Le recueillement et l’indignation en Polynésie française

    mercredi 27 juillet 2016

    recueillement

    La cathédrale de Papeete était pleine hier soir pour une messe de recueillement. (Photo : Bertrand Prévost)


    Tuerie de Saint-Étienne-du-Rouvray

     

    Triste messe, hier soir, en la cathédrale de Papeete, où les autorités politiques et sociales du Pays se sont jointes en soutien à la communauté catholique de France pour une heure de recueillement en mémoire du père Hamel, assassiné pendant son office dans la petite commune de Saint-Étienne-du-Rouvray.

    L’ancien Premier ministre Alain Juppé, l’ancien ministre Dominique Perben, les présidents de l’assemblée et du Pays, les présidents de partis politiques se sont unis dans le chant et la prière pour accompagner ce prêtre français et toutes les communautés croyantes touchées par ces actes fanatiques.

    “C’est une messe en solidarité avec tous les chrétiens de la paroisse du diocèse de Rouen et en solidarité avec toute l’Église qui est persécutée un peu partout dans le monde. Nous voulons dire non à la violence, à la haine. Nous voulons que cette messe soit placée sous le signe de la foi, en la puissance de l’amour et de la fraternité”, expliquait hier soir le père Cottanceau, administrateur apostolique de Papeete.

    Alain Juppé reprend le costume de l’homme d’État Un peu plus tôt dans la journée, à sa descente d’avion des îles Sous-le-Vent, c’est le regard grave de l’homme d’État qu’avait Alain Juppé.

    Le temps d’une journée, le sourire de l’homme en campagne avait disparu. Point de petites phrases sur la vanille, les lagons ou encore la chaleur des coeurs des Raromatai.

    Les pensées de l’ancien Premier ministre étaient tournées vers la métropole, après le meurtre barbare d’un prêtre en Seine-Maritime lors de son office.

    “L’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray nous fait franchir un pas supplémentaire dans l’horreur et dans la provocation”, expliquait hier à l’aéroport Alain Juppé.

    “Assassiner un prêtre catholique, dans son église, c’est s’attaquer à un symbole sacré.” Touché que la population polynésienne réagisse avec le coeur, Alain Juppé s’est rendu hier soir à la messe de 18 heures en la cathédrale de Papeete.

    Mais celui qui brigue la présidence de la République n’en oublie pas le devoir politique.

    “Il faut agir, il faut faire mieux. Dire que le risque zéro n’existe pas n’est pas une politique. La réponse judiciaire et pénale n’est pas à la hauteur de la menace et des défis qui nous sont lancés. (…) Il faut donner à la justice les moyens d’instruire et de juger ce genre d’affaires. Il faut adapter les peines et que l’on ne remette pas en circulation des personnes qui ont commis des actes graves et surtout il faut se donner les moyens d’incarcérer ceux qui doivent l’être. Je propose le lancement d’un programme de construction de 10 000 places de prison.”

    Toujours dans le cadre des propositions qu’il tient à faire, c’est la lutte contre la radicalisation qui se fait jour. “Beaucoup d’esprits fragiles sont victimes de cette radicalisation et il nous faut nous donner les moyens de la faire reculer. (…)

    Il nous faut faire taire les sites Internet qui font l’appel au djihad, ce n’est plus acceptable. Il faut aussi lutter contre la radicalisation dans les prisons mais aussi dans les mosquées.

    Quand on y véhicule des paroles de haine, de violence et des appels à l’assassinat, il faut les fermer et punir les imams s’ils sont français, les expulser s’ils sont étrangers.”

    Alain Juppé quitte la Polynésie ce soir et aura certainement d’autres rendez-vous sur ces tragiques sujets dans les prochains jours.

     

    Bertrand Prévost

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