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Réforme sociale : Macron engage les consultations

vendredi 13 octobre 2017

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Emmanuel Macron a rencontré hier Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, ainsi que d’autres leaders syndicaux et patronaux. (Photo : Pascal Rossignol/Pool/AFP)

Emmanuel Macron a reçu hier en tête à tête les partenaires sociaux pour lancer la vaste réforme de la formation et de l’assurance-chômage, un chantier périlleux que le pouvoir veut mener à bien d’ici à l’été 2018.

Au cours de cette journée marathon, se sont succédé à l’Élysée sept leaders syndicaux et patronaux, dont Jean-Claude Mailly (FO), Philippe Martinez (CGT) et Pierre Gattaz (Medef), en attendant Laurent Berger (CFDT) ce matin.

Ils ont été reçus chacun environ une heure dans une ambiance “attentive et constructive” selon l’Élysée, mais les discussions n’ont pas débouché sur de nouvelles annonces sur les projets de l’exécutif. “L’architecture n’est pas encore définie, cela va faire l’objet des discussions dans les semaines à venir”, a résumé Jean-Claude Mailly.

Cette concertation débute dans un climat qui s’est alourdi depuis les ordonnances sur le code du travail, première réforme sociale d’envergure depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Après la mobilisation des fonctionnaires mardi, la CGT a appelé à manifester le 19 octobre pour le retrait de ces textes déjà entrés en vigueur.

Selon la méthode testée cet été avec les ordonnances, le président ouvre la concertation, puis passe le relais au Premier ministre Édouard Philippe et à la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui recevront les partenaires sociaux à Matignon du 17 au 19 octobre. Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer sera présent pour le volet apprentissage. Un projet de loi est attendu en avril.

La CGT a de nouveau critiqué cette méthode, y voyant surtout “de la communication” plutôt qu’une vraie concertation.

Le leader cégétiste réclame des discussions sur la base d’un “texte” et l’organisation de “multilatérales” réunissant tous les partenaires sociaux. François Hommeril (CFE-CGC) a également jugé que ce format de bilatérales n’était “pas adapté”.

Mais un tel processus permet “de discuter, d’avoir des idées” et de “mettre les choses sur la table”, s’est félicité Pierre Gattaz, le patron du Medef.

La réforme de l’assurance-chômage, qui doit être étendue aux indépendants et aux démissionnaires, cristallise le plus l’attention. Les syndicats craignent que l’arrivée de ces nouveaux bénéficiaires n’entraîne une baisse des allocations pour l’ensemble des chômeurs.

Il n’est “pas question de réduire les droits des privés d’emploi”, a averti Philippe Martinez, tandis que  Jean-Claude Mailly s’est exprimé contre “un système a minima” pour les indemnisations chômage.

François Hommeril a fait part, lui, de ses inquiétudes sur les “effets d’aubaine” de l’ouverture de droits aux démissionnaires.

“Cela pose un petit problème économique”, a renchéri Pierre Gattaz, qui s’est dit attaché au fait qu’on “ne baisse pas les indemnités” actuelles des chômeurs.

Autres sujets de friction : le financement et la gouvernance de l’Unédic, le gestionnaire de l’assurance-chômage. Le gouvernement prévoit que, dès 2018, le régime ne soit plus uniquement financé par les cotisations, mais également par l’impôt (CSG), et qu’il passe d’une gestion paritaire par les partenaires sociaux à une gestion tripartite avec l’État.

Jean-Claude Mailly et Philippe Martinez ont vilipendé ce projet, défendant le rôle des syndicats et du patronat.

Le président du Medef s’est dit “un tout petit peu réservé” sur ce thème.

 

AFP

 

 

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