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Il reconnaît 56 vols dans “la Polynésie du haut”

mercredi 22 mai 2019

“Je ne peux pas dire que je regrette car j’ai commis une faute, et je savais que ce n’était pas bien”, a reconnu le prévenu.

“Je ne peux pas dire que je regrette car j’ai commis une faute, et je savais que ce n’était pas bien”, a reconnu le prévenu. (© Florent Collet)

Elle est pourtant l’avocate de l’une des victimes des vols de Steeve Faarepa. Mais au moment de démarrer sa plaidoirie, elle note “la grande détresse de part et d’autre”, de la tristesse et de la colère des victimes, au “désœuvrement” du jeune prévenu. “Pour la Polynésie, c’est le constat que l’on fait aujourd’hui. Il y a deux Polynésie : celle du haut, qui travaille, qui a des biens, et celle de la plaine. Elles se regardent sans vraiment communiquer, avec une fracture entre les deux. Dans cette affaire, les prévenus ont essayé de voler un peu de leur vie.”

 

“Viols de l’intimité”

 

“Un peu.” L’expression convient assez mal aux victimes, qui sont venues expliquer, parfois en larmes, le traumatisme engendré par ces “viols de l’intimité”, mais surtout en raison du nombre record d’infractions imputées à Steeve Faarepa.

Il a fallu quatre pages pour lister l’ensemble des vols commis par le jeune homme, entre septembre 2017 et mars 2018.

Une unité spéciale a même été mise en place spécialement pour cette affaire, confiée par ailleurs à un juge d’instruction.

Une procédure rare pour de simples cambriolages. Il faut dire que Steeve Faarepa n’est pas un voleur comme les autres. Pris en flagrant délit pour un vol, puis jugé en comparution immédiate à 8 mois de prison, il a finalement décidé de vider son sac.

 

“Je veux en finir”

 

“Je veux en finir”, a-t-il confié aux gendarmes. “La prison m’a fait changer de mentalité. Je ne peux pas dire que je regrette car j’ai commis une faute, et je savais que ce n’était pas bien. Sur les disques durs, je voyais les photos des enfants. Je me disais qu’ils étaient peut être décédés et que ces photos étaient leurs derniers souvenirs. Je regrette.”

Des aveux mais certaines des affaires pourtant reconnues n’ont finalement pas été retenues faute d’éléments matériels. Il faut dire que le voleur avait développé son “style”. Mais “plein de voleurs font la même chose”, en cassant le moins possible pour éviter de laisser des traces, avec des gants de ménage ou des chaussettes de foot, un tournevis et un crochet pour enlever les barres de bois qui sécurisent la plupart des baies vitrées.

L’homme reconnaît que cela était “devenu son travail”, allant cambrioler jusqu’à quatre maisons en une seule journée.

Les vols de 56 maisons lui sont reprochés, dont deux en compagnie de son beau-frère et de son neveu. Des maisons sur les hauteurs de Punaauia et Faa’a : Taina, Tetavake, Pamatai Hills, Green Valley…

“Je savais que, là-bas, il y avait de la valeur”, a-t-il expliqué aux gendarmes. Le jeune homme sait reconnaître ce qui a un coût. Il a, semble-t-il, du mal à revendre au bon prix. Ainsi deux montres d’une valeur de 5 millions de francs ont été revendues 5 000 F.

Pour receler le produit de son larcin, Steeve Faarepa a également sa technique de brouette de bananes. Se faisant passer pour un cultivateur de fruits, il met les fruits en avant, les vend au rond-point de l’ancien Maeva Beach ou à Outumaoro, et, en fonction des clients, proposent des produits multimédia ou des bijoux à prix cassés.

 

Plusieurs dizaines de millions de francs

 

Selon les enquêteurs, le préjudice matériel s’élève ainsi à plusieurs dizaines de millions de francs, dont il ne reste plus rien, l’argent de la vente ayant servi à acheter du ma’a et plus encore du cannabis. “J’achetais tout le paka que je pouvais. Je n’étais jamais à jeun.”

Mais comme le rappelle l’avocate d’une des victimes, “la valeur sentimentale ne pourra jamais être indemnisée”.

Un mère célibataire ne cache pas sa colère : “Il y en a qui essaient d’avoir un diplôme pour essayer de trouver un travail. Tu as volé les livres d’école de mes enfants, et tu les as jetés. Tu veux que les autres deviennent comme toi, des voleurs ? Messieurs les juges, donnez une éducation à ce jeune homme, ce serait bien aussi.”

Au final, Steeve Faarepa a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis.

 

F.C.

 

 

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