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La réforme des retraites passe en douceur

lundi 24 septembre 2018

Le kava de l’amitié a été partagé avec la délégation du Vanuatu. (© Christophe Cozette)

Le kava de l’amitié a été partagé avec la délégation du Vanuatu. (© Christophe Cozette)


Le projet de réforme des retraites, après une première mouture tuée dans l’œuf, en mars, a été étudié par les représentants de l’assemblée, vendredi dernier, dans le calme. La loi de Pays instaurant un départ à la retraite à 62 ans et 38 ans de cotisation, dès 2023, a été adoptée. Alors que le Tavini et le camp orange a voté contre, Angelo Frébault s’est abstenu.

“En douceur.” La réforme des retraites, qui instaure 62 ans pour l’âge minimal et 38 ans d’annuités, ajournée en mars, après la colère des syndicats, puis “adoucie” depuis, après trois mois de concertation avec les partenaires sociaux (lire notre édition de mardi dernier), est finalement passée, en douceur aussi, sans les échauffourées d’il y a 6 mois.

Amendée, la loi de Pays a finalement été adoptée grâce aux 39 voix de la majorité, soit 39 voix.

C’est après une allocution du président de l’assemblée du Vanuatu, Esmon Saimon et un partage traditionnel du kava avec les présidents Tong Sang et Fritch, mais aussi quelques représentants, dont Oscar Temaru, que les représentants de l’assemblée de Polynésie française sont rentrés dans le vif du sujet de cette réforme des retraites.

Malgré une mobilisation intersyndicale contre cette réforme, de bien moindre importance qu’en mars et de surcroît restée à l’extérieur de l’hémicycle, les représentants ont pu débattre relativement sereinement de cette réforme, après le discours d’Édouard Fritch.

Le président du Pays a fait un long rappel historique sur cette caisse de retraites, qui existe depuis une cinquantaine d’années environ. “Je ne veux pas être le fossoyeur de la retraite” a déclaré le président du Pays, qui “assume pleinement ce début de réforme”.

Ce fut ensuite à la présidente de la commission de la santé, de la solidarité, du travail et de l’emploi, Virginie Bruant, de présenter les grandes lignes du projet de loi de Pays, avant d’entamer la discussion générale, qui a duré une heure et demie environ.

D’emblée, l’opposition Tavini et Tahoeraa a annoncé la couleur, non pas la leur mais leur souhait de voter contre ce texte.

“Un texte plus qu’imparfait” pour Éliane Tevahitua (lire interview) du Tavini. Le projet “d’un gouvernement indigne à nous faire passer une trop grosse pilule”, pour Teura Iriti, du Tahoeraa, qui n’a pas manqué de rappeler le programme de son parti lors des dernières élections territoriales, prônant le maintien de la retraite à 60 ans et 35 années de cotisation.

 

La surprise est venue d’Angelo Frébault

 

La surprise, au final, n’est pas venue de l’extérieur mais bien de l’intérieur, dans l’hémicycle, des rangs orange.

En effet, le principal pourfendeur de la première mouture de la réforme, passé à la politique dans la foulée, Angelo Frébault, élu sur la liste Tahoeraa en mai, s’est dit là “pour corriger et proposer”, et a déclaré vouloir voter favorablement les amendements présentés. “Nous devons être une force de proposition”, a-t-il lancé, remerciant au passage Virginie Bruant, pour avoir accepté ses propositions en commission, dont cette progressivité, qui fait que les 62 ans et 38 années de cotisations soit effective en 2023.

Mieux encore, ce dernier avait préparé un amendement, outre les huit présentés par la majorité, pour “donner beaucoup de lisibilité et de clarté, dans le texte” (lire interview).

L’amendement de l’ancien syndicaliste permettait, selon lui, de faire supporter plus facilement la réforme aux petits salaires.

Mais au final, après une longue suspension, la majorité, “même si cet amendement va dans le sens de la réforme”, a rejeté la proposition de l’élu orange, qui manquait d’informations financières sur son éventuelle application.

Mais les huit amendements de la majorité ont été adoptés par les 39 voix de cette dernière, plus la voix de l’élu orange. Ce dernier s’est finalement abstenu sur le vote du texte général, qui a été finalement voté vers 14 h 30.

Dehors, certains syndicalistes souhaitaient lever les piquets de grève, d’autres non, résignés de devoir travailler jusqu’à 62 ans, à partir de 2023, sans doute.

 

Christophe Cozette

 

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