Rencontre avec le père d’Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer

    jeudi 8 septembre 2016

    outre-mer

    Jacques le père et Ericka la fille, une complicité qui ne date pas d’aujourd’hui. (Photo : DR)

     

    “Son idéal, c’est combattre les injustices…”

     

    Originaire de la Réunion, Ericka Couderc, Bareigts de son nom de femme mariée, a commencé à effectuer des va-et-vient entre la métropole et la Réunion dès qu’elle a été élue député.

    Notre fille n’a jamais pu venir nous voir en Polynésie française. C’est une femme qui travaille beaucoup. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, elle aura encore moins de temps.

    Le seul moyen pour que nous puissions nous voir, c’est d’aller à la Réunion. Ce que nous faisons de temps à autre. On se voit comme ça. Nous avons le noyau familial là-bas, d’abord, mes enfants – j’ai deux filles dont Ericka – nos petits-enfants, mon frère et mes sœurs.

    C’est une famille implantée à la Réunion depuis longtemps mais qui est originaire de Madagascar. Lorsque cette île est devenue indépendante, nous ne pouvions plus rester, car mon père, fonctionnaire, était Français. Nous sommes allés chercher le soleil du côté de Marseille, pour revenir vers l’océan Indien et nous avons posé notre sac à la Réunion.

    Ericka, comme beaucoup de filles de son âge, a fait ses études en partie à Saint-Denis (deug) après avoir passé son bac en 1986. Sa licence en poche, elle quitte son île pour la métropole, et fait son entrée à La Sorbonne pour obtenir son DESS de droit international et des affaires.

    À partir de là, elle quitte la France un temps pour l’Angleterre, afin de se perfectionner en droit international. Un an plus tard, elle revient à la Réunion.

    Rapidement, elle fait son entrée au Conseil régional comme juriste… Toute jeune, elle monte le service juridique du Conseil régional qui n’existait pas.” Ericka se marie avec un Réunionnais qui a fait des hautes études commerciales.

    Professionnellement, elle se lance davantage dans le social, et s’intéresse à la politique. Elle œuvre dans le syndicat des étudiants et en devient rapidement la présidente.

    Déjà, elle faisait preuve de maturité, et on sentait qu’elle avait envie de s’embarquer dans une action plus importante.

    Par un concours de circonstances, elle fait la connaissance du maire de Saint-Denis, Gilbert Annette, et confirme son engagement en politique au titre d’élue au conseil municipal en charge d’une communauté de communes rattachées à Saint-Denis :  “Elle s’impliquait beaucoup, trouvant ses nouvelles fonctions très intéressantes. J’étais ébahi de voir ce petit bout de bonne femme avec une force de conviction étonnante.

    Après être devenue députée, elle fait son entrée au gouvernement comme secrétaire d’État choisie par le président de la République. Ericka est devenue secrétaire d’État à l’Égalité réelle.

    De fil en aiguille elle est devenue ministre des Outre-mer. “J’avais déjà senti chez ma fille cette volonté de devenir une femme politique. Il ne pouvait pas en être autrement. Au niveau personnalité elle était, et a toujours été, un leader, mais naturellement, sans faire d’effort. C’est quelqu’un qui utilise la force mais aussi le sentiment. Pour aider quelqu’un par exemple. Ericka a toujours eu des dispositions relationnelles assez développées.

     

    Une personne de confiance

     

    Cette attitude de leader, elle la montrait déjà durant sa jeunesse. Par exemple alors qu’elle n’avait que six ans : “Nous étions alors revenus à Madagascar pour deux ans”, explique Jacques.

    J’étais instituteur. À l’école, sans que je lui aie demandé quoi que ce soit, elle m’appelait Monsieur. Elle m’appelait papa que lorsque nous étions en dehors. C’est une enfant qui, déjà en CP, savait bien séparer les choses. Cela dénote une certaine maturité.

    Lorsqu’elle était en terminale, entourée de ses amis habituels, je l’avais trouvée un jour avec un de ses copains qui pleurait dans ses bras. elle le consolait d’un petit chagrin d’amour. Lorsque l’on est adolescent, on ne se confie pas à n’importe qui. C’est une question de confiance…

    Elle, elle apportait cette confiance ! Ericka a toujours été très attentionnée, très sensible, elle ne supporte pas l’injustice. Son idéal, c’est combattre ces injustices.. Elle est comme ça, elle part dans des challenges, quand il faut ; j’ai beaucoup d’admiration pour elle.

    Depuis sa nomination, les contacts ont été brefs, uniquement par écrit : “Je ne l’ai pas eue encore au téléphone depuis sa nomination. Nous avons communiqué par le net, on ne s’est pas téléphoné. Il faudrait que l’on prenne le temps de se poser, mais pour elle maintenant c’est l’ébullition.

    Il faut être un peu patient et que l’on revoie tout ça calmement. Je n’ai pas encore eu l’occasion de parler avec Madame la ministre… Je ne connais pas encore ses états d’âme, mais cela va venir. On n’est pas pressés. En tout cas, j’espère que nous nous verrons ici. Si non, ce sera à la Réunion ou à Paris.

    Quant à l’avenir d’Ericka, Jacques son père ne se fait pas d’illusion : “Je suis persuadé qu’elle va continuer. Il y a des élections qui arrivent, les présidentielles, les législatives, je suis persuadé qu’elle fera partie des législatives.

    Nous n’en avons pas parlé mais telle que je la connais, elle doit se préparer pour ça. Il ne faut pas se faire d’illusion, on ne sait pas si le Parti socialiste passera le cap.

    Honnêtement. Tout devrait se décider bientôt, mais elle continuera son combat. Son idéal a commencé dans le même quartier de Saint-Denis parce que c’est là qu’elle a grandi et qu’elle s’en est beaucoup occupée de par ses fonctions, pour améliorer les choses.

     

    De notre correspondant
    Jeannot Rey

     

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