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RENTRÉE SCOLAIRE – Une reprise marquée par des fermetures inquiétantes

jeudi 16 août 2018

chritelle lehartel éducation

La ministre de l’Éducation a rappelé ses priorités. (© Jean-Luc Massinon)

Cette année encore, l’ensemble des directeurs d’école et enseignants de la circonscription pédagogique de la côte est était convié à une grande messe de rentrée. Près de 200 personnels des établissements de Arue, Mahina et Hitia’a o te Ra s’étaient rassemblés sous le préau de l’école Ahutoru à Arue où les a rejoints une délégation du ministère de l’Éducation conduite par Christelle Lehartel et du vice-rectorat que dirige Philippe Couturaud.

Avant que le représentant de l’État rappelle l’importance de poursuivre le rapprochement entre le primaire et le secondaire entamé l’année précédente, la ministre est revenue sur les priorités de sa lettre de rentrée résumées en deux mots : équité et ensemble. Pour la nouvelle ministre, issue du corps enseignant, c’est un devoir de tous de donner plus à ceux qui ont moins.

Christelle Lehartel a également abordé l’épineux problème du rythme scolaire, notamment celui de Mahina. L’heure d’évaluer cette expérimentation – qui dure depuis des dizaines d’années – semble venue. Cela risque de ne pas réjouir les enseignants de cette commune qui, aujourd’hui, terminent la classe à 13 h 45, contre 15 h 30 pour les autres communes de Tahiti.

C’est un inspecteur principal qui viendra de Paris pour étudier la question. Mais déjà pour la ministre, ce dispositif n’a pas montré son efficacité au regard des résultats que Christelle Lehartel a qualifiés de “pas si fameux”. La ministre a d’ailleurs mis le doigt sur les résultats de l’ensemble de la circonscription, en baisse depuis les évaluations de 2012.

 

Disparition d’école ?

 

Mais le sujet le plus inquiétant pour l’assistance, abordé lors d’une séance de questions, était celui des fermetures de classes. Directement touché cette année, Jacky Bryant, directeur de l’école de Erima, doute qu’il faille pointer la démographie comme coupable, reprochant même à la commune de Arue de laisser les parents choisir où ils veulent mettre leurs enfants. École pour les lotissements sociaux des hauteurs, le directeur craint que l’établissement soit, un jour, voué à fermer, si rien n’est fait.

Les fermetures et les départs d’enseignants n’aident pas les équipes à travailler dans la stabilité, selon Jacky Bryant. Pire, cela donne même du grain à moudre aux parents qui anticipent pour expatrier leurs enfants ailleurs. Le directeur d’école – ou peut-être l’homme politique – a également dit ce que certains pensent tout bas sur les réformes qui s’enchaînent les unes aux autres comme un effet “boule de neige”. “Les enseignants n’ont pas fini d’absorber la dernière réforme que l’on crée quelque chose d’autre”, se plaint Jacky Bryant qui pense que le personnel a mieux à faire que de s’occuper désormais des élèves du secondaire.

Les résultats en CM2 semblent s’en ressentir, des résultats d’évaluations qui se dégraderaient, selon le directeur de Erima, également dans l’Hexagone. En réponse, la ministre a assuré que les enseignants polynésiens étaient des “privilégiés au paradis” par rapport à leurs collègues de France.

Christelle Lehartel, qui assure défendre chaque poste à Paris, a laissé entendre que le président Macron était quelqu’un qui “allait jusqu’au bout” de ses réformes en prenant l’exemple des cheminots. La ministre a conclu le débat par un vigoureux : “Vous avez un super métier, éclatez-vous”.

 

J.-L.M.

 

 

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