Restructurations militaires : un « cataclysme » pour Châlons-en-Champagne

mercredi 15 octobre 2014

« C’est un sale coup pour la ville, un véritable cataclysme » : l’ambiance était sombre mercredi chez les commerçants de Châlons-en-Champagne au lendemain de l’annonce de la dissolution d’un régiment et d’une brigade dans le cadre des restructurations de l’Armée. « Avec les familles, c’est près de 3 000 personnes qui vont quitter Châlons, qui est déjà fragilisée par une situation économique difficile. Les conséquences économiques et sociales peuvent être catastrophiques. C’est un sale coup pour la ville, un véritable cataclysme », s’est inquiété Bruno Forget, qui dirige l’Union commerciale industrielle et artisanale (UCIA) de Châlons-en-Champagne.
Mardi, après une entrevue avec le ministre de la Défense, le député-maire UMP Benoist Apparu avait annoncé la dissolution du 1er Régiment d’artillerie de marine (RAMa) et de l’état-major de la 1ère Brigade mécanisée qui emploient près de 1.000 personnes dans la ville préfecture de la Marne, où vivent quelque 45 000 habitants.
Selon lui, la population militaire représente quelque 7% de la ville où 54% des emplois sont liés à la fonction publique. Avec le départ des personnels et des familles du 1er RAMa et de la 1ère BM, « c’est 400 élèves en moins dans les écoles, soit 20 classes », a-t-il précisé.
Dans le centre ville de Châlons-en-Champagne, les commerçants redoutent de lourdes conséquences économiques à ces départs programmés avant l’été 2015.
« On risque une chute catastrophique du marché de l’immobilier car ces militaires étaient pour la plupart locataires, on est tous très inquiets pour l’avenir de notre ville et de nos emplois », a déploré Dominique Vatel, gérant d’une agence immobilière et secrétaire de la chambre régionale de la FNAIM.
 
« Une cité qui se meurt »
 
« Et si après la réforme territoriale Châlons perd sa place de capitale régionale, le pire sera à craindre », a-t-il souligné.
Même pessimisme dans la bouche de Sophie Haimart qui dirige un restaurant gastronomique depuis neuf ans dans les rues piétonnes du centre. « C’est l’image de la ville qui en prend un coup, une cité qui se meurt n’attire pas les touristes », a-t-elle affirmé.
« Avec la crise que nous traversons, je ne vois pas comment on pourrait compenser ces pertes d’emplois. Châlons est une ville de fonctionnaires, tout cela est de très mauvais augure », a-t-elle ajouté.
Le député-maire Benoist Apparu a appelé la population a manifester jeudi devant la préfecture pour réclamer au gouvernement « des compensations, des emplois, un avenir pour Châlons! »
« Il faut rester mobilisé, même si cette annonce est dramatique pour l’avenir de notre ville il faut essayer de rebondir en montrant déjà notre détermination », a estimé Sophie Hamm, qui invite chaque client de son épicerie fine à se rendre à la manifestation.
Au total, 7 500 postes doivent être supprimés en France en 2015, dans le cadre de la Loi de programmation militaire 2014-2019.
Des mesures d’accompagnement des personnels et des territoires touchés ont été annoncées mercredi par le gouvernement. Elles représentent, selon le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, « un engagement financier majeur, élevé à près de 205 millions d’euros pour les personnels en 2015, et à 150 millions d’euros pour l’accompagnement des territoires d’ici 2020 ».

AFP

Les sites concernés par les restructurations

Voici les principaux sites concernés par le programme de restructurations dans les trois armes, annoncées mercredi par le ministère de la Défense pour 2015, visant à supprimer 7 500 postes :
 
ARMÉE DE TERRE :
– Dissolution du 1er Régiment d’artillerie de marine de Châlons-en-Champagne (960 emplois supprimés selon le député-maire UMP de cette ville Benoist Apparu).
– Réorganisation du régiment médical de Béligneux (Ain) avec la suppression de deux compagnies de décontamination et de la compagnie de ravitaillement sanitaire de Chanteau (Loiret).
– Transformation du 1er Régiment de tirailleurs d’Épinal et du 8e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (8e RPIMa) de Castres en régiment d’infanterie de nouvelle génération et suppression des sections de reconnaissance régimentaire dans l’ensemble des régiments d’infanterie.
– Suppression des escadrons d’éclairage et d’investigation du 12e Régiment de cuirassiers d’Olivet (Loiret), du Régiment d’infanterie-chars de marine de Poitiers et du 1er Régiment de chasseurs de Thierville-sur-Meuse, près de Verdun.
– Suppression d’un escadron de transport au 121e Régiment du train de Montlhéry (Essonne) et au 515e Régiment du train de Brie (Charente).
– Suppression d’une des « musiques » implantées en Île-de-France.
 
MARINE :
– Désarmements de 5 bâtiments de combat : le transport de chalands de débarquement Siroco et le pétrolier-ravitailleur Meuse à Toulon, le patrouilleur austral Albatros à La Réunion, et les deux patrouilleurs de surveillance de site Athos et Aramis à Anglet (Pyrénées-Atlantiques).
– Suppression du Commandement de la marine à Strasbourg.
– Fermeture de la base navale de l’Adour à Anglet.
 
ARMÉE DE L’AIR : 
– Transformation de la Base aérienne 901 de Drachenbronn (Bas-Rhin), dont le site continuera d’accueillir des moyens de détection, en élément air rattaché à la Base aérienne 133 de Nancy.
– Dissolution de la Base aérienne 117 de Balard.
– Début de la dissolution de la Base aérienne 102 de Dijon avec le transfert du Commandement des forces aériennes à Bordeaux-Mérignac et son fusionnement avec le Commandement du soutien des forces aériennes.
– Début du transfert des escadrons de Casa de Creil (Oise) vers la Base aérienne 105 d’Évreux en vue de la fermeture de la plateforme aéronautique de la Base aérienne 110 de Creil en 2016.
 
INTERARMÉS :
– Transfert d’une partie de la Direction du renseignement militaire de Creil vers Balard à Paris.
– Première phase de la dissolution de l’ELOCA (établissement logistique de commissariat des armées) de Porte-lès-Valences.
– Dissolution du Service local contentieux de Lyon.
– Fermeture du Centre de ravitaillement des essences de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne).
 
SERVICE DE SANTÉ DES ARMÉES :
– « Adaptations spécifiques » de l’hôpital parisien du Val-de-Grâce dont les activités médicales vont être transférées à d’autres établissements militaires franciliens

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