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Des réseaux sociaux pas si jojo

mercredi 4 janvier 2017

réseaux sociaux

Le côté addictif des réseaux sociaux a deux conséquences établies : la disparition du temps libre et la dépendance aux réactions,
au nombre de “like” qu’on va obtenir sur ce qu’on publie. (© DR)


Les réseaux sociaux, très présents dans la vie de plus de la moitié des Polynésiens, ont montré au fil des ans leurs dérives, de plus en plus nombreuses. Et la cible privilégiée de ces dérives restent les jeunes, qui sont des proies faciles face aux dangers du Web. Mais la justice veille au grain, car si la plateforme est virtuelle, les risques de poursuites pénales sont, quant à eux, bien réels pour les publications délictuelles ou criminelles.

On y trouve de tout. Les réseaux sociaux, et plus précisément Facebook, qui compterait 130 000 utilisateurs polynésiens (soit la moitié de notre population) sont devenus des lieux où tout et n’importe quoi fleurissent.
S’il y existe des choses plutôt positives, comme des chaînes de solidarité qui se créent quand il s’agit de retrouver des êtres chers, des groupes d’entraide, des choses marrantes qui égayent la journée, des informations pratiques et utiles dans tous les domaines ; les réseaux sociaux recèlent également un côté obscur difficile à éviter.

“La dérive très négative qu’on peut retrouver, c’est l’amplification des tendances voyeuristes, de non-respect de la vie privée, de diffamation, de rumeur, explique Emmanuel Schneider, consultant en webmarketing, qui a largement étudié le sujet. Il y a ce sentiment d’impunité. D’être derrière son écran, l’individu est complètement déresponsabilisé, il pense que ce qu’il fait n’a pas de conséquences. Il peut insulter, lancer des rumeurs, diffamer ; ça devient un défouloir. On considère que le fait d’être derrière l’écran influe énormément sur le comportement du cerveau, c’est-à-dire qu’il n’est pas en présence d’individus physiques en face de lui, donc il y a des verrous qui sautent. Et ces verrous-là, ce sont des filtres sociaux qui font qu’en société, même quand on a un fort caractère, qu’on est très énervé, le cerveau évalue en temps réel les risques pour voir ce qu’on va dire et comment on va le dire, alors que là, il n’y a aucun risque apparent.”

Des maux en pagaille

 

Outre de relâcher la bête qui sommeille en nous, l’apparition des réseaux sociaux a également fait naître d’autres maux chez leurs utilisateurs. “Aujourd’hui, il y a plusieurs faits qui sont mis en lumière par les sociologues et médecins, poursuit Emmanuel Schneider. Il y a déjà le fait qu’on a une vie scénarisée, sur Facebook ou les autres réseaux sociaux. On ne peut pas tout raconter, donc on choisit. Et on choisit rarement ce qu’il y a de moins glorieux, donc on commence à avoir une vie virtuelle qui va créer un mal-être à cause du décalage qui va grandir entre ce qu’on montre sur les réseaux sociaux et ce qu’on vit vraiment. Et si on pousse un peu l’effet pervers, progressivement, on va avoir des jugements négatifs et dévalorisant sur notre propre vie, parce qu’elle ne ressemble pas à un conte de fée Facebook.”

“Le deuxième point, poursuit-il, ce sont les addictions. On a clairement identifié qu’au même titre que la télé en son temps ou les jeux électroniques, il y a un véritable phénomène possible d’addiction, au sens pathologique du terme, aux réseaux sociaux, et qui peut avoir plein de conséquences. La première est la disparition du temps libre, c’est-à-dire que le temps qu’on passait à ne rien faire est en train de disparaître purement et simplement au profit des réseaux sociaux, surtout avec la 3G. L’autre conséquence, c’est la dépendance affective. Même si beaucoup de gens disent ne pas la ressentir, en réalité, notre cerveau devient très vite dépendant des réactions, du nombre de ‘like’, du retour virtuel qu’on va obtenir de ses cercles d’amis sur ce qu’on publie. C’est encore plus vrai pour les jeunes et les ados qui ont très peu de recul sur le fait que ça n’est qu’une forme virtuelle d’intérêt et de lien social. La dépendance affective a des conséquences assez graves puisqu’il y a énormément de déprimes liées à un isolement virtuel.”

Laisser le temps à la société

Si les problèmes liés à l’utilisation des réseaux sociaux sont aujourd’hui bien définis, la solution n’est pas forcément évidente.
“Ça va prendre du temps, conclut le consultant en webmarketing. Il va falloir que la société se réapproprie les réseaux sociaux en tant que pratique sociale et les canalise comme elle le fait pour toutes les innovations, au fur et à mesure. Un exemple tout simple : les téléphones portables. Quand ils sont apparus, le principal problème dans la décennie qui a suivi, c’était que les téléphones sonnaient partout, avec des sonneries insupportables au volume maximum.

Il a fallu 20 ans à peu près pour que la société se réapproprie l’outil et apprenne à canaliser la chose pour que ça reste tolérable dans un environnement social où l’on respecte autrui. Sur les réseaux sociaux, pour l’instant, c’est le grand n’importe quoi, mais on peut penser qu’il va y avoir des processus qui vont faire que la maturité des utilisateurs et des usages va évoluer ; que les comportements complètement déviants vont sans doute être, au bout d’un moment, le fait d’une minorité et que le reste de la population sera aguerri à l’outil. Mais il va falloir du temps.”

 

 

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