Raroia : à la découverte de la vie au secteur

dimanche 22 mars 2015

Loin de la vie du village avec télévision, jeux vidéo ou tablettes, quatre enfants de Raroia sont parties découvrir la vie ancestrale Paumotu. Invitées sur un motu isolé, à plus de 18 km du village, Teraimateata, Keanivai, Niihau et Hutia ont, durant deux jours, pu s’initier au mode de vie de leurs ancêtres.

Après une traversée en bateau de plus de 30 minutes, les quatre écolières ont découvert les lieux. Un motu isolé, peuplé d’oiseaux marins qui les ont accueillis à leur arrivée et les ont charmées dès le premier regard. Une fois installées, leurs hôtes ont conduit les fillettes sur le récif pour pêcher les poissons qui allaient les nourrir durant deux jours. Patia à la main (lance à trident), elles ont découvert un mode de pêche qu’elles ne connaissaient pas ou qu’elles n’avaient jamais vu pratiquer.
Aujourd’hui, les pêcheurs utilisent des moyens plus rapides et modernes comme la traîne, le filet ou la chasse sous-marine. Les enfants ont vite compris combien il fallait être agile et précis, sans quoi le repas serait maigre. Fort heureusement, Jean-Marc, adepte de cette pêche, leur a rapporté trois poissons perroquets.
Mais l’initiation ne s’est pas arrêtée à la dégustation : de retour au motu, les enfants ont assisté au nettoyage des prises du jour, surveillé par une nuée de requins pointe noire, à l’affût d’une part du festin. En bonnes Paumotu, Keanivai et Niihau se sont ruées sur le poisson encore frétillant qu’elles ont dégusté cru, à pleines dents. En bon pédagogue, Jean-Marc leur a découpé les dents du poisson et son os interne qui lui sert à broyer le corail, pour leur faire une démonstration du broyage.

Les bernard-l’ermite font leur show

Une fois la dégustation et le repas terminés, les bernard-l’ermite attirés par la nourriture ont fait aussi le spectacle pour les demoiselles. Il faut dire que ces crustacés ont quasiment disparu du village. Ces appâts vivants ont été exterminés : proies faciles, ils ont été ramassés en masse et sont aujourd’hui introuvables en ce lieu peuplé. Chacune de leur côté, les fillettes leur ont fabriqué des maisonnettes, les ont nourris de feuilles de chou et de noix de coco.

Les tavake, phaétons à brins rouges, actuellement en période de reproduction nichent sur le motu et n’ont pas manqué d’attirer leur attention. En effet, leurs parades nuptiales dans le ciel ont suscité de nombreuses questions qui ne sont pas restées sans réponse. Après la théorie rien de tel que la pratique sur le terrain, en cherchant sous chaque miki miki les femelles. Bien évidemment, le hoa a été leur terrain de jeu favori, accueillant et sans risque.

Le crabe, cet inconnu

En bonnes écologistes, elles ont vite assimilé les rudiments de la vie sur un motu : la maîtrise de l’eau et la gestion des déchets.
Pour clôturer le séjour, les enfants ont assisté à la prise de deux crabes de cocotier. Si elles avaient déjà goûté leur chair, les caractéristiques de cet animal leur demeuraient inconnues. Jean-Marc avait ramené un mâle et une femelle afin qu’elles puissent observer les différences. Elles ont tour à tour porté le volumineux crabe pour la première fois. Un exploit qui les a remplis de joie et de fierté.
Pour ces quatre jeunes filles, ce week-end a été riche en activités, pratiques et observations. Elles n’ont qu’une hâte :  retourner au secteur le plus vite possible. Cerise sur le gâteau : sur le chemin du retour, elles ont, “en conduite accompagnée”, tenu le manche du poti maraaa : un exploit dont elles parlent encore aujourd’hui.

De notre correspondante Corinne Levy

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