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Pour la religion, deux frères en viennent aux mains

vendredi 22 mars 2019

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“J’ai honte de me retrouver ici en tant qu’auteur alors que je suis victime”, a déploré le prévenu.


“Violence en raison de la religion” un motif de convocation rarissime devant le tribunal. Un motif aggravant qui n’a finalement pas été retenu par le tribunal, mais la religion a bel et bien créé un sentiment d’animosité assez fort entre deux frères, R.G. le prévenu, et B.G., la victime, au point qu’ils en viennent aux mains le 18 décembre 2017.

R.G. l’admet, “c’est vrai que je combat cette religion des témoins de Jéhovah, mais ce jour-là, ça n’avait rien à voir.” R.G. reproche à cette croyance d’avoir semé la zizanie dans sa famille et que son frère “a tourné le dos le dos à la famille et que cette Église sectaire nous a fait du mal” depuis qu’il y est entré . Le juge complète : “Elle est effectivement considérée comme une secte.” R.G. est donc en conflit avec les témoins de Jéhovah et s’agace que les courriers qu’il leur adresse restent sans réponse. Ce jour-là, un membre des témoins de Jéhovah, considéré comme un ancien, vient à sa rencontre à ce sujet, mais le différend n’est pas réglé. Une dispute qui agace B.G qui retrouve son frère, il vient d’abord honorer une dette qu’il a contractée avec ce dernier et lui jette une liasse de billets au visage puis, se met en garde. Les deux frères, boxeurs, livrent ensuite deux versions différentes sur qui touchera l’autre le premier. “J’ai l’impression d’entendre mes enfants à la maison. Si vous aviez 8 ans, je vous dirais : jeux de mains, jeux de vilains. Mais comme l’époque des duels est terminée depuis 300 ans, la bagarre entre homme de 50 ans est interdite. Chaque année il y a des affaires de coups mortels. Cela va s’arrêter quand ?”, déplore le juge. Si l’on ignore qui a tapé en premier, c’est bien B.G. qui s’est vu prescrire 8 jours d’I.T.T.. Mis K.O. par R.G., B.G. a ensuite reçu plusieurs coups. “Je suis tombé dans son piège, je ne me suis jamais battu avec mon frère”, se défend, dépité, R.G “J’ai 33 ans de police, je n’ai pas envie d’avoir l’image d’un délinquant. J’ai honte de me retrouver ici en tant qu’auteur, alors que suis victime.” Son frère répond : “Je l’aime toujours, c’est lui qui a la haine contre nous, les témoins de Jéhovah.” Le juge finit par trancher “Quand on est policier, on sait que l’argument de la légitime défense quand l’autre est à terre, cela ne marche plus.” Le procureur le rejoint : “Quand on a exercé un métier noble, on est censé prêcher la bonne parole, pas la violence.”

Abasourdi, R.G. tente une nouvelle fois de se défendre : “Je ne suis pas un assassin. Ma blessure est là, dans le coeur. Mais que dois-je faire quand il arrive sur moi pour se battre, je dois partir de chez moi ? Je dois me laisser taper ? C’est moi la victime.”

Après avoir condamné R.G. à une amende de 40 000 francs et à verser 100 000 francs à B.G. au titre du préjudice moral , le magistrat donne un dernier conseil au prévenu : “Quand il était par terre, il fallait arrêter. Le vrai courage, c’est de refuser la bagarre.”

Une fois sortis de la salle d’audience, le jugement n’a pas apaisé les tensions et nul doute que R.G. fera appel “Je ne lui paierai pas un franc”, vocifère R.G. “Enlève la haine que tu as dans ton coeur”, tente sans succès B.G., pour apaiser son frère.

F.C.

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