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Rataro Teikitutoua, sculpteur et graveur dans l’âme

vendredi 20 avril 2018

Plus d’un mois de travail aura été nécessaire au jeune artiste pour finaliser cette rame.

D’un naturel plutôt réservé, Rataro Teikitutoua, sculpteur et graveur de 37 ans, se métamorphose dès qu’il se met à l’ouvrage. Précis et appliqué, il maîtrise son art sur le bout des doigts. Il faut dire que le jeune Marquisien avait des prédispositions pour ce métier. “Quand j’étais petit, je regardais faire mon père. À l’âge de cinq ans, je commençais déjà à toucher les outils, pour l’imiter. À l’école aussi, on avait des activités dans ce domaine”, se souvient-il.

Son île natale, Ua Pou, il la quitte à 18 ans, en vue de poursuivre ses études à Tahiti. Un BEP de menuiserie en poche, il s’inscrit au Centre des métiers d’art (CMA) pour se perfectionner. Il y restera un an et demi, avant d’accepter une offre d’emploi de menuisier. Il parviendra toutefois à finaliser son cursus quelques années plus tard, en guise de retour aux sources.

Après diverses expériences professionnelles, dont un poste créatif dans le secteur de la bijouterie, Rataro Teikitutoua a récemment décidé de se lancer à son compte, sous le nom de Kuhane A’RT, mettant à l’honneur son “esprit” artistique. “Aujourd’hui, je me sens bien. Je suis maître de ce que je fais. Je suis dans mon élément et je me sens libre”, confie-t-il.

 

Sous le charme des Australes

 

Sa compagne étant originaire de la Presqu’île, il s’est récemment établi aux Ateliers relais de Taravao, pour s’adonner à sa passion. “Je ne compte pas les heures”, assure-t-il, engagé auprès d’une galerie spécialisée de Papeete. Des rames aux casse-têtes, en passant par les pendentifs, ses créations sont essentiellement décoratives, bien qu’il lui arrive de réaliser d’autres objets, comme des ’umete, avec une touche tout à fait inattendue.

“Pour l’instant, je privilégie les gravures des Australes. Ça prend beaucoup de temps, car c’est très minutieux. Il faut compter au moins un mois de travail pour les plus grandes pièces. Je suis Marquisien, mais j’apprécie ce type de motifs. C’est aussi une façon de me démarquer”, souligne-t-il.

Si sa préférence va vers les essences locales, telles que le miro ou le tau, il n’a pas banni le bois importé de son atelier, pour des questions pratiques. Sur le plan technique, outils modernes et traditionnels se mêlent, mais Rataro Teikitutoua reste fidèle à ses échoppes et à ses gouges, qui l’accompagnent depuis plusieurs années.

Ces dernières semaines, elles étaient d’ailleurs loin d’être au repos, dans le cadre de la préparation de l’exposition annuelle des enseignants et des anciens élèves du CMA, dont le vernissage se tiendra, aujourd’hui, au sein de l’établissement. Une bonne opportunité pour l’artiste de se faire connaître, dans l’espoir de pouvoir, un jour, vivre pleinement de sa passion.

A.-C.B.

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Le Marquisien s’est pris de passion pour les motifs des Australes ; une façon, aussi, “de se démarquer”.

Infos pratiques

Aux Ateliers relais de Taravao (A13, au 1er étage), route de Tautira.

Tél. : 87.78.12.20.

 

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