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Des réactions positives à l’arrivée de French Blue

vendredi 3 novembre 2017

FRENCH BLUE

L’arrivée de French Blue va bousculer l’offre du transport aérien à destination et au départ de la Polynésie française, et concurrencer Air Tahiti Nui et Air France. Mais elle va surtout générer davantage de flux touristique, au profit de l’hôtellerie dans son ensemble, et de la petite hôtellerie en particulier. (© DR)

C’est une petite révolution qui se profile dans la desserte aérienne polynésienne, sur le tronçon Paris-Papeete, avec l’arrivée, annoncée en mai 2018, de la compagnie low cost (à bas coût) long-courrier French Blue.

La compagnie polynésienne Air Tahiti Nui, dont le Pays détient plus de 84 % du capital, et l’opérateur national Air France vont devoir compter avec ce nouveau transporteur qui s’apprête à lancer une liaison entre Paris et Papeete via San Francisco, opérée jusqu’à trois fois par semaine en Airbus A350 de 411 places.

Quels seront les effets de cette offre supplémentaire, à “bas coût”, sur les flux de touristes, sur la fréquentation hôtelière, sur l’emploi local, sur l’équilibre financier des deux compagnies qui se partageaient jusqu’alors le marché, sur l’activité économique ?

La Dépêche a recueilli quelques réactions dans les milieux de l’économie et du tourisme.

Le PDG d’Air Tahiti Nui étant en déplacement à l’étranger, il n’a pas pu répondre à La Dépêche, pas plus que le directeur général délégué, Mathieu Bechonnet qui l’accompagne. Air Tahiti Nui s’exprimera toutefois très bientôt.

Contactée par téléphone, l’Union polynésienne de l’hôtellerie (UPHO), un groupement qui représente principalement des hôtels indépendants, nous a indiqué, par la voix de Christophe Beaumont, qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer le sujet.

 

Damien Grivois

 

Philippe Brovelli, directeur régional du groupe Pacific Beachcomber : “Une opportunité pour l’hôtellerie”

Philippe Brovelli

“L’arrivée de French Blue peut être vue comme une opportunité pour l’hôtellerie en général, pour la petite hôtellerie et les pensions de famille en particulier. Les résidents y trouveront aussi leur compte.

L’offre en sièges d’avion va augmenter, de plus la compagnie passera par San Francisco ce qui n’est pas plus mal. L’interrogation pourrait porter sur la viabilité à long terme de cette offre aérienne, que ce ne soit pas seulement un “one shot” de quelques années seulement. Mais je ne pense pas, car le président de la compagnie Marc Rochet et le Groupe Dubreuil sont de vrais professionnels.

French Blue ne fera pas, je crois, très mal aux mastodontes du marché. Je doute, par exemple, qu’elle fragilise ATN qui est sur cette route depuis 17 ans, qui a construit tout un réseau de partenaires, toute une structure avec beaucoup d’intelligence il faut le reconnaître.

Au final, je suis favorable à l’arrivée de cet opérateur, ça poussera l’hôtellerie. S’il est vrai que parfois nous manquons de chambres, pour moi il est faux de dire que nous sommes à saturation.

Je représente huit hôtels et notre taux de remplissage moyen est de 65 %. Je suis certain qu’il y aura une augmentation des flux touristiques. French Blue va amener son propre marché, chacun devra prendre sa part.

Et ceux qui craignent les touristes “sac à dos” devraient plutôt se réjouir de l’impact sur le réseau des pensions de famille, et donc de l’impact sur l’emploi local.”

 

Propos recueillis par D.Grivois

 

Olivier Kressmann, président du Medef Polynésie : “Une démarche parfaitement cohérente ”

Olivier Kressmann

“La venue de French Blue est dans la logique de développement du tourisme avec un objectif de 300 000 à 500 000 visiteurs. Un objectif qui ne peut s’atteindre qu’en renforçant l’offre au niveau du transport aérien. Je trouve sympathique qu’il s’agisse d’une compagnie française et non d’une compagnie norvégienne ou autre.

Le président Rochet est, de plus, très reconnu pour ses compétences, il connaît bien le fenua, et il connaît bien l’escale de San Francisco. Et puis French Blue est une filière d’Air Caraïbes, ce sont des gens qui connaissent les îles. L’avantage du low cost est aussi qu’il apporte une clientèle éligible pour la petite hôtellerie, mais sans négliger l’impact positif de l’augmentation du flux touristique sur les périodes de creux que connaît par moments l’hôtellerie en général.

L’idée de San Francisco est une très bonne idée. French Blue va opérer avec des avions tout neufs, européens de surcroît, c’est très bien tout ça. Mais surtout, la compagnie s’est engagée à recruter des personnels navigants polynésiens, et elle cherche aussi à recruter des pilotes locaux qui travaillent actuellement dans des compagnies étrangères.

Je trouve que tout cela participe d’une démarche parfaitement cohérente. Nous ne ne sommes pas dans un tourisme de masse. Il va falloir travailler pour optimiser l’offre hôtelière dans les îles, ainsi que le transport inter-îles ; je sais qu’Air Tahiti y travaille déjà. Et surtout il faut l’adhésion de toute la population, qu’elle comprenne à quel point les touristes, qui apportent de l’argent qui irrigue l’économie, viennent ici pour y trouver de l’authenticité et apprécier la culture, le partage, la gentillesse.”

 

Propos recueillis par D.Grivois

 

Christophe Plée, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) : “Il faut de la pluralité dans l’offre ”

Christophe Plée

“Avec le Medef, nous avons exactement la même lecture de la situation concernant l’arrivée de French Blue. Il faut augmenter le nombre de touristes en Polynésie française. Il faut que le ciel reste ouvert dans une mesure raisonnable.

Air Tahiti Nui est l’outil du Pays qui continue à nous ramener des touristes quel que soit l’environnement commercial, c’est essentiel, y compris sur des lignes déficitaires, comme le Japon. ATN recommence à gagner de l’argent, et c’est tant mieux, mais bien sûr il ne faudrait pas que la compagnie soit confrontée à plusieurs compagnies low cost.

C’est très bien, il faut de la pluralité dans l’offre. S’il y avait eu un danger pour notre compagnie locale, je pense que le gouvernement n’aurait pas donné son feu vert. Plus il y a de visiteurs, plus il y a d’activité touristique, plus il y a de travail pour les entreprises et meilleur c’est !

Cela fait partie des choses qui devaient arriver, la concurrence c’est ça… Nous pensons à l’impact sur les petites et moyennes entreprises, ainsi que sur les très petites entreprises de toutes les îles. Il faudrait que le fenua retrouve le niveau de ses meilleures années en termes de fréquentation touristique, cela profite à tout le monde. ”

 

Propos recueillis par D.Grivois

 

bouteau

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