommes actifs dans ce domaine – coiffure, spa, boulangerie par exemple –  et prêts pour relever d’autres défis. À mon avis, l’apprentissage, c’est l’avenir pour la Polynésie, il y a des possibilités énormes. Mais malgré l’intérêt des jeunes et les besoins des entreprises, il ne faut pas oublier qu’un apprenti touche environ 40 % d’un Smig. C’est là où le bât blesse : c’est une proposition bien inférieure à un contrat aidé, par exemple, et certains sont tentés de choisir la solution qui paye le plus, même temporairement, plutôt que l’apprentissage, qui pourtant offre plus de débouchés à l’avenir.”
    La CCISM a également présenté à Édouard Fritch son projet d’université des métiers : il s’agira, pour les filières professionnelles réglementées qui exigent un diplôme, de valider les acquis de l’expérience et, “comme ça existe partout ailleurs, de dire que quelqu’un qui a 15 ans d’expérience réussie dans un métier, même sans diplôme à l’origine, est un vrai professionnel avec un titre bien précis”, indique Stéphane Chin Loy. Seule concession aux critiques, il reconnaît que “l’accompagnement pour le secteur primaire, c’est plus délicat, puisque le secteur agricole n’est pas vraiment de notre ressort, mais plutôt de celui du service du développement rural. Certains aspects réglementaires nous échappent.”

    Liberté d’entreprendre

    Enfin, après la mise en place d’antennes à Raiatea et Nuku Hiva, la CCISM met au point un partenariat avec les subdivisions administratives des Tuamotu et des Australes pour que les agents puissent écouter et rapporter les problématiques rencontrées là-bas.
    Alors, que peut faire la CCISM pour faire baisser le taux d’échec des entreprises individuelles pointé par le CESC ? “Il nous arrive très souvent de soulever des objections, surtout dans les zones où l’activité existe déjà”, relate Stéphane Chin Loy. “Dès qu’une activité prend un peu d’ampleur, vous pouvez être sûr que l’effet de mode va jouer et qu’il y aura des copies. Mais c’est la liberté d’entreprendre, on ne peut pas empêcher les gens. Le problème, c’est que certains n’en démordent pas et se disent : “Non, je suis le meilleur dans mon domaine, j’ai le meilleur produit ou la meilleure prestation”, et ils y vont quand même, et on les revoit six mois après. Mais ce n’est pas un gros pourcentage.”  

    C.P.

    Turu Ora a besoin d’aide

    Lors de sa rencontre, jeudi, avec le président du Pays, Édouard Fritch, Stéphane Chin Loy a évoqué la mutuelle Turu Ora,  créée en 2009 pour aider les patentés à faire face à la baisse de la prise en charge par la CPS, et qui compte actuellement environ un millier d’adhérents. “Nous demandons au Pays une aide financière qui était prévue par la loi du Pays sur la mutualité de 2008. Sans accompagnement, aucune vraie mutuelle ne pourra se monter. D’autant que les assureurs sont arrivés sur ce créneau, sans réel cadrage réglementaire”, explique Stéphane Chin Loy, qui travaille également sur un partenariat Turu Ora-MGEN pour les étudiants.

     

    BILL 2016-01-24 23:45:00
    La CCISM ne sert à rien.
    sauf pour l'enregistrement pourquoi ne pas le faire dans les mairies?? puisque soit disant elles empochent 85 % des patentes...
    et la mutuelle locale... il faut laisser faire les privés sinon cela va faire comme pour la CPS nos cotisations vont servir à payer leurs gros SALAIRES!!!
    si la mutuelle TURU ORA touche une aide du pays il faudrait d'abord quelle nous montre les salaires du directeur et des salariés.
    c'est de l'argent public qu'ils vont toucher.
    d'ailleurs j'aimerais connaitre les salaires de la CCISM c'est notre droit!
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