Retour aux sources avec Heira’i Lehartel

    mardi 27 octobre 2015

    Ce soir, à 18 heures, dans la salle Muriavai de la Maison de la culture, aura lieu le vernissage de l’exposition de Heira’i Lehartel, Taipu mai na, taipu atu ra-Pâme-toi… et inonde.
    “J’ai grandi dans les coulisses de la Maison de la culture car ma maman a travaillé ici pendant plus de 35 ans”, explique l’artiste qui a commencé à peindre dès son plus jeune âge. Après des études en métropole et en Nouvelle-Zélande et plusieurs années en tant que professeure contractuelle en arts plastiques, elle présente aujourd’hui sa troisième exposition dans la salle Muriavai.
    L’artiste aime mélanger les techniques. Pour cette exposition, elle propose 24 tableaux où se rencontrent peinture à l’huile, fusain et photo collage. Heira’i Lehartel s’inspire de sa culture, de son environnement proche, de ses rêves, des légendes tahitiennes, mais aussi des artistes locaux et internationaux qu’elle affectionne, comme la peintre mexicaine Frida Kahlo, le photographe Lucien Gauthier et l’artiste surréaliste René Magritte.
    Dans ses toiles, les éléments s’entremêlent, elle aime brouiller les pistes proposant ainsi au spectateur un voyage onirique. “Dans mes tableaux, je représente des scènes quotidiennes typiques de chez nous, avec des couleurs qui nous rappellent bien la Polynésie : le vert, le bleu, le jaune… Mais c’est une réalité qu’il faut dépasser. C’est important de faire en sorte que celui qui regarde le tableau se pose des questions. Après, à lui de faire son histoire, même si j’ai la mienne. Il est important que le tableau continue à vivre par la pensée”, raconte l’artiste.

    L’eau comme élément commun

    Dans ses tableaux, Heira’i présente un véritable retour aux sources. Plusieurs éléments récurrents envahissent ses œuvres : l’œil, celui du poisson ou celui de l’homme qui regarde le monde ; l’arbre réconfortant qui s’enracine dans la réalité ; la femme, douce et fière qui berce son enfant, et accueille la nature…
    Mais l’élément qui revient sans cesse, c’est “l’eau” : l’eau qui porte la vie, qui soutient les voyageurs, l’eau élément purificateur, qui nettoie. “C’est une façon de montrer qu’il faut se réconcilier avec notre passé, pour pouvoir mieux rebondir. C’est important d’aller de l’avant et ne pas rester centrer autour de son pito”, explique-t-elle.
    Un texte en tahitien accompagne chacune de ses œuvres. “Ce sont des textes écrits par ma mère. Une fois que je considère mon tableau fini, elle s’inspire de mes idées, pour écrire un texte. Ces écrits sont des images complémentaires à la toile, pour pouvoir faire intervenir une réflexion du spectateur et que l’œuvre continue à vivre au-delà de ce que l’on voit”, raconte Heira’i Lehartel.
    Sa dernière exposition date de 2007. Aujourd’hui, elle a arrêté d’enseigner pour se consacrer à son art, et espère pouvoir exporter ses œuvres en Nouvelle-Zélande, en Australie et à Paris.

    É.P.

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