Rencontre entre le syndicat des praticiens hospitaliers et les ministères de la Santé et de la Fonction publique

    mardi 31 mai 2016

    Cela faisait deux mois que le syndicat des praticiens hospitaliers de la Polynésie française (SPHPF) attendait de rencontrer les ministères de la Fonction publique et de la Santé. La rencontre a enfin eu lieu, hier.
    Suite au protocole d’accord qui a été signé en février, il avait été convenu que les trois parties devraient se réunir chaque mois, pour discuter de la permanence des soins dans les hôpitaux périphériques (Taravao, Uturoa, Taiohae) à partir de mars et du statut des praticiens hospitaliers à partir d’avril.

    “Malheureusement, nous n’avons obtenu notre premier rendez-vous que le 30 mai. On a déjà pris deux mois de retard, juste pour des discussions. On a l’impression que le ministère n’est pas très motivé”, s’inquiétait hier Marc Lévy, président du SPHPF.
    Pour le ministère de la Santé, ce retard aurait été causé par la difficulté d’accorder les agendas de chacun pour caler un rendez-vous.
    À noter qu’hier, ni Patrick Howell, ministre de la Santé, ni Jean-Christophe Bouissou, ministre de la Fonction publique, n’étaient présents à la réunion.

    Si, à l’origine, les sujets évoqués devaient faire l’objet de deux réunions distinctes, le syndicat a préféré rattraper le retard en abordant les deux points lors d’une même réunion.
    Tout d’abord, il a été question du problème des gardes et astreintes des médecins des hôpitaux périphériques. Le syndicat souhaite que la délibération sur la permanence des soins dans ces établissements soit modifiée et “passe dans les meilleurs délais à l’assemblée de la Polynésie française, en tenant compte des problèmes de fonctionnement”.
    “C’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait suffisamment de personnel”, explique Marc Lévy.

    Selon lui, la modification de la délibération devrait mettre fin aux blocages administratifs pour le paiement des gardes des médecins et harmoniser les rémunérations entre les hôpitaux.

    Situation critique

    “Jusque-là, certains aspects ont été oubliés, comme la rémunération particulière des jours fériés, des week-ends et des nuits. Par exemple, actuellement, la nuit est payée au même tarif que le jour”, précise-t-il.
    Par ailleurs, pour le syndicat, il est urgent d’attaquer le chantier sur la réforme du statut des praticiens hospitaliers.
    “Une démarche de projet doit être mise en œuvre avec les différentes directions des hôpitaux et pour l’instant, rien n’a été enclenché”, s’inquiète Marc Lévy.

    Aujourd’hui, la situation des praticiens hospitaliers est critique, notamment pour ceux qui officient dans les hôpitaux périphériques.
    “Le problème le plus criant, c’est l’hôpital de Taravao. Il y a des postes qui ne sont pas pourvus depuis le début de l’année. Les urgentistes ne sont pas suffisamment nombreux.
    On doit faire appel à des médecins privés pour faire des remplacements. On demande même à des médecins de Taaone s’ils peuvent faire des remplacements pour assurer des gardes à Taravao.

    C’est bien la preuve qu’il y a un déficit de médecins. Les problèmes de recrutement sont bien réels, et les problèmes statutaires sont à l’origine de cette situation”, explique Marc Lévy.
    En effet, le statut des praticiens polynésiens ne séduit pas leurs homologues de métropole : absence d’assurance retraite sur plus de la moitié des salaires, pas de limitation du temps de travail, absence d’indemnisation pour le travail de nuit, le week-end et les jours fériés, cinq semaines de congés annuels uniquement au lieu de neuf en métropole…

    “Les hôpitaux ont de plus en plus de mal à recruter des médecins, notamment en spécialité chirurgicale. On a beaucoup de turn-over.
    On a des praticiens hospitaliers qui refusent d’être embauchés sur le statut actuel. Il a fallu faire des contrats spéciaux, avec des emplois fonctionnels, validés par le conseil des ministres pour avoir certains postes.
    On a même des praticiens d’origine polynésienne qui ne veulent pas s’installer ici, préférant travailler en métropole”, explique Marc Lévy.

    É.P.

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