Revirement de la Papouasie-Nouvelle-Guinée sur la peine de mort

    mardi 12 mai 2015

    C’est le massacre de femmes accusées de sorcellerie qui avait poussé le gouvernement papou à réactiver la peine capitale, en 2013, après plus de 50 ans de moratoire. C’est une autre actualité qui lui fait faire un pas en arrière, aujourd’hui. Le Premier ministre Peter O’Neill annonce qu’en raison des répercussions qu’ont eu les exécutions de trafiquants de drogue en Indonésie, le gouvernement est en train de reconsidérer sa position. « Les organismes gouvernementaux sont en train de passer en revue tous les aspects concernant la peine de mort dans notre pays, et nous en débatterons dans le cadre du Parlement lorsque les travaux reprendront », précise Peter O’Neill.
    Pour Alexander Rheeney, du journal papou Post Courier, ce revirement n’est pas étonnant : « L’Australie a réagi fermement à la décision de l’Indonésie d’exécuter ces hommes. Or, l’Australie est un partenaire très important, donc ce n’est pas une surprise que le Premier ministre ait publiquement annoncé que le gouvernement revoyait sa politique. »
    La pression internationale semble donc plus forte que celle de l’Église catholique papoue, qui milite contre la peine de mort depuis l’annonce de sa réactivation en 2013. L’archevêque John Ribat : « La nation indonésienne est favorable à la peine de mort, mais ici, nous sommes chrétiens, et nous pensons que la loi de Dieu doit primer. La peine capitale n’est pas la réponse à nos problèmes. Nous pensons que la meilleure façon de gérer ces gens qui ont enfreint la loi est de les condamner à la prison à vie, et cela permet de réhabiliter les gens, de les aider à devenir de bonnes personnes. »
    Depuis deux ans, 13 condamnés sont dans le couloir de la mort, mais aucun n’a été tué, le gouvernement ayant du mal à organiser les exécutions.
    Dans la région, seuls Nauru et Tonga maintiennent la peine de mort en droit, mais ils sont abolitionnistes dans la pratique, puisqu’ils n’ont procédé à aucune exécution depuis 10 ans, souligne Amnesty international. Fidji a aboli la peine capitale en février dernier.
     
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