La réforme du collège arrive en Polynésie

    mercredi 3 août 2016

    programme

    De la maternelle à la 3e : voici les compétences que doivent acquérir les élèves. (Illustration : DR)


    Ce qui va changer cette année

     

    La Polynésie française applique, à compter de la rentrée, la réforme du collège, dont les effets dépassent le simple cadre du collège et affectent aussi l’école primaire.

    Suivant l’exemple des pays du nord de l’Europe, les programmes par année et par discipline cèdent la place à trois cycles de trois ans, avec des objectifs à atteindre à la fin de chaque cycle.

    Derrière le langage technocratique des quelque 300 pages publiées sur le site du ministère de l’Éducation, on perçoit la volonté de ne pas diviser, en mêlant méthodes “traditionnelles” − exercices répétés, par cœur − et méthodes plus ludiques.

    La pierre angulaire de la réforme est le “socle commun de connaissances, de compétences et de culture” (voir illustration), approfondies et enrichies à chaque cycle.

     

    Cycle 1 : école maternelle

    On se détache de la marche forcée vers l’apprentissage de l’écriture, repoussée au cycle 2. L’expression orale et le début de l’apprentissage d’une autre langue sont mis en avant.

     

    Cycle 2 : les apprentissages fondamentaux

    Du CP au CE2, la priorité est “la maîtrise des langages et notamment de la langue française”. C’est aussi l’introduction aux langues polynésiennes, et pour certains, à l’anglais.

    Pour ces dernières, l’oral est privilégié au CP et en CE1, tandis que l’écrit concerne surtout le CE2. À noter que “tous les champs disciplinaires des mathématiques peuvent être enseignés en langues polynésiennes.” En ce qui concerne l’histoire-géographie, il s’agit de “questionner le monde” et de “se repérer dans l’espace”.

     

    Cycle 3 : la consolidation pour lutter contre le décrochage

    Du CM1 à la 6e, l’objectif de ce cycle 3 est de “consolider les apprentissages fondamentaux”. En Polynésie française, la ministre de l’Éducation Nicole Sanquer voit dans cette nouvelle organisation un outil de lutte contre le décrochage scolaire, en permettant une transition plus fluide entre école et collège malgré des changements importants, comme le passage d’un à plusieurs enseignants et la fréquentation d’un nouvel établissement à l’entrée en 6e.

    En français, l’accent est mis à l’oral sur des “croisements interdisciplinaires”. Ainsi, le français peut-il être mis en relation avec la “langue étrangère ou régionale”, les mathématiques ou la musique. En langues vivantes, l’interdisciplinarité est aussi possible, notamment par la littérature orale (contes, légendes, chansons).

    En histoire, la chronologie fait son retour : en CM1, l’élève étudiera “la France d’avant la France” puis “le temps des rois”. En CM2, seront analysés la IIIe République, “l’âge industriel”, les deux Guerres mondiales et la construction de l’Union européenne. En 6e, la préhistoire précède l’histoire antique – avec une place accordée au “fait religieux”.

    En mathématiques, “six compétences majeures” continuent à être développées : “chercher, modéliser, représenter, calculer, raisonner et communiquer”, à travers la résolution de problèmes, des activités de géométrie et l’introduction d’outils numériques. Enfin, les élèves de 6e bénéficient de trois heures d’accompagnement personnalisé par semaine.

     

    Cycle 4 : la “découverte culturelle” grâce aux langues vivantes

    C’est ici, de la 5e à la 3e, qu’apparaissent les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), obligatoires, qui représentent chaque semaine deux à trois heures prises sur les autres disciplines, et dont la composition est une décision des chefs d’établissements.

    Les EPI doivent permettre de construire et d’approfondir des connaissances et des compétences par un projet individuel ou collectif.

    En français, on insiste sur la nécessité de “travailler intensément l’oral et l’écriture”, grâce à des travaux de groupes ou des débats. En langues vivantes et régionales, le cycle 4 va au-delà de la compréhension et de l’expression, pour mettre l’accent sur “la découverte culturelle”. L’apprentissage de la deuxième langue, qui débutait en 4e, pourra commencer en 5e.

    En histoire, le programme propose de “connaître le passé pour comprendre le monde actuel”. Enfin, en mathématiques, l’objectif est “la formation au raisonnement lié à des situations issues de la vie courante ou d’autres disciplines”.

    Là aussi, un accompagnement personnalisé est prévu, à raison d’une à deux heures par semaine. Enfin, le cycle 4 voit l’apparition d’un nouveau brevet (lire l’encadré ci-contre).

    Les enseignants du primaire ont bénéficié d’une formation spécifique aux nouveautés depuis le début de l’année. “Cela va obliger la Polynésie à faire face à un certain nombre de problématiques auxquelles elle n’a pas forcément été confrontée jusqu’à présent”, disait Florence Robine, numéro 2 du ministère de l’Éducation nationale, lors de sa visite au fenua en février.

    Si, comme l’ont révélé nos confrères de TNTV, la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem venait au mois d’octobre, la Polynésie n’aurait que peu de temps pour affiner le dispositif et rassurer élèves, parents et professeurs.

     

    C.P.

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