Rép. Dominicaine/cocaïne : quatre Français condamnés à 20 ans de prison

    samedi 15 août 2015

    Quatre Français ont été condamnés vendredi à des peines de 20 ans de prison en République dominicaine pour trafic de drogue, les plus lourdes sanctions dans un procès qui impliquait 14 personnes au total.

    Les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, le passager Nicolas Pisapia et l’apporteur d’affaires Alain Castany ont été reconnus « coupables du crime d’association en vue de (…) posséder des drogues illicites ».

    Au téléphone, Bruno Odos a fait part à l’AFP de sa surprise face à ce verdict, affirmant n’avoir « jamais été interrogé » au cours de l’instruction.

    « On ne s’y attendait pas du tout », a confié au téléphone à l’AFP M. Odos, la voix blanche. « On ne va pas en rester là, nous ferons appel dès le 4 septembre », quand les arguments du tribunal seront publiés, a-t-il ajouté

    A Paris, le ministère des Affaires étrangères a estimé que la condamnation « très lourde » des quatre Français n’était « toutefois pas définitive » et a indiqué « continuer à leur assurer une protection consulaire active ».

    L’affaire remonte à la nuit du 19 au 20 mars 2013, quand la police dominicaine, renseignée notamment par les Etats-Unis, a intercepté sur le tarmac de l’aéroport de Punta Cana (est) un Falcon 50 avec 26 valises contenant 680 kg de cocaïne à son bord.

    Sur les 10 Dominicains poursuivis pour complicité, six ont été acquittés, quatre autres écopant de peines allant de cinq à 10 ans de prison.

    L’un des avocats parisiens des pilotes, Me Eric Le François, a déclaré à l’AFP que ses clients « sont abasourdis par cette décision et ne savent pas comment en sortir ». « Ils se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment », dit-il.

    Dans une déclaration à l’AFP, Christine Odos, la soeur de Bruno Odos, s’est dite « en colère, accablée, révulsée ». Le père de Nicolas Pisapia s’est dit « profondément choqué » par le verdict, ajoutant qu’il n’y a « aucun élément » qui prouve la culpabilité de son fils. Les membres du comité de soutien à Nicolas Pisapia, étaient « effondrés » après ce « procès inique ».

    – « Triple catastrophe » –

    Le sénateur représentant les Français établis hors de France, Olivier Cadic, a demandé « une implication plus forte de la diplomatie française »

    Les quatre Français, qui comparaissaient libres après 15 mois de détention provisoire dans un quartier de haute sécurité, le resteront jusqu’à ce que la sentence soit définitive, sans pouvoir quitter le pays.

    Dans leurs plaidoiries, les avocats des quatre hommes avaient tous demandé leur acquittement, alléguant que rien ne prouvait qu’ils savaient que de la drogue se trouvait à bord de l’avion.

    Mais vendredi, le procureur Milciades Guzman a une nouvelle fois affirmé le contraire.

    « Je veux simplement répéter une fois de plus que je suis innocent », a déclaré en espagnol Nicolas Pisapia, 40 ans, accusé par le procureur d’être le cerveau de l’opération.

    « Après deux ans, je n’ai entendu que des mensonges dans la bouche du ministère public », s’est défendu Alain Castany, un apporteur d’affaires de 69 ans travaillant avec la compagnie ayant affrété l’appareil.

    M. Odos, 55 ans, a affirmé vivre depuis 2013 un cauchemar, avant de répéter : « Je suis innocent de tout ce dont on m’accuse ».

    Enfin, M. Fauret, 56 ans et père de quatre enfants, a évoqué « une triple catastrophe », professionnelle, économique et familiale.

     

    – Vols suspects en France –

    Le procureur avait requis 20 ans de prison à l’encontre des quatre Français.

    Dans la foulée de l’opération de police du 19 mars 2013, une quarantaine de personnes – agents des douanes, de la police et des services de sécurité aéroportuaires – avaient été arrêtées. La majorité d’entre elles ont été relâchées au fil des mois.

    En France, une enquête a également été ouverte après l’interception de l’avion en République dominicaine. Mais dès janvier 2013, les gendarmes étaient sur la piste de « comportements suspects » de passagers d’un Falcon 50 ayant atterri un mois plus tôt à Saint-Tropez (sud-est).

    Le 9 décembre 2012, un douanier en poste à Toulon (sud-est), soupçonné aujourd’hui de complicité, était allé accueillir l’avion, avec à son bord Pascal Fauret, Bruno Odos et Nicolas Pisapia. Il avait fait entrer sur le tarmac deux véhicules qui avaient emporté dix valises déchargées de l’appareil.

    Selon l’enquête, deux autres déchargements identiques avaient eu lieu en 2012. Un autre était prévu pour le 18 mars 2013.

    La défense des Français a fait feu de tout bois pour que ces faits ne soient pas utilisés par l’accusation.

    Agence France-Presse

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