Habillage fond de site

“Notre rêve, c’est d’avoir un site approprié pour le car bass“

vendredi 20 janvier 2017

célestin reid

Son matériel est évalué aujourd’hui à 7 millions de francs. (© Charles Taataroa)

 

Connu au fenua pour être l’un des précurseurs du car bass, Célestin Reid, dit Mato, embrasse cette discipline depuis près de trente ans. Son car bass, c’est un fourgon Boxer qu’il a lui-même aménagé et capitonné à son goût. Sa marque préférée est le Rockford Fosgate. Il est équipé de six haut-parleurs bass de 19 pouces, six amplificateurs de 2 500 watts chacun, sans oublier un autre pour alimenter les médiums. Le tout est alimenté par dix batteries haut de gamme. L’ensemble de cet équipement est évalué à 7 millions de francs. Car quand on aime, on ne compte pas…

 

Depuis combien de temps êtes-vous dans le car bass ?
Cela fait près de trente ans aujourd’hui.

Qu’est-ce qui vous a poussé vers cette passion ?
À la base, ma famille est fan de musique. Mon père était un ancien chanteur. Mes frères sont également des musiciens. Notre aîné a été bassiste et notre cadet batteur. Moi-même, je suis musicien. J’ai été longtemps batteur dans le groupe Vaihiria Band de Tu Harua. Cela a démarré de cette manière.

Cela n’a rien à voir avec la musique car bass pourtant…
Effectivement. Mais à l’époque, j’étais déjà fan de ce style de musique. Nous avons eu des clubs, mais ce n’était pas stable. Aujourd’hui, je suis membre du club car bass TNDZ dont le président est Atamu Pautu.

À part le fait de se réunir pour la musique, que faites-vous comme activités ?
On est souvent sollicité pour les grandes manifestations et les carnavals. Nous avons d’ailleurs animé ceux de Papara, Paea, Punaauia, Pirae, Mahina et bien d’autres communes. On est sollicité parce que ça leur revient moins cher que de prendre une sonorisation dont la facture est plus salée. C’est une question de tarif.

Les cars bass dérangent beaucoup de monde, surtout les personnes âgées qui n’aiment pas la basse. Comprenez-vous leurs inquiétudes ?
Effectivement. Je me mets aussi à leur place. Je pense que ce genre de musique n’est pas fait pour les personnes âgées et celles qui sont très sensibles au bruit. Mais le problème, c’est qu’il n’y a pas de sites appropriés pour notre activité.

 

Comment faites-vous alors ?
On est actuellement au fond de la vallée de la Punaruu, tous les dimanches. C’est le seul endroit, aujourd’hui, où on peut encore s’adonner à notre passion. Nous avons aussi des amis de la Presqu’île qui se réunissent au niveau du Pape’ana’ana à Hitia’a, le dimanche aussi. Pour l’instant, on ne nous a encore rien reproché. Avant, on était à hauteur du terrain de motocross de Paihoro. Mais le voisinage s’est plaint. Donc nous avons préféré quitter cet endroit. Ce que nous souhaitons aujourd’hui, c’est un site dédié à notre passion. Quelque part, on ne comprend pas les autorités. On nous vend du matériel de musique, il y a des taxes qui entrent dans les caisses du Pays et on ne veut rien faire pour nous proposer un site.

Avez-vous déjà adressé une demande auprès des autorités du Pays ?
À ma connaissance, il y a eu plusieurs demandes. Mais il n’y a jamais eu de réponses concrètes. Sauf, il y a plus de dix ans, quand l’ancien maire de Papara Bruno Sandras avait proposé un site au fond de la vallée Papeiti. Malheureusement, le projet n’a jamais vu le jour. C’est l’accès qui posait problème. Depuis, le projet est tombé à l’eau.

Avez-vous déjà eu la visite des forces de l’ordre pendant une de vos activités ?
À Paihoro, par exemple, la police municipale est venue nous dire qu’il y avait des gens qui se plaignaient. Donc on a arrêté et, progressivement, on a décidé de ne plus y aller.
Cela a toujours été comme ça. Dès qu’il y a une plainte, on quitte les lieux. On essaie de respecter les gens. En tout cas, on espère que le Pays se penchera sur notre problématique. Ce que nous souhaitons réellement, c’est un site dédié à notre discipline. Un boum boum land, comme dans les grands pays.
L’année dernière, nous avons fédéré tous les clubs de car audio autour de la fédération polynésienne de car audio.
Et l’un de nos objectifs est l’acquisition d’un site dédié au car bass pour nous permettre de nous exprimer.

On nous dit qu’avec les basses, on peut fissurer un pare-brise, c’est vrai ?
(Rires) Si je te dis oui, tu ne vas pas me croire. Il faut que tu vois ça. En ce qui me concerne, j’ai fissuré mon pare-brise. Pour en arriver à ce point-là, c’est qu’il y a eu du lourd.

Pendant les parades, à combien de décibels tournez-vous ?
On utilise très rarement les basses. Ce sont plutôt les médiums qui sont en marche. Ce n’est pas la même chose quand on est au site de la Punaruu. Là, on met vraiment la gomme.

Un dicton dit que quand on aime, on ne compte pas. C’est le cas pour le car bass ?
Les week-ends, j’anime des soirées avec la sono. Depuis cinq ans, c’est moi qui anime au Tiki d’or tous les vendredis soirs. J’anime également des soirées, des mariages, etc., à la demande. Je suis pris pratiquement tous les week-ends. Tout mon argent va dans les appareils de musique. Je mets tout dans mon car bass.

Cela représente combien, à peu près ?
J’ai 7 millions de francs de matériel. Au niveau du son, je n’ai jamais mesuré les décibels. Mais c’est du lourd, pour la Punaruu. Mais sur la route, c’est moins. C’est plus carnaval.

Votre rêve, aujourd’hui, c’est quoi ?
Notre rêve, c’est d’avoir un site approprié pour le car bass. Pourquoi ne pas prendre l’exemple des grands pays qui ont réglé le problème des cars bass en leur réservant un boum boum land. Nous avons l’impression que le Pays ne veut rien faire, à part continuer à autoriser la vente de matériels audio et prélever des taxes. Sur l’ensemble de la Polynésie, il y a de nombreux fans de car bass. C’est devenu un phénomène de société, ces dernières années. Malheureusement, on ne fait rien pour faire évoluer les mentalités.

 

Propos recueillis par C.T.

 

 

 

 

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