Habillage fond de site

Remblai de l’ex-Maeva Beach : enquête ouverte contre le Pays

lundi 29 juillet 2019

1 bis PUN 1 sb polémique remblais

© Florent Collet

Après l’ère des affaires politico-financières, la Polynésie est-elle entrée dans la période des affaires politico-environnementales ?

Lors du son interview bilan, José Thorel indique que la défense de l’environnement est l’un des défis à venir de la justice. “Les problématiques des atteintes à l’environnement, que ce soit les atteintes à la faune ou la flore sauvage, les déversements de substances toxiques, de plastiques, sont des problèmes qu’il faut traiter.”

Aussi, après les bonbonnes de toxiques immergées à bord du Kura Ora, les autorités du Pays se trouvent une nouvelle fois dans le viseur de la justice avec le remblai du Maeva Beach.

Le procureur de la République a confirmé à La Dépêche de Tahiti l’ouverture la semaine dernière d’une enquête pour terrassement illégal et rejet de matières polluantes.

C’est au doyen des juges d’instruction, Thierry Fragnoli, que cette affaire d’infractions aux codes de l’urbanisme et de l’environnement a été confiée.

 

Remblai de 18 hectares prévu

 

Pour rappel, en juillet 2013, Gaston Flosse alors à la tête du Pays annonce vouloir faire de la zone de l’ancien hôtel Maeva Beach une zone d’aménagement prioritaire baptisée “Mahana Beach”.

La société hawaiienne “Group 70 International” remporte le concours architectural, qui prévoit dans son projet un remblai de 18 hectares sur le lagon bordant l’hôtel Maeva Beach qui sera détruit quelques semaines plus tard.

Le Pays prend la charge de l’aménagement du site et notamment de ce remblai. Rapidement, 66 000 m3 de terre d’origine non identifiée, puis au total 111 000 m3 en 2015, se retrouvent accumulés sur place.

L’InterContinental, hôtel voisin du site, ne voit pas d’un très bon oeil cette pollution visuelle pour ses clients et le risque de voir lagon souillé par la terre lors des fortes pluies.

Le code de l’urbanisme prévoit qu’une demande d’autorisation doit être faite pour le déplacement de 60 m3 de terre, et le code de l’environnement impose la réalisation d’une étude d’impact pour tout remblai prévoyant l’apport de plus de 10 000 m3 de matériaux.

Une étude d’impact est réalisée, mais à l’issue de l’apport en terre. “L’absence de dispositif de rétention des eaux chargées, des risques de fortes précipitations habituelles en Polynésie, de montée des eaux quasi chaque semestre, des départs de polluants vers le réseau des eaux pluviales, puis vers le lagon en aval, sont prévisibles avec des conséquences évidentes potentielles : pollution terrigène des terres mises à nue, augmentation de la turbidité du lagon, diminution de la qualité de l’eau et des zones touristiques alentour. Ceci est nocif pour le lagon et la volonté de préservation affichée de la zone de pêche protégée de la commune de Faa’a. L’impact est important”, indique l’étude.

Cette étude préconise notamment d’arracher les plantes invasives sur le site, de veiller à lutter contre le retour des espèces invasives végétales, d’effectuer des tests de détection de la petite fourmi de feu chaque mois ou de mettre en place un dispositif de rétention des eaux de ruissellement.

 

Pollution du lagon ?

 

La justice soupçonne le Pays de ne pas avoir suivi ces procédures, entraînant une pollution du lagon. Un délit pénal ou des peines allant jusqu’à 2 ans de prison sont encourues.

Pour le non respect du code de l’urbanisme en ayant réalisé un terrassement illégal, les contrevenants s’exposent à une peine de 4 mois.

Pour rappel, deux présidents se sont succédé à la tête du Pays durant cette période, Édouard Fritch ayant succédé à Gaston Flosse en septembre 2014.

Ce projet a déjà donné lieu à plusieurs jugements devant la justice. L’entreprise Boyer avait ainsi été jugée pour la destruction “artisanale” du Maeva Beach.

La société de BTP s’était notamment défendue en expliquant qu’elle avait dû faire avec des délais courts imposés par Gaston Flosse.

Suite à la plainte de l’InterContinental sur l’apport de terre et l’absence de procès verbal dressé par le Pays sur l’infraction au code de l’aménagement, le tribunal administratif avait contraint le Pays à réaliser cet état des lieux.

C’est ce dernier qui a motivé l’ouverture d’une enquête par le parquet de Papeete.

 

F.C.

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Édouard Fritch veut que les personnes hospitalisées après un accident qu'ils ont causé, sous l'empire de l'alcool ne soient pas pris en charge par la CPS. Pensez-vous que ce soit une bonne mesure ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete