Réflexions et actions pour faire cesser les violences intrafamiliales

    vendredi 6 novembre 2015

    Prévenir la montée de la violence en s’attaquant à la base du problème, telle est la mission que s’est donnée le groupe de réflexion sur la prévention de la violence (GRPV). 
    Hier, après plusieurs réunions et mises en place de partenariats, notamment avec la commune de Faa’a, pour développer des actions sur le terrain, le premier séminaire consacré à la parentalité et la violence chez les jeunes débutait. 
    “Je suis particulièrement heureux d’être associé à l’ouverture de ce séminaire dont nous mesurons tous les enjeux. La famille est le meilleur garant de la bonne cohésion sociale, elle est la base de notre société. Et aujourd’hui, nous sommes confrontés à une situation qui doit nous préoccuper”, a déclaré le président du Pays.
    Il était accompagné des ministres Tea Frogier et Nicole Sanquer, directement confrontées à cette crise de la famille. 

    Une violence en hausse 

    Chaque année, ce sont 1 000 enfants qui sont en décrochage scolaire. Mille jeunes qui, face à l’oisiveté, aux difficultés économiques de leurs parents, à la précarité et à la violence de leur situation, se marginalisent et entrent dans la spirale de la violence.
    Le haut-commissaire a, avant de laisser la parole aux séminaristes venus pour l’occasion, rappelé la réalité des derniers chiffres en matière de violence en Polynésie : “Ils ont été multipliés par deux en dix ans”. 
    “Pour l’année, nous avons recensé 2 500 faits de violence dont plus de 1 500 qui ont eu lieu dans la cellule intrafamiliale. La question de la violence est au cœur de nos préoccupations”, a annoncé Lionel Beffre. 
    Le séminaire se déroule au centre de formation en soins infirmiers de l’institut Mathilde Frébault, à Mamao.  Les intervenants et participants vont devoir se baser sur des apports théoriques, sur des échanges partenariaux et des analyses de pratique pour livrer une analyse du phénomène de la violence chez les jeunes en Polynésie.
    Ces quelques jours doivent aussi permettre la création d’un comité de pilotage qui devra préparer les actions de quartier, qui se dérouleront dès 2016. Un comité qui devra être constitué d’un représentant de chaque institution concernée par la question de la parentalité et de la violence chez les jeunes. 
    Jusqu’au 10 novembre, deux professeurs et maîtres de conférences de Paris, André Sirota et le chercheur en ethnopsychanalyse, Lucien Hounkpatin, ont été invités à animer des ateliers sur le sujet. 
    Lucien Hounkpatin reviendra, entre autres, sur la notion d’appartenance, une notion qui suscite chez le jeune de nombreuses questions comme il en témoigne : “L’adolescence est une période de remaniement. Au-delà d’appartenir à, l’adolescent se pose la question de savoir de qui il est l’héritier ? Connaître son histoire, c’est aussi reconnaître sa préhistoire.”
    Pour partager leurs réflexions et sensibiliser l’ensemble de la population à la problématique de la violence, une conférence publique, gratuite et ouverte à tous, aura lieu à l’Université de la Polynésie française, mardi prochain, à 17 h 30. Elle sera animée par les deux professeurs universitaires, André Sirota et Lucien Hounkpatin. 

    Jennifer Rofes

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