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Du retard dans les formations sur l’amiante

jeudi 28 juin 2018

Les formations qui sont proposées depuis un an maintenant pour former des agents d’encadrement et des agents opérateurs liés aux risques de l’amiante ont pour le moment été peu suivies par les acteurs du BTP. (© Désiré Teivao)

Les formations qui sont proposées depuis un an maintenant pour former des agents d’encadrement et des agents opérateurs liés aux risques de l’amiante ont pour le moment été peu suivies par les acteurs du BTP. (© Désiré Teivao)


La Direction du travail a organisé la dernière matinée de prévention des risques liée à l’amiante. À compter du 1er juillet, toute entreprise ou institution évoluant dans le domaine du bâtiment ne pourra plus intervenir dans un lieu susceptible de contenir de l’amiante. Leurs employés devront être spécialement formés par des organismes agréés pour pouvoir travailler sur ce type de chantier.

Masque à particules, aspirateur de très haute efficacité et tenue hermétique. Voici le nouvel attirail auquel les employés du Bâtiment et des travaux publics (BTP) devront s’habituer dès le 1er juillet.

Comme le stipule un arrêté du conseil des ministres pris le 2 juin 2017 : “À compter du 1er juillet 2018, aucune entreprise ou institution exerçant dans les domaines d’ouvrage hydraulique et des travaux de bâtiments ne peut plus intervenir dans un lieu susceptible de contenir de l’amiante sans avoir établi un mode opératoire adéquat. Et aucun des employés ne pourra travailler sur un tel chantier sans avoir au préalable suivi une formation délivrée par un organisme agréé, à la charge de son employeur.”

Pour sensibiliser les entreprises mais aussi les communes du fenua à cette nouvelle réglementation, la Direction du travail a organisé plusieurs matinées de prévention et de sensibilisation, dont la dernière s’est tenue hier. Elle a réuni près d’une cinquantaine de représentants des communes et d’entreprises du BTP, dans l’amphithéâtre de l’Institut Mathilde Frébault (école d’infirmières-ers) à Mamao.

Des origines de l’amiante à son utilisation massive dans quasiment tous les matériaux de construction, en passant par les effets néfastes de cette microparticule sur la santé (voir encadré)… autant de points qui ont été abordés par Rocky Hunter, conseiller en prévention à la Caisse de prévoyance sociale (CPS). “Comme on dit souvent, mieux vaut prévenir que guérir (…) parce qu’un salarié atteint d’une maladie liée à l’amiante, ce sont des coûts exorbitants. Et puis, l’objectif d’un employeur n’est pas de mettre en danger ces salariés, d’où l’intérêt de ces matinées et de cette nouvelle règlementation.”

 

 

Des formations très peu suivies

 

 

Cette dernière matinée de prévention était également l’occasion, pour Gisèle Faahu, coordinatrice à la Direction du travail, de présenter les formations disponibles sur le territoire pour la mise à niveau des employés.

Pour le moment, seuls deux organismes, Bati Conseil & Formation et le Centre de formation pour adultes (CFPA), sont agréés au fenua pour former des agents d’encadrement et des agents opérateurs. Bémol. Les formations qui ont débuté depuis un an maintenant ont été peu suivies par les acteurs du BTP. “On a pensé que les formations auraient été surchargées vu que le texte présenté l’année dernière présentait une date butoir. Des courriers ont été envoyés pour les informer, mais force est de constater que peu de personnes ont, pour le moment, suivi ces formations”, indique Rocky Hunter. Et Gisèle Faahu d’insister : “À partir de la semaine prochaine, le Code du travail prévoit des sanctions en cas de non-respect des dispositions prévues par la réglementation. Ça va de l’amende administrative jusqu’à l’arrêt de l’activité.”

Un entrepreneur semblait d’ailleurs inquiet quant à la poursuite de ses activités : “Si j’ai des chantiers qui sont en cours et qu’aucun de mes salariés répond à ces critères de formations, je suis obligé de tout arrêter en attendant de pouvoir les former. Ça va me paralyser.” Moea Simon, responsable des services techniques de la mairie de Pirae, souhaitait, de son côté, obtenir plus d’informations à propos des calendriers de formation. “Rien qu’à Pirae, j’ai une quarantaine d’agents à former. Sachant qu’il y a 48 communes, ça va être très compliqué de former l’ensemble des agents communaux avec seulement deux organismes agrées.”

“Il ne s’agit pas, pour le moment, de former tous vos employés, mais d’en former un ou deux par entreprise et par commune, puis, par la suite, le reste. Mais il faut pallier au plus vite ce manque”, prévient Gisèle Faahu.

Pour rappel, depuis le 1er janvier 2009, l’importation et la mise sur le marché de tous produits contenant des fibres d’amiante sont interdits en Polynésie française. Mais jusqu’à cette date cette microparticule était présente à doses variables dans à peu près tous les matériaux de construction d’un bâtiment. Ce qui pourrait concerner un grand nombre d’infrastructures aujourd’hui.

D. T.

 

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