Elle et ses recrues proposaient des massages coquins

    mercredi 10 mai 2017

    tribunal


    La proxénète embauchait les masseuses en boîtes de nuit. (© Florent Collet)

    À la barre, Hélène A., est en pleurs. Aujourd’hui âgée de 57 ans, elle est accusée de proxénétisme. Elle-même s’est adonnée à des massages tarifés plus chers lorsque les clients prenaient les “options, finition bouche, ou main”.

    Une manière, dit-elle, de payer son loyer, mais qui ne sera finalement pas suffisante pour satisfaire la demande. “Elle n’arrêtait pas de recevoir des coups de fil”, explique l’une de ses recrues, victimes dans l’affaire.

    “Au début, j’ai mis une annonce dans le journal pour proposer des massages traditionnels, mais la demande pour offrir plus a été trop forte”, diagnostique cette retraitée du CEP.

    Une amie rappelle les propos d’Hélène qui, lorsqu’elle a bu, dit que cette pratique n’est pas différente du massage, que masturber “c’est masser un muscle comme un autre”.

    À cette même amie, Hélène A. s’enorgueillit de n’avoir pour clients que des “gens biens, autrement dit, avec de l’argent”. Les six filles recrutées expliquent avoir été embauchées en boîtes de nuit et parfois incitées à accepter les propositions des clients. C’est d’ailleurs l’une de ses recrues potentielles qui a dénoncé l’affaire.

     

    Violée durant son sommeil

     

    Après avoir refusé de coucher avec son premier client et bu plusieurs verres chez Hélène, la victime s’était réveillée le lendemain, portant un string ne lui appartenant pas, et la sensation d’avoir été violée durant son sommeil.

    Des faits qui ne pourront pas être confirmés, mais qui mettront en évidence la mise en place d’un système de prostitution par Hélène “accroc au sexe” et “très forte pour approcher des filles fragiles vivant dans la rue ou avec des problèmes de fric”, comme le souligne une de ses clientes.

    Des déclarations qu’Hélène A. juge mensongères. Selon l’expert psychiatre, la retraitée est “en recherche d’attention et d’affection d’hommes, qui ne peuvent lui en donner”, et voit  son activité de proxénète “comme une relation d’entraide pour des jeunes femmes qu’elle décrit comme en demande.”

    À la barre et par la voix de son avocat, elle assure ne pas avoir recruté les jeunes femmes, mais d’avoir simplement accepté que ses clients louent son appartement avec d’autres filles qui se prostituaient déjà, et d’avoir ensuite eu recours aux services de ses dernières.

    Pour le procureur, Helène A. a embauché ou entraîné vers la prostitution ces jeunes femmes, et en a tiré profit, soit en fournissant le lieu, soit en prenant une part sur ce que les clients lui payaient directement.

    Il a requis trois ans de prison avec sursis. Une peine suivie par le tribunal, qui a en outre accordé 300 000 F à la seule victime présente à l’audience, hier. 

    F.C.

     

     

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